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Le rendez-vous manqué de l?OMC

6 janvier 2008, 00:00

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«2008 sera indéniablement l?année des rendez-vous manqués », entend-on au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international. En décembre 2005, la conférence ministérielle de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) de Hongkong avait focalisé tous les espoirs. Pour qu?enfin, le cycle de négociations de Doha soit conclu et que le commerce international soit régi par des règles protégeant aussi bien les intérêts des grands pays industrialisés que les États en développement. Mais le sommet a été un échec retentissant. Dont les conséquences se font encore sentir.

L?agriculture, toujours l?agriculture. Les négociations sur ce volet ont envenimé les relations entre Europe, États-Unis et tout ce que l?OMC compte comme pays en développement. Cette semaine, le service de presse de l?OMC affirme que 8 textes sur l?accès aux marchés agricoles seront bientôt en discussion. Mais le camp des pessimistes regarde ce « développement » avec suspicion. « Nous aurions déjà dû avoir une conférence ministérielle fin 2007. On ne peut maintenant qu?espérer qu?elle ait lieu d?ici un mois ou deux. Et là encore, on sera chanceux si on arrive à tomber d?accord sur un agenda limité de négociations qui pourront être rapidement conclues », craint-on au ministère de Madun Dulloo.

La faute à qui ? Déjà, une partie de la responsabilité des retards revient aux pays en développement eux-mêmes. Qui ont contribué à bloquer les négociations, à cause de leurs intérêts divergents. Des pays émergents comme l?Inde, le Brésil, l?Afrique du Sud ou la Thaïlande ont parfois eu des agendas opposés à ceux des pays les moins avancés.

Les avantages se font attendre

Et parmi d?autres blocs, notamment africain, des pays comme Maurice ? très intéressés à ouvrir leurs économies et à conclure des accords en matière de service et d?investissement ? se sont, eux, heurtés à l?intransigeance de leur grou-pe. Souhaitant pour le moment se con-centrer sur l?accès aux marchés des produits agricoles et industriels.

Toutefois, l?élément qui a le plus joué au « trouble-accord » est l?expiration de la Trade Promotion Authority du président américain, en 2007. La TPA donne à l?administration du président la possibilité de négocier directement des accords commerciaux pour les États-Unis, sans devoir à chaque étape obtenir l?assentiment du Congrès. Le prochain président ne sera élu qu?en fin d?année. Ce n?est donc, selon toute logique, qu?en 2009 qu?on pourra espérer que le cycle de Doha soit définitivement conclu à l?OMC.

Entre-temps la libéralisation du commerce international, et ses avantages potentiels se feront encore attendre. Les pays comme Maurice, qui gagneront avec la libéralisation des services, le mouvement des personnes et de l?investissement, devront encore patienter jusqu?à la fin des négociations. Où jusqu?à l?implosion de l?OMC, comme le prédisent ceux qui voient en l?inca-pacité de l?OMC d?arriver à un accord général, la preuve que l?organisation doit disparaître? ou alors se réinventer complètement.

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