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Le risque d?usure
C?est un pari que d?entreprendre pour une majorité un mandat uniforme. Que ce soit aux plans de la gestion économique, culturelle, sociale ou celui du discours politique. Le plus grand risque qu?un gouvernement court, dans ce cas, est celui de l?usure. Toute majorité gouvernementale se doit ainsi de se réinventer à travers des actions et des initiatives qui créent l?impression de mouvement.
À Maurice, avec différentes alliances incapables de remplir un mandat plein, on était à se demander si on pouvait avoir une majorité garantissant une stabilité politique le temps d?un mandat de cinq ans. C?est la gageure que l?alliance MSM-MMM tient à réaliser. Dans un passé pas si lointain, cela aurait été un exploit. Toutefois, du fait qu?elle n?a pas su susciter l?impression d?une dynamique de renouvellement, cette alliance souffre aujourd?hui de la perception d?une uniformité dans son approche et sa gestion des affaires du pays.
Ce ne sont pourtant pas les occasions qui ont manqué. Celle qui marque davantage les esprits est le remaniement ministériel. À ce titre, celui effectué par l?alliance MSM-MMM a été un ratage total. Intervenu après l?échec de leur candidat à l?élection partielle de Piton-Rivière-du-Rempart, ce remaniement a été en fait un simple exercice de permutations dont l?objectif était de détourner l?attention de l?échec électoral dans la circonscription No. 7. Certes la redistribution des responsabilités au niveau de la gestion économique était justifiée. Mais c?est une dimension du remaniement qui est loin de titiller l?imaginaire. Pour la majorité de la population, ce n?était qu?un simple exercice cosmétique. À tous les plans, le remaniement n?a jamais pu créer l?impression qu?il y avait quelque chose de fondamental qui changeait dans la gestion du pays. Grosse occasion ratée donc. Il y a eu d?autres occasions ratées. Celles qui marqueront le subconscient des électeurs sont le maintien à son poste d?un ministre, malgré une affaire en cour et celle ayant trait à la confiance réitérée en un député en dépit de graves allégations qui pèsent toujours contre lui. Il ne s?agit pas dans ces cas de faire de ces élus des boucs émissaires ou de réaliser des coups d?éclat pour qu?un gouvernement puisse sauver la façade. Il importait plus de démontrer son attachement au droit et à l?éthique. En cela, l?alliance gouvernementale a été incapable de faire la démonstration que la probité et le droit sont des valeurs auxquelles elle s?accroche réellement.
Parallèlement, aux plans du discours et du message politique, le gouvernement a pratiqué une uniformité de langage qui provoque un sentiment de monotonie au sein de la population. À presque un an des élections, on vient de le constater avec le démarrage de la campagne pour les meetings du 1er mai, l?alliance gouvernementale en est encore à rappeler la gestion travailliste du pays. Une argumentation peu porteuse pour une alliance qui est à la tête d?un pays depuis près de quatre ans.
Ces différents éléments font aujourd?hui que, au lieu d?être un exploit, un mandat plein pourrait rimer avec usure? malgré un bilan qu?on présente comme étant conséquent.
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