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Le poste de leader de l?opposition suspendu à la décision du MSM
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Le poste de leader de l?opposition suspendu à la décision du MSM
L?Assemblée nationale change de visage aujourd?hui. Au sein de l?opposition le Mouvement socialiste militant (MSM) et le Mouvement militant mauricien (MMM), en crise depuis quelques semaines, ne partageront plus la même travée. Le MSM pourrait également réclamer la démission de Paul Bérenger, comme leader de l?opposition, ce matin.
Cette décision aujourd?hui, devrait mettre un terme au suspens concernant le sort de Paul Bérenger comme leader de l?opposition. Hier, les spéculations allaient bon train et les milieux politiques étaient suspendus à la décision du MSM. Au début de la crise, Paul Bérenger avait évoqué l?éventualité d?une démission, se ravisant par la suite.
Mais hier soir à Bambous, lors d?une réunion en présence d?environ 350 personnes (voir hors texte), il devait déclarer que ?si le MSM m?enlève son appui, je ferai mon devoir?. Il démissionnerait alors. Tout peut aller très vite, au vu des relations de plus en plus tendues entre les deux parties. Ils siègent désormais séparément à l?Assemblée nationale. Et Paul Bérenger a laissé entendre qu?il s?attendait à tout moment à des développements, ?ce soir, demain (NdlR hier soir et ce matin)??
En effet, à présent que le PMSD entre au gouvernement (voir hors-texte ci-dessus), le MMM se trouve en minorité à l?Assemblée nationale. Il y compte dix parlementaires alors que le MSM en a douze. Dans cette nouvelle configuration, le Mouvement Rodriguais de Nicolas Vonmally veut, lui, rester neutre : ?Nous ne soutenons ni l?un ni l?autre. Comme nous ne sommes ni dans l?opposition ni dans le gouvernement, et que nous ne sommes que des porte-parole des Rodriguais au sein de l?Assemblée nationale mauricienne, nous ne comptons pas prendre parti.? A un moment, les deux partis avaient sollicité son soutien mais Nicolas Vonmally a préféré s?abstenir pour le moment.
Une réunion ce matin au Sun Trust sera déterminante. Les discussions porteront essentiellement sur le poste de leader de l?opposition. Le leader du MSM, Pravind Jugnauth, n?a pas voulu commenter cette affaire hier : ?Nous allons séparément au Parlement et après nous aviserons.? Il n?a pas non plus voulu commenter l?issue de la réunion parlementaire, d?hier. Sans donner d?indication, sur la stratégie, qu?il compte adopter, il rappelle la déclaration qu?il a faite auparavant sur Bérenger : ?Mo pena enn sou confians ar li.? Soutient-il ce dernier au poste de leader de l?opposition ? Il lâche : ?La réponse est claire. Nous allons séparés.?
<B>Nomination d?un nouveau whip</B>
Il se pourrait donc qu?un nouveau leader de l?opposition soit nommé avant la séance parlementaire de ce matin. Le MSM pourrait en effet envoyer une lettre au Président pour demander la révocation de l?actuel titulaire à ce poste. Dans un tel cas de figure, sans attendre une révocation du chef de l?Etat, Paul Bérenger, soumettrait alors sa démission dès aujourd?hui : ?Si le MSM me retire son appui, tout de suite je vais vacate le poste, laissant le président libre d?utiliser ses prérogatives pour nommer un leader de l?opposition.?
Selon un ancien speaker, Ajay Daby, seuls des parlementaires peuvent réclamer la révocation du leader de l?opposition, à la suite d?une demande ?motivée et non frivole.? Au cas où les deux partis auraient le même nombre de députés, le président, peut, selon Ajay Daby opter pour le statu quo. Tel n?est pas le cas à moins que Nicolas Vonmally ne change d?avis ce matin. Ce qui paraît étonnant quand on connaît ses relations avec l?actuel leader de l?opposition. Nicolas Vonmally le considère trop proche de son adversaire principal, Serge Clair.
Lors de la réunion parlementaire du MSM, hier, la question portant sur le poste de leader de l?opposition devait être débattue. Mais comme Pravind Jugnauth, avait d?autres obligations, dont deux réunions politiques, la réunion parlementaire a dû être écourtée. Peu d?informations transpirent sur cette réunion, le MSM voulant garder secrètes ses man?uvres.
Les noms des éventuels successeurs de Paul Bérenger restent Ashock Jugnauth, Nando Bodha, et Leela Devi Dhookun. Si Ashock Jugnauth reste le favori des mauves, (d?ailleurs l?un des points de discorde entre les deux partis), le MSM n?avait pas au départ privilégié cette option. A la question de savoir si le nom d?Ashock Jugnauth sera cette fois proposé comme leader de l?opposition, Pravind Jugnauth, laisse toutes les portes ouvertes : ?On verra. Nous n?avons rien décidé encore.? La situation pourrait se décanter entre les deux partis si le choix de la direction du MSM pour le poste de leader de l?opposition se porte sur Ashock Jugnauth. La réticence du début pourrait changer, bien qu?à hier, la situation était encore floue.
Cependant, pour certains au MSM, malgré les dernières évolutions, l?aile soutenant Nando Bodha, n?en démord pas. Le compromis, au cas de profonde divergence, pourrait également être la députée Leela Devi Dhookun.
De nouveaux seating arrangements sont aussi à prévoir. Les douze députés du MSM seront, vu de la place du speaker, à l?extrême gauche alors que les dix députés du MMM feront face au gouvernement. Un nouveau whip de l?opposition a été nommé à la requête de Paul Bérenger. Le député de Montagne-Blanche-GRSE, Ajay Gunness, remplace Showkutally Soodhun. C?est la requête de ce dernier auprès du speaker demandant des sièges séparés pour le MSM et le MMM qui a irrité Paul Bérenger.
Showkutally Soodhun très remonté par la démarche de Paul Bérenger auprès du speaker, Kailash Purryag, se dit ?une des dernières victimes de la stratégie politique de Paul Bérenger.? Pour Soodhun, ?Paul Bérenger vise Pravind Jugnauth à travers lui?. Il a été ?victime de cette stratégie? parce que, dit-il, il a soutenu Pravind Jugnauth comme leader du MSM alors que ?Bérenger avait d?autres intentions?. Et Soodhun d?ajouter : ?De plus, j?ai été de ceux qui ont réagi vivement aux propos blessants des dirigeants MMM contre Pravind Jugnauth et les députés du MSM.?
Ajay Gunness estime pour sa part ?que c?est dans la logique des choses que le leader de l?opposition choisisse quelqu?un d?autre après la démarche de l?ancien whip. J?espère être à la hauteur de la confiance de Paul Bérenger. De plus, je souhaite surtout que malgré nos différences, l?opposition demeure la force de frappe vis-à-vis du gouvernement.?
Le front bench du MMM à l?Assemblée nationale se constitue de Jayen Cuttaree, Sam Lauthan et Alan Ganoo. Celui du MSM se précise ce matin.
A BAMBOUS HIER SOIR
<B>Le MMM se dit ?dégoûté? par le revirement du PMSD</B>
■ Le leader de l?opposition souhaitait que le MSM et le MMM aillent ensemble au meeting du 1er mai, ?pour lever une vague?. ?Mais Pravind Jugnauth en a décidé autrement?, regrette Paul Bérenger, qui s?exprimait hier soir à Bambous lors d?une reunion en présence d?environ 350 personnes. En faisant cela, dit-il, Pravind Jugnauth agit en ?égoïste? et ?fait le jeu de Navin Ramgoolam.? Paul Bérenger estime, par ailleurs que le PMSD qui s?est joint au gouvernement, hier, a agi en ?dégoûtant?. Rajesh Bhagwan, le secrétaire général du MMM, a, de son côté, été encore plus critique envers Maurice Allet, le leader du PMSD et son colistier dans la circonscription numéro 20. Il lui a même lance un défi. ?Démissionne et je démissionne. On verra qui va gagner.? Il a lancé le même défi au député de Curepipe, Eric Guimbeau, ancien MMM passé au PMSD. ?Rendez au MMM ses votes?, a lancé Rajesh Bhagwan. Il s?interroge sur les motivations de Maurice Allet : ?Quel miel l?a attiré ? Il a également exprimé sa colère. Envers le MSM et le PMSD. ?C?est nous qui sommes sur le coltar, élections après élections?, insiste-t-il. C?est pour cette raison, dit-il, qu?il emploie des mots durs, comme ceux utilisés contre le MSM, lors d?un récent meeting à Rose-Hill. Les dirigeants du MMM poursuivent donc leur campagne de mobilisation en vue du meeting du 1er mai, à Rose-Hill. Paul Bérenger a estimé qu?après neuf mois, ?le pays est en danger?. Pour lui, le gouvernement n?est plus qu?à 30 %, après avoir gagné les élections avec 49 % des suffrages. Augmentation des prix du pain, du diesel et bientôt de ceux du waste water, le gouvernement, selon le leader de l?opposition, fait tout le contraire de ce qu?il avait promis. Danielle Perrier, Arianne Navarre-Marie et Alan Ganoo, ont eux aussi critiqué le gouvernement, pour les augmentations, les problèmes lies à la sécurité publique, la réforme de l?éducation, etc. Pour Danielle Perrier, les gens pourraient bientôt se retrouver en train de ?brûler des pneus dans les rues? pour protester contre la réforme dans l?éducation.
ALLIANCE
<B>Le PMSD dans les rangs du gouvernement</B>
■ C?est fait. Le Parti mauricien social-démocrate (PMSD) a rejoint les travées les gouvernementales. Le suspense a pris fin hier avec la bénédiction offerte par le leader de l?Alliance sociale, Navin Ramgoolam, à son nouvel allié. Le leader du PMSD, Maurice Allet, depuis quelque temps déjà, ne cachait pas son désir d?intégrer la majorité. La question était seulement de savoir comment résoudre le conflit entre le Parti mauricien Xavier Duval (PMXD) et le PMSD. Navin Ramgoolam renvoyait, dans un premier temps, les deux partis dos à dos en les invitant à trouver un terrain d?entente. Il semblerait que le fait que le PMSD ait accepté une entrée inconditionnelle au gouvernement ait finalement amené le leader du Parti travailliste à revoir sa position. Se présentant comme un rassembleur, Navin Ramgoolam accueille donc le PMSD qui apprécierait le travail que fournit son gouvernement. Quant à Maurice Allet, il justifie sa décision en expliquant que son électorat était orphelin du pouvoir. Le passage du symbole du coq dans le camp du gouvernement traduit également, pour lui, le souhait de son électorat. Une hypothèse qui est remise en question par Sandra O?Reilly, ancienne membre du PMSD. ?La question que je me pose est la suivante : qui est cet électorat ? Car jusqu?ici tous les partisans avec qui je suis en contact sont contre une entrée au gouvernement. Je lance aujourd?hui un appel pour qu?on donne la parole à tous nos partisans afin qu?ils disent eux-mêmes ce qu?ils souhaitent. Entre-temps, je continue à penser que cette décision d?intégrer le gouvernement n?est que la man?uvre de quelques-uns. Et je demande haut et fort : à qui profite cette décision ? lance Sandra O?Reilly. Maurice Allet, lui, insiste que le PMSD veut aider le gouvernement à poursuivre le travail engagé dans un esprit patriotique. D?ailleurs à la mort de sir Satcam Boolell, il devait même affirmer que ce dernier avait émis le souhait que le PMSD intègre le gouvernement. Ce qui est chose faite aujourd?hui. Mais les implications sont nombreuses. D?une part, l?opposition parlementaire s?en trouve affaiblie en nombre alors même que le MMM et le MSM se livrent une guerre sans pitié. D?autre part, au sein même du PMSD, il y a eu la défection de Sandra O?Reilly. Il importe de savoir si l?ensemble du parti et de ses partisans suivront les dirigeants du parti dans leur nouvelle aventure. Enfin et non des moindres, le PMSD et le PMXD vont devoir, d?une manière ou d?une autre, rationaliser leurs rapports. Jusqu?ici la perspective d?une entrée du PMSD au sein du gouvernement n?a pas suscité un grand enthousiasme chez Xavier-Luc Duval. Que fera-t-il désormais ?
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