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Le sacre de la ?Fire Brigade?
Apothéose de la première division, titre ?l?express?. Elle s?explique : Régis Jean, le grand Régis Jean, l?unique Régis Jean, le plus talentueux inter-gauche du football mauricien, assiste et participe à un nouveau sacre de la Fire Brigade, brillant champion de l?année 1979/80. L?équipe portlouisienne a déjà remporté le championnat de football en 1949 et en 1974. Elle a de nouveau rendez-vous avec la gloire et avec ses supporters déchaînés et au summum du bonheur.
Refaisons d?abord connaissance avec les meilleurs éléments de cette année de gloire 1980 ; France L?Aiguille, pour commencer, entraîneur et chef d?orchestre d?une symphonie sportive, réglée comme du papier à musique, Désiré L?Enclume, le portier aux réflexes et aux détentes de félin, Jean Claude Edouard, le capitaine aux tacles redoutables et aux débordements sur l?aile imprévisibles, Guylain Yvon au marquage impitoyable, Clifford L?Effronté au positionnement judicieux, Jean Yves Bellepeau, joueur économe mais intraitable dans son carré de réparation, Hervé Mootoosamy, la sûreté de ses interventions ne vaut pas ses relances lumineuses et dévastatrices, Benjamin Théodore expert en ?build-up?, ouvertures et tirs meurtriers même à distance, Jacques Palmyre, aux feintes et une-deux désarçonnant pour l?adversaire, Harold Sadien, fonceur viril, Jacques Théo à la robustesse à toute épreuve, à la pointe de vitesse appréciable et au jeu aérien respectable et respecté, Serge Bardottier, le dynamo de la division offensive de la Fire, Alain Levantard, le bourreau des Cadets, Jean Yves L?Enflé, le meilleur buteur du championnat, au tir puissant et aux reprises fulgurantes, Jean Noël Botte qui s?affirme de jour en jour.
Voilà les héritiers 1980 de 40 ans de football de haut niveau et de gloire sportive. Tout commence avec l?arrivée d?un nouveau ?chief officer? des pompes à incendie municipales, à Port-Louis. En juin 1940, il crée une équipe de football à l?intention de ses hommes. D?une pierre, deux coups, il stimule leurs besoins de se dépenser physiquement et sportivement et maintient la bonne santé physique de ses troupes. Pas d?histoire : entraînement physique tous les jours au Champ de Mars, tous comme les coursiers du Mauritius Turf Club. Sprints, contrôle du ballon, course d?endurance, exercices d?assouplissement, initiation au volley et au basket. Il paraît que cela favorise l?anticipation et les feintes. Les premières vedettes de la Fire sont Barbe, Bruneau, Chaperon, Ducasse, Ghunsawn, Hortense, Lionnet, Ramjane, Teycheney et Vencatareddy.
Pas de Régis Jean et encore moins de France Martin. Ce dernier passe ses premières années au Portugal. Il revient à Maurice à l?âge de 7 ans. Comme l?inimitable Pelé, il excelle dans le football des rues en tapant dans un ballon confectionné avec de vieilles chaussettes. A 12 ans, il évolue déjà dans l?équipe de Saint-Jean Baptiste de la Salle. Quatre ans plus tard, il passe chez les Bunny Boys, puis à la prestigieuse équipe de l?Immaculée Conception. Il fait partie de la Fire en 1940 et en sera la gloire incontestée jusqu?en 1954. Régis Jean sera son émule et son digne successeur au zénith du football mauricien. Il débute à la Fire à l?âge de 18 ans. Il sera de toutes les sélections nationales de football entre 1947 et 1956. Il permet à Maurice de l?emporter 4 à 0 sur le Natal, en marquant les deux buts victorieux.
Il y a ensuite Betsy et Elias Abardie, aux reprises de tête redoutables. Il s?entend avec Martin et Régis Jean comme larrons en foire. Ce trio incontesté permet à la Fire de remporter un grand nombre de tournois et de collectionner les coupes et les trophées dont les célèbres coupes Earl Haig Cup et la Carreas que la Fire s?octroie définitivement pour l?avoir remportée à plusieurs reprises. Après avoir imposé sa loi sur le football portlouisien , la Fire ose s?affronter aux Curepipiens sur leurs terrains de jeu boueux et glissants. Les débuts sont laborieux mais elle parvient assez vite à faire jeu égal avec les redoutables Dodo et Faucon où sévissent les frères Gallet et de Robillard, sans oublier d?autres éléments aussi valeureux qu?Albert d?Unienville.
En 1953, Gaston Joseph succède à Sydney Arthur Smale comme directeur des pompes municipales. Il transforme la Fire en club de football ouvert. Cela permet le recrutement de joueurs aussi valeureux que Pierrus, Henry Philips, Lingum Pillay, Sydney Laventure. Malgré leur immense talent, ils ne parviendront pas à surpasser la gloire et le prestige d?un nouveau venu José Desveaux. Il lui appartiendra de conquérir le stade George V et les c?urs des supporters, bref d?atteindre une célébrité égale à celle des Régis Jean et des France Martin. De 1940 à 1980 que de succès obtenus par la méritante Fire.
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