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Le prix du billet s?élève à cause de la surcharge de carburant

26 mai 2008, 00:00

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Les compagnies d?aviation sont dans une très mauvaise passe. La flambée du baril de pétrole, arrivé à 130 dollars, ajoute une grande pression sur l?industrie. Du coup, les passagers vont passer à la caisse, à cause de la surcharge de carburant qui augmente pour presque toutes les compagnies aériennes. Le prix du billet s?envole inévitablement. Les compagnies aériennes ont eu à subir une hausse du prix du carburant de plus de 100 % en un an.

Chez British Airways, la pilule amère a déjà été passée aux passagers ce mois-ci. «Contrairement aux autres, nous passons les coûts de manière graduelle et pas d?un seul trait, évitant aux passagers de ressentir le choc», soutient le responsable de la communication de cette compagnie à Maurice, Gérard Manuel.

La surcharge de carburant sur les longs courriers aller-retour de plus de neuf heures, (Maurice-Londres-Maurice) a été augmentée ce mois-ci de £ 30, soit de Rs 1 678, ramenant le total de surcharge de carburant à £ 158, soit à Rs 8 840.

Sur les longs courriers, la dernière hausse de British Airways s?est faite en février. Pour les trois derniers mois, les coûts de kérosène ont augmenté de £ 72 millions. Ils représentent 25 % des coûts pour Bristish Airways.

Cette envolée du cours du pétrole fragilise tellement l?industrie d?aviation que la plus grande compagnie au monde, American Airline, a décidé de supprimer des vols et de mettre sur le pavé une partie de son personnel. Sans compter la hausse du billet d?avion.

Le chief executive d?Air France, Jean-Cyril Spinetta, annonçait à la presse, jeudi, que le secteur de l?aviation sera appelé à se transformer dans ce contexte.

Grand pessimisme

Air France a également augmenté ses surcharges de carburant il y a quelques jours. Pour un vol Maurice-Paris, le passager aura désormais à débourser 20 euros en plus, soit Rs 889, sur un aller-retour. La surcharge totale pour ce trajet passe la barre de plus de 210 euros, soit de Rs 9 439,50. Sans les taxes et les autres frais, le prix d?un billet de Maurice à Paris est à Rs 19 300 en ce moment.

Air Mauritius est tout autant frappée par ces hausses, mais elle n?a pas la même marge de man?uvre, compte tenu du fait que l?industrie touristique, un des piliers de l?économie, dépend d?elle. «Nous ne pouvons que passer une partie du coût et, dans notre cas, que le minimum, pour la surcharge carburant. Cette flambée du pétrole à des niveaux jamais atteints représente un défi majeur. Nous allons annoncer bientôt l?impact réel sur nos coûts d?exploitation. Mais vous comprendrez qu?en tant que compagnie d?aviation nationale, nos actions sont limitées, ayant une industrie touristique à préserver et maintenir en bonne santé», explique le responsable de communication, Donald Payen.

Il rappelle que, depuis le début de l?année dernière, le prix du pétrole a augmenté de 40 %. Air Mauritius a, de ce fait, il y a quelques jours, revu à la hausse sa surcharge de carburant. A titre d?exemple, elle est passée pour un long courrier Maurice-Paris à quelque 200 euros, soit environ Rs 8 990, inclus dans le prix du billet.

De plus, le contexte actuel entache les bons résultats financiers attendus par la compagnie. «L?an dernier, 2006-2007, à cause du chikungunya surtout, nous avons eu une mauvaise année. En revanche, pour cette année, 2008-2009, nous avons pu renverser la vapeur, grâce aux réformes mises en place telles que les recommandations de notre consultant, Mc Kinsey, et le transformation program enclenché. Mais cette situation nous prend de court. Les compagnies aériennes ne sont pas structurées pour cette éventualité», ajoute Donald Payen.

En revanche, son concurrent, Emirates Airlines, ne dévoile pas toute sa stratégie. Son porte-parole à Maurice affirme que cette «hausse constante du prix du carburant aura un effet inflationniste sur tous nos coûts opérationnels, nous obligeant à revoir le prix de nos billets d?avion. Mais Emirates veut rester compétitif et nous allons faire de notre mieux pour que nos clients ne soient pas frappés par les fluctuations majeures de prix».

Dans ce contexte difficile, le grand patron de British Airways, Willie Walsh, affiche dans la presse un grand pessimisme, craignant des banqueroutes dans l?industrie aéronautique : «Je soupçonne que plusieurs compagnies qui luttaient déjà quand le carburant était à moins de $ 100 ne pourront pas prendre des actions nécessaires et nous allons assister à d?autres échecs.» Six compagnies aériennes aux Etats-Unis ont, entre-temps, mis la clé sous le paillasson, n?ayant pas pu soutenir cette pression.

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