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Le réveil

3 décembre 2007, 00:00

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C?est le moment du jalsa. Du «amize kreol». A ne pas confondre avec «selebre kreol», distinction établie l?an dernier lors de la première édition du Festival kreol par Danielle Palmyre Florigny, docteur en théologie et directrice de l?école de catéchèse.

Elément phare du festival, ce grand tam tam populaire qui durera toute la nuit du samedi 8 décembre au Domaine Les Pailles fait cette année la part belle à la fois à la chanson engagée et au divertissement pur.

Qui ne connaît pas La Compagnie Créole, ambassadrice des Antilles en France ? Des générations de Mauriciens ont grandi avec ça fait rire les oiseaux, Le bal masqué ou La machine à danser. Plus récente : Perle Lama, antillaise qui fait du r&b. Citons également dans la catégorie divertissement, Dezil des Seychelles ou encore le chanteur de charme Dominique Barret qui sait si bien faire chavirer le c?ur des mamzel.

Musique pour les sens mais aussi musique qui a du sens. La deuxième édition du Festival kreol a la grâce de faire venir deux groupes emblématiques de La Réunion. Le Ziskakan de Gilbert Pounia, avec dans leurs bagages l?acteur français Richard Bohringer et le Baster de Thierry Gauliris.

Ziskakan incarne depuis ses débuts le groupe avec la promotion de l?identité créole pour mission. La participation de tels artistes au c?ur d?un événement populaire rappelle que la musique créole, comme d?ailleurs la créolité elle-même, n?est pas que construite au rythme de notes, mais aussi de paroles. Des paroles qui racontent, dénoncent, et réclament.

Maurice n?a pas échappé à la vague de la chanson engagée créole.# soutient Ram Joganah de Lataniers. Pour lui, les chansons engagées, ont joué et jouent encore un rôle important comme facteur unificateur d?êtres d?ethnie ou de communauté linguistique différentes. «Moi mo konsider moi kouma enn malbar kreol. Mo konten langaz kreol gagne plas ki li bizin, ki li merite», affirme Ram Joganah. Avec les années, la chanson engagée a changé de forme. Si elle peut se révéler sous les traits d?airs faciles à reconnaître, elle s?intègre aujourd?hui aussi sous des airs moins conventionnels. « Ena boukou group ki sant sante engaze. Zot ena enn lot la fors ki pe monte, zot fer li vinn enn rap ou dan enn lot fason, mais angazeman la li la .» Clairement engagée, ou visiblement divertissante, la chanson créole s?illustre de par sa diversité. Que les foules vibrent au son d?un «message» ou au son d?un tempo, la palette d?artistes attendus samedi a le mérite d?être variée. «Ce sont des artistes très représentatifs du thème de la créolité», souligne un membre du comité organisateur du concert. «L?idée générale est de plaire à un public aussi large que possible.»

PROCHAINS RENDEZ-VOUS

>Aujourd?hui : «Jalsa Rodrigues» (sur invitation) «Clos Saint Louis», Domaine Les Paillesr rendez-vous avec les saveurs, la musique et les danses de Rodrigues lors d?une soirée organisée par l?Assemblée régionale de Rodrigues.

>5 décembre : «Sware Poezi» (sur invitation) La Citadelle, 18 h 30

Elle réunira des poètes locaux dont Zan Zak Arjoon, le comédien Lindsay Mootien, Dev Virahsawmy et Jacques Panglose entre autres. mais aussi des poètes de Rodrigues, des Seychelles, et Gilbert Pounia, du groupe réunionnais Ziskakan.

La soirée sera entrecoupée de chansons en alternance avec la récitation de poèmes.

>6 décembre : «Jazz Nigh» La Citadelle, 19 h

Avec la présence de Jacques Schwarz-Bart, saxophoniste né en Guadeloupe, vivant aux Etats-Unis. Ils sont nombreux à avoir fait appel à ses services, dont Erykah Badu, Eric Benet et Mario Canonge. Après un album intitulé «Immersion», il lance The Brother Jacques Project: un mélange de soul et de jazz, teinté de rythmes caribéens et de musique gwoka, avec la voix de Stephanie McKay. Un autre album, «Soné Ka La» scelle l?union du jazz et des rythmes gwoka. La première partie sera assurée par Ernest Wiéhé, entouré du pianiste Noël Jean, du bassiste Kersley Peetumbar, ainsi que de Jalill Auckbarally et Jean-René Bastien. Eric Triton et Miss Gina and The Mauritius Quartet seront également sur scène.

>6 décembre : «Sware Sesel» (sur invitation)

Ile des Deux Cocos, 19 h

Toute l?ambiance seychelloise importée chez nous

>7 décembre : «Rakont Zistwar Le Morne», 19 h

Une pléiade de conteurs sera réunie autour d?un feu de camp. Parmi : Rosange André, Henri Favory et Lindsay Mootien. La partie musicale sera assurée par Marclaine Antoine, Serge Lebrasse, Michel legris, Micheline Virahsawmy et Tambour Chagos.

CONCOURS ANNULE

«Kostim la na pa bon mem»

Le concours «Kostim séga» est mort-né. Il ressort que le comité organisateur ? celui du Festival international kreol 2007 a décidé de stopper net la compétition. Alors que les modèles devaient être présentés lors de la soirée Ebony qui s?est tenue hier soir à la Citadelle, il n?en a été rien.

Selon des sources proches de l?organisation, il semblerait que les propositions des candidats n?auraient pas été à la hauteur de leurs espérances. Interrogé, Karl Mootoosamy, directeur de la «Mauritius Tourism Promotion Authority» (MTPA) devait se contenter de dire : «Le jury se réunira à nouveau vers le 15 décembre.» Contactée, Corinne Desvaux de Marigny, l?une des candidates dont l?envoi avait été retenu, puis confectionné et présenté au jury devait dire : «Effectivement, dans la lettre que j?ai reçue du comité organisateur datée du 27 novembre, il est dit qu?à partir du 15 décembre il y aura des remises de prix de consolation». Elle devait aussi dire sa frustration. «Une chance que j?ai le c?ur solide. On avait déjà réalisé les modèles. C?est une grosse déception. Quand je pense au nombre de fois qu?ils nous ont fait nous déplacer pour après tout arrêter.»

Ce concours se voulait une initiative pour relooker les danseurs de séga. Il devait à terme avoir un rayonnement international. Car les organisateurs avaient signifié leur intention de faire éventuellement de la proposition retenue le costume national. C?est dire toute la symbolique associée à ce concours qui demandait aux jeunes créateurs de «retourner aux sources et de chercher comment était le costume à l?origine». La jupe à fleur et le corsaire ont encore de beaux jours devant eux.

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