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Le privé veut s?associer au Centre cardiaque
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Le privé veut s?associer au Centre cardiaque
Le Centre de cardiologie des Mascareignes est à la recherche d?un partenariat avec le Cardiac Centre. Une rencontre a eu lieu mardi entre la direction du centre public de Pamplemousses et les responsables ? dont le Dr Paul de Gersigny ? de l?institution privée, qui est elle-même un partenariat de la clinique Darné et de la City Clinic.
Interrogé, le Dr de Gersigny a confirmé cette démarche, mais n?a pu élaborer sur la question. Mais dans les milieux proches du dossier, on explique que le privé souhaite que l?Etat leur sous-traite des interventions chirurgicales cardiaques. L?institution privée estime que celles-ci reviendront à moins cher que si elles sont réalisées à l?hôpital.
Un des arguments mis en avant par le Centre de cardiologie des Mascareignes est le nombre restreint d?interventions cardiaques dans le privé. En un mois, il peut y en n?avoir que deux, ce qui est surtout attribuable au coût, qui peut s?élever jusqu?à Rs 300 000. Ainsi, si les Mauriciens ont très peu recours au privé dans ce domaine, par contre, les angiographies ? un examen de l?état des artères coronaires ? se pratiquent davantage. Celles-ci peuvent coûter entre Rs 25 000 et Rs 30 000.
En revanche, une technique visant à déboucher les artères, notamment au laser ? et ne nécessitant aucune intervention ? est assez répandue. Elle coûte trois fois moins que les opérations cardiaques, soit environ Rs 100 000. Or, en Inde, leur coût est similaire à ceux d?une intervention chirurgicale.
Alléger les listes d?attente
Réagissant à cette proposition du privé, le président du Trust Fund for the Specialised Medical Care qui gère le Centre cardiaque, Shiv Potaya, se dit «ouvert à toute proposition. Une synergie public-privé ne peut être que très louable mais il faut encore voir quelle forme elle prendra. C?est le public qui doit en fin de compte sortir gagnant en obtenant un service de qualité.» Shiv Potayya a déjà fait part de cette proposition au ministre de la Santé.
A la suite de cette rencontre de mardi, une requête a été faite pour que des propositions concrètes soient formulées au centre cardiaque.
Cependant, certains cardiologues restent sceptiques face à un tel partenariat. «Il faut encore qu?il y ait un personnel formé pour prendre en charge les malades. Pour le moment, il n?y a pas suffisamment de personnel formé pour entreprendre une série d?interventions. Tant pour le suivi post-opératoire que pour la gestion du malade. Je ne pense pas qu?actuellement avec les moyens dont dispose le privé, surtout en matière de personnel, cela pourra se faire. Surtout pas à meilleur coût que cela revient à l?Etat,» soutient un cardiologue qui travaille tant dans le privé que dans le public.
Ce qui ne semble pas être le point de vue du président de Centre de cardiologie des Mascareignes, Patrick Chui Wan Cheong : «C?est un argument qui ne tient pas la route. Nous avons un personnel très qualifié. Depuis 2001, nous avons eu plus d?une cinquantaine de cas, que nous avons très bien gérés. Trois chirurgiens sont à notre disposition de même qu?un personnel très formé. Le professeur Saxena réalise des interventions chez nous et si le partenariat aboutit, nous pourrons même avoir recours à d?autres étrangers.»
La démarche, précise Patrick Chui Wan Cheong, est d?alléger la liste d?attente du secteur public, tout en augmentant le volume de travail au Centre de cardiologie des Mascareignes : «Nous maintenons que cela peut être plus rentable pour l?état. Encore faut-il trouver un modus operandi, qui soit un win-win situation. Et cela n?est pas dans le domaine de l?irréel.»
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