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Le Ptr s?empare du fief portlouisien du Parti mauricien

2 octobre 2006, 00:00

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Si le 7 septembre 2006 nous est? ?étranger? en raison de la présence, controversée, d?anciens ministres irlandais, chilien, mexicain et néo-zélandais, venus faire de la réclame pour les réformes économiques que nous impose le tandem Ramgoolam-Sithanen... Si le 7 septembre 1981 fut PMSD, en raison de la manifestation orchestrée par Gaëtan Duval, pour démontrer sa force politique tant aux Américains squattant Diego Garcia qu?à Seewoosagur Ramgoolam, Premier ministre en déséquilibre sur la corde raide de sa majorité parlementaire versatile... Le 7 septembre 1956, il y a donc un demi-siècle, est incontestablement travailliste puisque, à cette date, ce parti remporte, pour la toute première fois de l?histoire, les élections municipales à Port-Louis, exploit qu?il ne pourra rééditer qu?en 2005. Mais si en 1956 et en 1981, Gaëtan Duval mord la poussière pendant que Seewoosagur Ramgoolam est, soit dans le camp des vainqueurs, soit au pouvoir, en 2006, leurs enfants et partis, réunis et raccommodés pour une énième fois, se retrouvent confortablement installés au pouvoir, tant à l?Hôtel du gouvernement qu?à l?hôtel de ville de la capitale.

Pour comprendre la portée radicale de la victoire travailliste aux municipales de 1956, il faut savoir qu?une bourgeoisie de la population générale contrôle plus ou moins alors la municipalité de Port-Louis depuis les années 1920, même si, de temps en temps, de futurs députés et conseillers travaillistes ou CAM, comme Guy Forget, Abdool Razack Mohamed, Edgard Millien, Seewoosagur Ramgoolam, Radha Mohun Gujadhur, Renganaden Seeneevassen, Raymond Rault, parviennent à se glisser parmi les élus, comme partenaires, colistiers ou adversaires des candidats désignés de cette bourgeoisie créole et par elle avalisée, sinon avalée. Hormis quelques éclatantes et mémorables exceptions, il vaut mieux, jusqu?en septembre 1956, bénéficier de cette bénédiction créole pour espérer poser son séant sur un fauteuil municipal, à défaut d?être mairal.

Ce fut encore le cas, le 13 décembre 1953, quand les candidats malheureux du Ralliement mauricien, cet ancêtre du Parti mauricien, à savoir Alex Bhujoharry, Jules Henri Constantin et Victor Ducasse, peuvent prendre leur revanche sur le PTr vainqueur aux législatives du 26 août 1953, avec notamment Guy Rozemont, Edgar Millien et Renganaden Seeneevassen. On peut toutefois apercevoir, en décembre 1953, un virage politique que confirmeront les municipales du 2 septembre 1956.

Trois ans plus tôt, les premiers résultats électoraux intérimaires, aux municipales, sont plutôt favorables au PTr qui mène avec 12 candidats parmi les 16 premiers. La lutte demeure indécise mais les résultats définitifs donnent une courte avance de deux sièges aux candidats du Groupement des seize, autrement dit le Ralliement mauricien. Les travaillistes pourraient se satisfaire de ce score flatteur pour eux. Mais leur leader, Seewoosagur Ramgoolam ne fait pas partie des 16 conseillers élus.

Pour comprendre (...) la victoire travailliste (...), il faut savoir qu?une bourgeoisie de la population générale contrôle plus ou moins la municipalité de Port-Louis.

Aux élections du 7 septembre 1956, il ne peut d?ailleurs se classer qu?en 12e position. Le moins qu?on puisse dire c?est que, pour lui et politiquement parlant, Port-Louis n?est pas Triolet. Mais il n?y aura pas, en 1956, de sprint victorieux du Parti mauricien et le PTr conservera assez de voix d?avance pour l?emporter par 11 élus contre 5. L?ultime objectif du PTr est atteint : Abdool Razack Mohamed ne pourra recevoir la princesse Margaret en tant que maire de Port-Louis. Cette insulte à notre communauté musulmane n?empêchera pas la fondation du CAM ni son ralliement au PTr, initiateur pourtant de la commission d?enquête Keith-Lucas contre le maire Mohamed.

Le dépouillement des bulletins de votes commence par être catastrophique pour le Parti mauricien . Le premier décompte sur les 1 200 premiers bulletins dépouillés sur 22 539 votants, classe Jules Koenig à la 14e place, le seul de son parti à figurer parmi les 16 premiers et éventuels élus. Pire encore, le 2e décompte à la fermeture du centre de dépouillement, en fin d?après-midi du lundi 3 septembre, le relègue à la 15e place. Une lueur d?espoir toutefois, Bhujoharry, le 2e du PM, prend six voix d?avance sur le dernier candidat travailliste, Joomye, au lieu d?être à égalité de voix avec lui. Elle se confirme avec le 1er résultat intérimaire de la matinée du 4 : Bhujoharry parvient à rejoindre son leader parmi les 16 premiers, reléguant Vaghjee parmi les éventuels battus où il retrouve Joomye. Pas d?autre changement mais L?Aguille devance Koenig à la 14e place.

A la mi-dépouillement, le mercredi 3 à midi, le Parti mauricien ne compte toujours que deux candidats parmi les 16 premiers classés mais Koenig passe successivement de la 15e, à la 11e et même à la 8e place. Bhujoharry quitte aussi la 16e place pour la 12e. Robert Rey et Raymond Hein précèdent désormais Vaghjee, de Sornay et Peerbaye, juste après les 16 premiers classés. En fin d?après-midi, l?espoir grandit encore, dans le camp du Parti mauricien, Koenig est à la 7e place, immédiatement suivi par Bhujoharry, Rey pointe à la 10e, suivi comme son ombre par Hein, et de Sornay occupe la 16e place, devenant le 5e candidat du Parti mauricien parmi les 16 premiers. Les chances d?élection s?amenuisent d?heure en heure pour les Travaillistes Lacaze, Davantin, L?Aguille, Vaghjee et Peerbaye. A l?heure des résultats définitifs, Koenig parvient même à ravir le 5e place à ses confrères Rault et Seeneevassen qui l?ont toujours devancé jusqu?à l?heure.

Une prochaine chronique se fera l?écho des commentaires des vainqueurs comme ceux des vaincus de cette joute électorale.

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