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Le ton monte chez les petits planteurs
La colère gronde, s?enfle et s?apprête à exploser. Les associations de planteurs se préparent à une manifestation devant le Syndicat des sucres. Les explications de cette instance sur des allégations de mauvaise gestion ne les auraient pas convaincus.
Alors que le pays s?installe devant la télévision pour écouter le discours du budget, une centaine de planteurs préfèrent celui de Harish Boodhoo, Jugdish Goburdhun et Deodass Boodram. Réunis, au centre social Marie Reine de la Paix, lundi, ils donnent le coup d?envoi d?une série de réunions à travers le pays, en marge de la manifestation prévue pour le 16 avril. En moyenne, cinq réunions de conscientisation ont lieu dans les diverses régions rurales du pays.
Ces clameurs vont croissant depuis le début de l?année. Elles découlent de la suspension du chief finance officer, Sachitanand Maudhoo, suivie des démissions de deux représentants de planteurs au Board du Syndicat des sucres, Heeralall Prayag et Deodass Boodram. Leurs griefs portent sur le système actuel de gestion de l?organisation, le paiement de compensations aux raffineurs locaux, les pertes à l?exportation du sucre de même que les récentes hausses salariales. Le Syndicat des sucres assure la commercialisation de la totalité du sucre local. Un exercice qui rapporte en moyenne Rs 10 milliards, distribués aux petits, moyens et gros planteurs, de même qu?aux usiniers.
«Si vous restez dans votre maison, personne ne défendra vos intérêts», a indiqué Harish Boodhoo, en début de semaine, devant une centaine de planteurs. Le but avoué est l?institution d?une commission d?enquête, présidée par l?ancien chef juge Rajsoomer Lallah, pour faire la lumière sur toutes les allégations. Principal instigateur du mouvement de protestation, Jugdish Goburdhun, de la Mauritius Planters Association, insiste que la communauté des planteurs «ne peut plus rester tranquille».
<B>CAMPAGNE D?EXPLICATIONS </B>
Récusant d?une part ces accusations, le Syndicat des sucres s?est lancé dans une campagne d?explications cette semaine auprès des principaux concernés. Mais ses explications n?ont pas séduit les planteurs, à l?instar d?un regroupement de l?Est. «Ils nous ont expliqué que l?augmentation de salaires avait pour but de les aligner sur ceux des autres compagnies. Mais le Syndicat des sucres n?est pas une compagnie. Tout l?argent qu?il manipule revient aux planteurs», a indiqué Salil Roy, dirigeant de la future Planters? Reform Association.
Au cours de cette réunion, a indiqué de son côté Sanjeev Dindoyal, la direction du Syndicat est revenue sur les différences de volume à l?exportation du sucre. A un moment donné, a-t-il précisé, il a été question que le tonnage à Londres est supérieur au volume chargé à Maurice. Surprenant!
Pour ce regroupement, «les mauvais signaux imputés au Syndicat n?ont pas diminué d?intensité, mais se sont confirmés». La suite s?annonce bien plus mouvementée.
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