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Le sondage bidon d?une partielle à B.Bassin III
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Le sondage bidon d?une partielle à B.Bassin III
La fin de mai 1983 est marquée et même dominée par une élection municipale partielle à Beau-Bassin III ou plus exactement dans le 3e arrondissement des villes s?urs. Elle est due à la démission d?un des trois conseillers municipaux PMSD, élus le 12 décembre 1982 dans cet arrondissement, considéré alors comme un fief bleu. Lysis Assy, car c?est de lui qu?il s?agit, démissionne pour, au dire des voix autorisées provenant du poulailler bleu, d?une part, faire de la place au conseil municipal à Hervé Duval, haut fonctionnaire et même chef de cabinet, victime d?une des premières opérations lève paquet allé de notre histoire politique, et, d?autre part, utiliser les résultats de cette partielle comme un sondage, laissant entrevoir ce que seront les résultats des prochaines élections législatives. Relevons, en passant, qu?il s?agit d?un exercice qui, depuis 1998, sourit davantage à Navin Ramgoolam qu?à ses adversaires politiques préférés : Paul Bérenger, Jugnauth, Aneerod, Pravind et peut-être même Ashok.
L?express s?insurge contre cette velléité bleuâtre, sinon duvalienne, d?organiser une partielle-sondage, aux frais des contribuables et des consommateurs, simplement pour prouver que le Beau-Bassin des bourgeois est un fief du PMSD, ce que tout le monde sait, avec ou sans sondage. Il rappelle pour commencer que la circonscription No 20 de Beau-Bassin/Petite-Rivière et a fortiori le 3e arrondissement de BBRH, ce beau bassin de bourgeois créoles, constitue difficilement une région électorale représentative de notre électorat arc-en-ciel en termes tant de races, de cultures, de religions, que d?attachements politiques. Il s?agit d?une des rares régions de l?île où habite une majorité de bourgeois de la population générale, sinon créole. C?est comme si on sonde des Rodriguais pour savoir ce que pensent les Mauriciens dans leur ensemble.
Dans une telle partielle, le PMSD joue, évidemment, sur son terrain de prédilection. Son adversaire direct, le MMM, ne peut que relever le défi mais dans des conditions qui ne l?avantagent guère. Comme disait le vieux Corneille, «à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire». L?express rappelle le score des municipales du 24 avril 1977, score de 6-0 en faveur du PMSD de Robert Rey et de Gaëtan Raynal aux dépens du MMM de Finlay Salesse. Le 12 décembre 1982, emportés par ce qui reste du tsunami mauve du 11 juin 1982, les mauves parviennent à obtenir quelques voix de plus que les bleus mais la partie se termine sur un score nul de 3 conseillers contre 3. En mai 1983, le tsunami du 11 juin 1982 s?est brisé en deux, c?est dire que les chances du MMM ou plus exactement de son candidat, Gérard Ahnee, de rééditer l?exploit du 12 décembre 1982, sont d?autant plus minces qu?à la bourgeoisie créole, préférant le bleu au mauve, s?ajoute à présent une autre hindoue qu?on devine plus attachée aux mots d?ordre rouges de Seewoosagur Ramgoolam, de Satcam Boolell et même d?Anerood Jugnauth.
Bon prince, l?express analyse quand même les différents scénarios que peut engendrer la partielle du 29 mai 1983. Un résultat serré ne prouvera pas grand-chose sinon que la moindre fluctuation de voix peut transformer un espoir de victoire en défaite et une crainte d?échec en l?allégresse d?un triomphe inespéré. Une victoire plus nette de l?un ou de l?autre camp n?est pas non plus significative car nous sommes alors en mai 1983, il n?est pas encore officiellement de question de législatives anticipées et quand celles-ci auront lieu, dans les mois à venir, la photographie de l?électorat beaubassinois du No 3 aura déjà perdu de son acuité. L?on pourra difficilement dégager d?une victoire de Gérard Ahnee une approbation de toute la gabegie mauve du 22 mars 1983. Une victoire d?Hervé Duval prouvera seulement que le PMSD a retrouvé son potentiel électoral d?avril 1977.
Le PMSD prétend qu?une victoire d?Hervé Duval fera office de coup de fouet pour dynamiser les forces bleues. Cela laisse sceptique l?express qui voit mal les cellules bleues se revigorer à Port-Louis I à III, à Quatre-Bornes, à Mahébourg, à Rodrigues, et retrouver leurs 44% de voix d?août 1967.
La seule chose que peut affirmer l?express, à la veille de la partielle du 29 mai 1983, c?est que la prestation d?un Gérard Ahnee comme celle d?un Hervé Duval, au conseil municipal des villes s?urs, a de grandes chances d?être plus significatives que celle d?un Lysis Assy. Mais cela suffit-il pour imposer aux contribuables et aux consommateurs les frais additionnels d?une élection partielle ?
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