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Le tandem Dulull-Peermamode face à de nouvelles dépositions

10 avril 2006, 00:00

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L?enquête de la police sur les allégations de pots-de-vin contre le ministre Asraf Dulull et l?homme d?affaires Rafiq Peermamode entre dans une nouvelle phase cette semaine. Car l?on prête à Anil Nemchand, haut cadre de Bel Air Sugar Estate (BASE), l?intention de faire aujourd?hui sa troisième déposition. Elle concerne une demande d?environ Rs 35 millions de pots-de-vin faite le ler mars par Rafiq Peermamode. Cette demande aurait été faite avant celle de Rs 50 millions, évoquée dans une précédente déposition.

Cette semaine sera aussi marquée par les dépositions du ministre des Terres et du Logement, Asraf Dulull, de Nooranee Oozeer, chef de cabinet de son ministère, et de Patrick Rountree, directeur de BASE. Ce dernier rentre au pays aujourd?hui.

La version des faits du ministre Dulull concernant les allégations faites à son encontre sera recueillie par la police d?ici la fin de la semaine. Mais à hier après-midi, ses hommes de loi, dont les avocats Raouf Gulbul et Jacques Panglose de même que l?avoué Pazhany Rangasamy, n?avaient encore eu aucune communication à ce sujet du quartier général de la police.

?Nous attendons que la police convoque le ministre. Aucun policier n?a encore pris contact avec nous. Nous avons informé le commissaire de police que nous sommes à la disposition des enquêteurs et nous sommes prêts à venir aux casernes centrales à n?importe quel moment pour l?interrogatoire du ministre?, dit Raouf Gulbul.

L?express devait également demander à Raouf Gulbul si le fait que Rafiq Peermamode a été arrêté le lendemain de la déposition d?Anil Nemchand ? pour être ensuite libéré sur parole ? alors que le ministre Dulull n?a pas encore été interrogé ne constituerait pas un traitement de faveur. A cela, Raouf Gulbul répond : ?Il n?y a à ce stade aucune accusation contre le ministre. Il n?y a aucune preuve contre lui. Mon client n?a rien à craindre?.

Correspondances

Le ministre Dulull a déjà nié en bloc les allégations portées contre lui par Anil Nemchand. Les enquêteurs vont questionner aujourd?hui le secrétaire permanent ainsi que d?autres hauts cadres du ministère du Logement sur les procédures administratives concernant les projets d?Integrated Resort Scheme. Ils les interrogeront aussi sur les différentes étapes avant l?octroi de la lettre d?intention, les procès-verbaux des réunions tenues sur les projets de BASE, et les échanges de correspondances entre le ministère et cette propriété sucrière.

Ces projets, à être réalisés sur 102 arpents de Pas géométriques à Rivière-des-Anguilles, comprennent la construction de deux hôtels et de 60 villas de luxe et l?aménagement d?un parcours de golf, au coût de Rs 5 milliards.

Dans une déposition lundi dernier au CCID, Anil Nemchand a affirmé que Rafiq Peermamode a demandé Rs 50 millions à BASE au nom du ministre Dulull afin que le dossier de BASE puisse être finalisé en dix jours. Dans une deuxième déposition mercredi, il a maintenu la totalité de ses déclarations.

Arrêté entre-temps sous une accusation provisoire de trafic d?influence après la première déposition de Anil Nemchand, Rafiq Peermamode a été libéré sous caution. Il nie en bloc les allégations.

?C?était une cabale?

?Certaines personnes vont probablement fouiller dans mon passé pour essayer de me salir au sujet d?une affaire d?extraction de sable dans la région en 1992. Je me tiens prêt à toute éventualité. C?était une cabale. La police n?a pas donné suite à ces allégations?, dit Anil Nemchand.

Ce dernier a été parmi les premières personnes convoquées à consigner une déposition au CCID. Le bureau du Premier ministre avait été informé de ces allégations contenues dans un e-mail envoyé le 23 mars par Patrick Rountree au Board of Investment.

Cet e-mail sera sans aucun doute un des principaux sujets de la déposition de Patrick Rountree. Il sera très certainement interrogé entre autres sur la réunion du 29 décembre 2005 entre lui et le ministre Dulull en présence de Rafiq Peermamode, et sur les correspondances échangées entre BASE et le ministère.

Les correspondances comprennent aussi une lettre déposée le 4 février par Anil Nemchand auprès de la secrétaire du ministre Dulull. Dans cette lettre, Patrick Rountree explique qu?il ne comprend pas pourquoi le dossier de BASE ne bouge pas malgré le fait que toutes les procédures ont été suivies. Il se demande si le ministre Dulull ne doit pas être bien plus dur à l?égard de ?whoever who was sitting on the file?.

Un autre axe de l?interrogatoire de Patrick Rountree sera sa rencontre le 23 février avec Kailash Ruhee, conseiller au bureau du Premier ministre. A cette réunion Kailash Ruhee a insisté auprès de Patrick Rountree qu?il n?a absolument aucun sou à débourser pour faire avancer le dossier de BASE. Les difficultés éprouvées par la propriété sucrière pour faire bouger son dossier ont aussi fait l?objet d?une rencontre quelques jours plus tôt, le 17 janvier, entre Kailash Ruhee et Anil Nemchand.

Entre-temps, au cours du week-end, le MMM a demandé que le ministre Dulull ?step-down? en attendant la fin de l?enquête policière (voir en p.5). Mais le ministre Dulull ne l?entend pas de cette oreille. Pour lui la question ne se pose pas.

DÉCLARATION DU PM

?Je ne tolérerai aucune ingérence?

■ Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, ne compte pas demander au ministre Dulull de ?step down? pour le moment. C?est ce qu?il a fait comprendre hier à ?l?express?. Il n?avait d?abord pas souhaité commenter l?affaire parce qu?il estime qu?il y a actuellement un ?trial by the press.? Ramgoolam devait toutefois lancer : ?Si 19 personnes viennent dire que 19 ministres sont des voleurs, que faisons-nous ? Nous n?attendons même pas l?enquête pour savoir ce qu?il en est et tous les ministres démissionnent ? Qui va gouverner dans ce cas ?? Ramgoolam ajoute cependant qu?il ne ?tolérera pas d?ingérence dans l?enquête policière, d?un côté ou d?un autre.? Il dit détenir des informations selon lesquelles ?certaines personnes essayent de s?ingérer directement dans l?enquête et essayent d?impliquer d?autres. Je leur demande de faire attention.?

Se référant aux propos de Bérenger qui craint qu?il pourrait y avoir ?cover up?, le Premier ministre dit ?dir li na pa vinn koz lor la. Je lui demande de se rappeler ce qui s?est passé avec Cuttaree. Il n?y avait pas eu ?cover up? alors, il y avait eu l?éclatement pure et simple de l?ECO.?

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