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Le PM à la MBC : «Usez de discernement dans le traitement de l?information»
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Le PM à la MBC : «Usez de discernement dans le traitement de l?information»
«Traitez votre public en gens intelligents et il vous sera fidèle». C?était le conseil du Premier ministre aux responsables de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC), hier après-midi à Moka lors de la cérémonie de la pose de la première pierre des nouveaux quartiers généraux de la MBC, qui seront prêts dans 20 mois.
Malgré un ton conciliant, Navin Ramgoolam a fait passer quelques messages aux responsables de la MBC. Un ton qui reste calme, même lorsqu?il évoque les rapports souvent tendus entre la presse libre et le pouvoir. N?étant pas d?humeur à polémiquer, le Premier ministre s?est donc contenté de parler de sa conception de la MBC en tant que service public de même que du rôle de la presse en général. Il égratignera cependant au passage «certaines radios privées.»
A la rédaction de la MBC, le PM dit que «la sélection, la présentation des informations relèvent d?une responsabilité professionnelle et citoyenne.» Il ajoute qu?il faut que la rédaction de la MBC fasse preuve de discernement et de mesure dans le traitement de l?information et traite son public comme un public intelligent.
Le chef du gouvernement estime que la direction de la MBC devrait s?identifier à des causes nationales à l?instar des réformes économiques enclenchées par le gouvernement. «Ce sont des réformes qui auront un impact certain sur le cadre des pensées et des actions des citoyens et de la communauté. Il est important que toute la nation soit partie prenante de ce développement. Qui mieux que la MBC pourra créer cet élan national ?» a-t-il dit.
<B>«Pas les mêmes points de vue</B>
Le PM a rendu hommage à la MBC radio et affirme que «adolescent, j?ai le souvenir d?une radio de très grande qualité avec des émissions qui n?accordaient jamais de place au populisme démagogique que l?on entend sur certaines radios.» Le PM dit ne pas comprendre qu?avec «100 fois plus de moyens, l?on n?arrive plus aujourd?hui à faire des émissions de qualité que l?on produisait il y a plus de 40 ans.»
Ramgoolam s?est aussi exprimé hier sur le rôle des médias sur un ton des plus conciliants. «Je voudrai dire ma foi sur le rôle éminemment positif que les médias peuvent et doivent jouer dans une nation en devenir», a-t-il affirmé. Mais il admet que les relations entre le pouvoir et la presse ? libre du moins ? ne sont pas nécessairement compatibles.
«On parle souvent des rapports entre la politique et la presse et c?est vrai qu?ils ne sont pas toujours si simples. L?objectivité est une notion relative. La presse et les élus n?ont pas les mêmes points de vue. La presse, ne l?oublions pas, est aussi une entreprise commerciale qui doit générer des profits alors qu?un gouvernement est là pour servir la population et ?uvrer vers l?avenir. Il est normal donc que les relations entre ces deux institutions soient de temps en temps tendues.»
Les locaux de la MBC coûteront Rs 400 millions et seront entièrement financés par le gouvernement chinois. Ils comprendront neuf studios radio et quatre studios télé. La MBC a à ce jour 12 chaînes de télé numériques, trois chaînes de tv analogue et cinq stations radio. La rédaction de la MBC emploie 150 personnes, produit sept journaux télévisés et 73 bulletins radios quotidiennement en six langues. Cela fait trois ans que la station de la rue Pasteur s?autofinance.
Le D.G. de la MBC Bijaye Madhou, le président du conseil d?administration Fareed Jangherkhan et l?ambassadeur de la Chine à Maurice ont aussi pris la parole. L?assistance, fort nombreuse, était constituée de proches du pouvoir, de collaborateurs de la MBC, de religieux et de membres du secteur privé.
<B>Le PM réfléchit à une loi anti-transfuge</B>
■ Le PM a partagé ses réflexions avec la presse sur le départ de Dulloo. «Est-ce logique qu?une personne qui a été élue sur la base d?un programme dans une alliance, décide de quitter l?Alliance qui l?a élu et de se joindre à un autre camp ? A la limite la question peut ne pas se poser si la personne siège en indépendant mais je pense qu?il y a un problème quand elle va rejoindre l?opposition. Ce serait plus éthique que la personne se présente devant l?électorat et demande son avis». Cela ne s?appliquait-il pas aussi au PMSD quand les deux élus avaient délaissé l?opposition pour rejoindre le gouvernement, a voulu savoir «l?express» ? «Je vous rappelle que je n?ai nommé aucun membre du PMSD ministre ! Ils voulaient venir donner un coup de main mais je n?allais pas les nommer ministre puisqu?ils avaient lutté contre notre programme», réplique Ramgoolam. Cette réflexion amène le PM à penser à une éventuelle loi sur les transfuges. «Je crois qu?il faut y penser. Imaginons qu?un gouvernement soit élu avec une petite majorité. L?opposition peut convaincre quelques frustrés de les rejoindre et le camp majoritaire se retrouve minoritaire du jour au lendemain. Cela change les résultats des élections. Attention je ne dis pas que des gens ne peuvent pas changer d?avis mais qu?ils demandent à l?électorat de statuer.»
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