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Le tiercé gagnant de Michel Fleurant

26 août 2008, 00:00

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Pour d?aucuns, «Maurice : île Durable» est un concept flou, sinon abstrait. Pour d?autres, plus entreprenants sans doute, les énergies renouvelables sont d?ores et déjà une réalité. Michel Fleurant fait indubitablement partie de la deuxième catégorie. Trois mois ont passé depuis qu?il a installé une éolienne et des panneaux photovoltaïques sur le toit de sa maison à Quatre-Bornes. Les conclusions de cette expérience sont pour le moins encourageantes.

Si cet ingénieur de 58 ans explique que son objectif initial était d?étudier le fonctionnement d?une éolienne et des panneaux solaires, trois mois plus tard son verdict est clair. «Les essayer, c?est les adopter.» Pour cause, le premier étage de sa maison à Quatre- Bornes carbure uniquement aux renouvelables. Il ajoute toutefois une petite précision après ce constat. «Il faut absolument comprendre comment tous ces équipements fonctionnent.»

S?il ne relève pas exactement du jeu d?enfant, le fonctionnement des équipements est relativement simple. Les récepteurs, (éolienne et panneaux photovoltaïques), absorbent l?énergie qui est ensuite stockée dans des batteries de 12 ou 24 voltes en forme de courant directe. Celui-ci est converti en courant alternatif de 240 voltes par un «invertisseur» qui est connecté au circuit électrique de la maison. Un interrupteur lui permet de se reconnecter au réseau du Central Electricity Board, si besoin est. Tous ses équipements sont importés de Chine. «Il faut éviter le bon marché», précise toutefois Michel.

Pour lui, les prestations de services liées aux énergies renouvelables ont jusqu?ici été entachées de trop d?amateurisme. Avec Langage des îles, «une petite société familiale», Michel Fleurant espère remédier à cette carence, une fois qu?il aura atteint l?âge de la retraite. Il aura alors tout le temps nécessaire pour se consacrer à son projet.

Et son modus operandi est déjà tout trouvé. Dans un premier temps, il s?agira de faire l?inventaire de la consommation énergétique du client potentiel. Il sera ensuite en mesure de lui proposer un bouquet énergétique répondant exactement à ses besoins. A titre d?exemple, il a chiffré la consommation électrique du premier étage de sa maison à 8 520 watts-heure par jour. Fort de cette information, il a élaboré un système optimal. En fonctionnant 10 heures par jour, ses panneaux photovoltaïques produisent 5 200 watts-heure. L?éolienne, quant à elle, fournit 4000 watts-heure, avec seulement quatre heures d?opération. Ce qui donne un total de 9 200 watts-heure, soit plus de 500 watts-heure de plus qu?il en a besoin.

Une chose est on ne peut plus claire. «Les systèmes doivent être mixtes.» Cela afin d?atteler les éléments de façon optimale. Ce mélange se décline principalement en trois composantes : une éolienne, des panneaux photovoltaïque et un chauffe-eau solaire. Avec ce tiercé gagnant, l?autonomie énergétique d?un foyer est garantie.

En ce qu?il s?agit du retour sur l?investissement, Michel Fleurant explique que tout dépend du prix de l?électricité. A Maurice, celui-ci est encore relativement bas. De ce fait, Michel Fleurant estime qu?il recoupera le capital investi dans ses cinq panneaux photovoltaïques de 150 watts après sept ans. Pour une éolienne d?un kilowatt, comptez un peu plus de deux ans. Il note aussi que les coûts liés à l?entretien des récepteurs sont dérisoires.

Que pense-t-il du projet de «Maurice : île Durable», qui consiste en grande partie à réduire drastiquement la dépendance du pays sur les énergies fossiles ? L?ingénieur considère que l?élimination des taxes sur les récepteurs est un pas dans la bonne direction. Il ajoute toutefois que, «si le gouvernement veut faire les choses correctement il devrait également détaxer les unités de stockage, c?est-à-dire les batteries.» Les droits de douanes sur celles-ci s?élèvent actuellement à 15 %. Il dit également avoir constaté un manque de dynamisme et d?innovation, qualités indispensables pour un projet d?une telle envergure.

Michel Fleurant n?en est pas à sa première incursion dans le domaine des énergies renouvelables . «J?aime les nouveautés», confie-t-il en souriant. Lorsqu?il travaillait chez Grays, il avait réussi a faire rouler une voiture avec un carburant pour le moins intéressant, composé d?alcool à 94 % (la teneur en alcool de l?éthanol est de plus de 99 %). Cette belle aventure a toutefois du être interrompue après un an. En cause ? Le manque d?intérêt pour les renouvelables qui n?étaient pas encore «à la mode», dit-il avec un regard entendu.

Pour l?anecdote, la voiture, une vieille Mitsubishi Colt, est toujours en circulation. Depuis quelque temps, il s?essaie à une nouvelle expérience, en l?occurrence la production de biodiesel. Et où produit-il ce savant mélange d?huile et d?alcool qui fait carburer sa fourgonnette ? Chez lui, tout simplement.

L?expérience verte de Michel Fleurant est l?illustration parfaite que les énergies renouvelables sont à la portée de tout un chacun. De fait, le succès de «Maurice : île Durable» dépendra en grande partie de l?aptitude des gens comme lui à partager leur savoir-faire. Avec Langage des îles c?est exactement ce qu?il tente de faire.

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