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Le PM induit en erreur dans l?affaire Desmarais
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Le PM induit en erreur dans l?affaire Desmarais
Les policiers trouvés coupables, il y a deux ans, par la Commission des droits de l?Homme, d?avoir attenté aux droits constitutionnels de Martine Desmarais dans l?affaire Vanessa Lagesse, n?ont jamais fait l?objet de poursuites. Or, le Premier ministre affirme, dans une lettre adressée à celle-ci, que tel est le cas, ?selon ses informations?. D?où proviennent donc ces informations ? Paul Bérenger a-t-il été induit en erreur ? Et par qui ?
Martine Desmarais a été malmenée par le chef inspecteur Prem Raddhoa et une vingtaine de membres de la CID de Curepipe le 9 mai 2001. Selon la plaignante, les policiers auraient tenté de l?intimider et de la forcer à modifier le contenu d?une déposition dans laquelle elle affirmait que Bernard Maigrot et sa femme se trouvaient chez elle, le soir du meurtre de la styliste Vanessa Lagesse à Grand-Baie. Bernard Maigrot en est le principal suspect.
Après enquête sur ces allégations de brutalité, la Commission des droits de l?Homme a référé l?affaire au DPP pour des poursuites. Mais poursuite, il n?y a pas eu. Pourtant, en réponse à une lettre de protestation de Martine Desmarais, le Premier ministre écrit : ?J?ai discuté avec le commissaire de police qui a lui-même pris la question avec le Directeur des poursuites publiques. J?ai été informé que le procès de brutalité policière instruit à l?égard de ces agents de police sera entendu en même temps que l?affaire principale.?
Dans la réponse de Paul Bérenger, l?avocat de Martine Desmarais, Me Jean-Claude Bibi, relève deux incohérences. D?abord, il affirme, après vérification, dans une lettre adressée au DPP, Abdur Raffeek Hamuth, le 26 juin, qu?aucun procès n?a été instruit. ?No trial whatsoever has so far been initiated. No provisional charges have been filed against them.? A l?express, l?avocat précise avoir soulevé ?la question avec le DPP. Ni le DPP actuel, ni son prédécesseur n?a instruit de procès contre ces agents de police?. Me Bibi ne voit qu?une possibilité : ?The Prime minister has been and is being misled?
L?autre question qui intrigue Me Bibi est la référence à ?l?affaire principale?. ?À quelle ?affaire principale? fait-il allusion ? Se réfère-t-il à l?affaire logée par la police contre Bernard Maigrot, qui n?est même pas encore au stade d?enquête préliminaire et pourrait bien ne jamais être entendue? Dès lors, comment peut-on présumer de son aboutissement et y subordonner le procès pour atteinte aux droits fondamentaux de ma cliente ??
L?un des principaux concernés est le CI Raddhoa, actuellement affecté à la Special Mobile Force. Les officiers Fareedhun et Raimbert ont quitté la force; l?un a pris sa retraite, l?autre de l?emploi dans le privé. En 2002, Martine et François Desmarais réclament Rs 20 m de dommages au CP et à l?ex-CI Raddhoa. L?affaire sera entendue en novembre 2006.
Depuis que la Commission des droits de l?Homme a jugé, le 20 mars 2002, que ces officiers ont violé les droits civiques et fondamentaux de la plaignante, ils n?ont subi aucune sanction disciplinaire. Martine Desmarais s?insurge contre ?la culture d?impunité dont bénéficient ces policiers?. ?Bien que la commission ait reconnu que mes droits constitutionnels ont été violés, que j?ai été injustement privée de ma liberté, sans pouvoir contacter mon avocat et que j?ai été victime de traitements dégradants et inhumains au poste d?Albion, (?) aucune sanction n?a été prise contre les officiers trouvés coupables de brutalité policière sur ma personne, nommément le CI Raddhoa et les officiers Fareedhun, Raimbert et Dookhoony?, écrit-elle dans une lettre au Premier ministre le 22 mars dernier.
Ce qui rend la plaignante plus amère, c?est que la police a, à la suite de la décision de la Commission des droits de l?Homme, logé une charge provisoire de ?conspiracy to pervert the course of justice? contre le couple Desmarais. Pendant deux ans, il a été traîné en justice. Deux longues années durant lesquelles il leur a été interdit de quitter le pays. Puis, un beau jour, les accusations contre le couple sont abandonnées, sans explication, ni excuse aucune.
?One case of police brutality is one too many?, déclarait le Premier ministre à l?Assemblée nationale le 16 mars. Une allusion reprise par Me Bibi dans sa lettre pour montrer la distance entre les mots et les actions. ?Le PM nous assure qu?aucun cover-up ne sera toléré dans le cas où les forces de l?Etat sont concernées. Force est de constater, et je pèse mes mots, que nous sommes en présence d?un cover-up qui n?a que trop duré.?
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