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Le ras-le-bol des habitants
Des habitants d?Ecroignard sont descendus dans la rue pour protester contre le problème d?eau qui perdure depuis plusieurs années. Une semaine après leur action, la situation ne s?est toujours améliorée.
?La situation a empiré depuis ces dernières semaines. En raison de la faible pression, l?eau ne coule pas. Nous fêtons actuellement le Doorga Pooja et nous ne pouvons même pas prendre notre bain matinal avant les prières. C?est toujours en période de fête que nous sommes le plus affectés. Le Divali approche et nous craignons le pire cette année?, confie Prabha Auchraje, qui habite le village depuis 46 ans.
?Le village est alimenté par une nappe phréatique de Caroline qui dessert aussi Grande-Rivière-Sud-Est et Trou-d?Eau-Douce. Souvent, on prétexte que la pompe est tombée en panne. Mais l?explication est simple : avec le développement hôtelier de ces dernières années, on a raccordé d?autres conduits à notre réseau de distribution?, explique Nand Bundhoo, ancien président du conseil de districts de Moka-Flacq, qui habite à Ecroignard.
Soodama Soobahow, 71 ans, Roopnarain Chooramun, 83 ans, connaissent des problèmes d?eau depuis de nombreuses années. Ils affirment que beaucoup de villageois sont découragés et ont abandonné l?agriculture.
Sunita Soobahow s?en prend aux camions-citernes de la CWA, qui refusent d?entrer dans certaines rues pour approvisionner les villageois. Certains d?entre eux doivent porter des récipients d?eau sur de longues distances. ?A chaque fois, il faut téléphoner pour faire venir un camion-citerne. Seuls ceux qui ont téléphoné sont alimentés. Pourquoi une telle discrimination dans la distribution d?eau ? Quand l?eau ne coule pas, il faut distribuer indistinctement de l?eau à tout le monde?, fulmine-t-elle.
Les ménagères doivent se rendre aux rivières de Bramsthan et de Bel-Air pour faire la lessive. Certains habitants affirment qu?après leur manifestation, la CWA avait assuré une fourniture normale, mais seulement pour quelques jours.
Chômage
D?autres problèmes provoquent aussi le ras-le-bol des habitants. Les arrêts d?autobus sont trop éloignés l?un de l?autre, et des autobus individuels brûlent certains arrêts pour ne pas embarquer les élèves et des vieilles personnes. ?Ma fille a attendu le bus de 7 h 10 à 8 h 45, mais n?a pas eu de transport. Elle n?a pu se rendre à l?école. Souvent, nous avons besoin de voyager par taxi trains pour nous rendre à Flacq. Des fois, les bus sont bondés et ne s?arrêtent pas dans le village?, se plaint Mila Kassean.
Le village compte aussi un grand nombre de chômeurs. ?Il y a même des gradués qui n?ont pas de travail. Nous sommes des laissés-pour-compte?, affirment certaines dames. Elles se plaignent aussi du manque d?infrastructures de loisirs, en particulier d?un jardin d?enfants.
Les équipes de foot du village se plaignent de l?absence de sponsors pour l?achat d?équipements sportifs. ?Nous avons trois clubs de foot dans le village et ils éprouvent des difficultés financières pour organiser des tournois?, dit Nand Bundhoo.
Pendant les averses, la route Royale est inondée en l?absence de drains. Des pylônes électriques et téléphoniques obstruent le trottoir. En certains endroits, des enfants doivent marcher sur la chaussée et sont exposés aux risques d?accidents.
?Les camions transportant des chargements de cannes de Constance à Beau-Champ traversent régulièrement le village. Ces véhicules représentent un grave danger parce que souvent des cannes tombent sur la chaussée et risquent de blesser les gens?, déplore Nand Bundhoo.
Certaines voies d?accès sont en piteux état, à l?instar de Chemin Appiah. Les habitants reprochent aux élus de les avoir oubliés une fois les élections terminées.
BRAMSTHAN
Des routes inondées
■ Vicky Bundhoo, président de Bramsthan, qui tombe sous la même ?village council area? qu?Ecroignard, se plaint des problèmes d?inondation dans certaines voies d?accès. Il cite Chemin Morcellement Beeharry où des fois, il y a deux pieds d?eau. ?Des habitants doivent porter des bottes pour venir jusqu?à la route Royale?, dit-il. Lallbahadoor Road n?a pas été asphaltée depuis plusieurs années et n?est pas dotée de drains. Pendant les averses, elle est également inondée. Le terrain de foot de Bramsthan devient impraticable en période de pluies.
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