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Le toit leur tombe sur la tête
Patricia est scotchée devant son poste de télé depuis plus d’un quart d’heure. Ce mercredi, elle regarde encore une fois les minauderies de la soubrette brésilienne Milagro, tout en fixant son plafond lorsqu’un poids lourd vrombit en quittant un site de construction à cité Richelieu.
Le béton a disparu depuis belle lurette et les armatures en fer sont désormais visibles. Sa famille et elle sont conditionnées : au moindre pépin, il faut vite se mettre à l’abri.
La porte ne ferme plus, l’encadrement en métal est écrasé par le poids du mur qui se fend de toute part. Quand une des briques tombera, la maison sera un vrai château de cartes.
« J’habite ici depuis que j’ai trois ans. J’ai vu la maison partir en morceaux. Elle est collée à celle du voisin. Si je pars dans l’une des chambres, je peux voir ce qui se passe chez lui à travers les fentes », explose Sandra, 27 ans, en montrant les murs lézardés.
Avec une demi-douzaine de cousines, la jeune femme habite cette maisonnette construite par l’ancienne CHA il y a au moins quarante ans. Avec les années, le temps a fait son œuvre, elle aurait dû être condamnée…
Hervé Louis, le propriétaire, ne sait pas comment faire pour réparer sa bicoque. Il ne gagne pas assez pour retaper la maison. Sa sœur, Carmen, n’a pas cessé de harceler les députés de la région et le Trust Fund pour l’intégration sociale des personnes vulnérables pour leur venir en aide. En vain.
Une équipe conjointe du Trust et des ingénieurs du ministère des Travaux ont visité les maisons sinistrées il y a quelques mois Vingt-neuf d’entre elles représentent un réel danger pour les occupants. Mais ils y habitent toujours, n’ayant nulle part où aller.
<B>Des aides pour le coulage de la dalle</B>
« Elles ne peuvent pas être réparées. Il faut reconstruire, il n’y a pas à sortir de là. Cela coûtera trop cher de réparer. À charge maintenant aux propriétaires d’entamer les démarches qui s’imposent. Il y a tant de facilités mises à leur disposition, comme les aides pour le coulage de la dalle », commente un membre du Trust Fund.
« Ils doivent se renseigner. Mai zot pe rod gran zafer ki pa kapav donn zot.
Finn deza donne zot ene lakaz mai zot pane conne entretenir li… » déplore ce travailleur social.
En attendant, Patricia, Sandra, Carmen et Hervé craignent que le plafond ne leur tombe sur la tête.
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