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Le plan de sauvetage du textile démarre
Le plan de sauvetage de l?industrie du textile-habillement est en marche. Après son lancement officiel le 31 juillet dernier, le programme de restructuration de ce secteur clé de l?économie est entré dans sa phase opérationnelle. La première étape consistait à recueillir les données financières des entreprises pour établir un diagnostic. À vendredi dernier, une vingtaine d?entreprises avaient fourni leurs données au National Productivity and Competitiveness Council (NPCC), responsable de cette partie de l?exercice.
Les entreprises de textile et de confection avaient jusqu?à hier pour le faire, mais le délai sera étendu à la fin de la semaine. ?Nous sommes déjà assez satisfaits du taux de participation. Nous gardons bon espoir de boucler l?exercice avec une trentaine d?entreprises d?ici la fin de la semaine?, commente un responsable du NPCC. Les données recueillies jusqu?ici sont jugées suffisantes pour permettre un diagnostic général de l?industrie du textile-habillement. Les entreprises ayant participé à l?exercice offrent effectivement un échantillon représentatif du secteur couvrant les grandes, petites et moyennes entreprises.
Les données financières des entreprises sur les trois dernières années permettront d?identifier des indicateurs de productivité donnant une idée précise de leurs forces et faiblesses. Les informations recueillies permettront de déterminer la contribution aux coûts et bénéfices de chaque intrant tel que main-d?oeuvre, capital ou matières premières. Les entreprises pourront ainsi voir dans quel domaine elles peuvent gagner en efficience.
La méthodologie utilisée par le NPCC pour cette première analyse a été élaborée par Melkote Ramsay, un expert basé en Australie. Ce dernier est arrivé à Maurice hier pour interpréter et analyser les données fournies par les entreprises. Il animera jeudi un atelier de travail où il livrera une analyse préliminaire des problèmes génériques de l?industrie du textile-habillement. ?Cette rencontre est très importante. Elle permettra aux chefs d?entreprise de voir concrètement le travail que nous avons fait. Ils verront comment nous avons traité leurs données et quels enseignements nous en avons tirés. Cela devrait inciter d?autres entreprises à participer au programme?, déclare un responsable du NPCC.
Les entreprises ayant participé à l?exercice devraient également recevoir cette semaine un rapport confidentiel analysant leurs indicateurs de productivité. Celles désireuses de poursuivre le programme seront soumises à une analyse plus poussée pour identifier les problèmes prioritaires et les mesures de redressement. Lors de la première étape de l?exercice, le NPCC n?a pas rencontré de difficultés majeures. Une des craintes de l?industrie et de la Textile Emergency Support Team (TEST), qui pilote la restructuration de ce secteur était, que les entreprises soient réticentes à fournir leurs données financières.
Etablir la confiance
?Une fois que nous avons expliqué l?objectif de l?exercice, notre méthode de travail et notre souci de la confidentialité, les entreprises se sont montrées très ouvertes. Nous leur avons surtout dit que nous n?étions ni des auditeurs ni des experts-comptables?, explique un responsable du projet au NPCC. Une fois la confiance établie, certaines entreprises n?ont pas hésité à envoyer leurs ?management accounts? qui sont très confidentiels par courrier électronique. ?Les entreprises ont compris notre démarche. Elles ont compris que plus nous obtenons de données, plus notre diagnostic sera précis?, ajoute notre interlocuteur du NPCC.
Les grandes entreprises n?ont eu aucune difficulté à remplir le formulaire sur leurs données financières. Elles l?ont téléchargé du site Internet du NPCC, l?ont rempli et renvoyé électroniquement. Les petites entreprises ont , elles, souvent sollicité l?aide du NPCC pour remplir le formulaire. La collecte des données et l?établissement de diagnostics individuels et collectifs sont la première étape du plan de restructuration de l?industrie du textile-habillement élaboré par la TEST. Cette structure est une initiative conjointe état-secteur privé pour aider l?industrie à affronter les nombreux défis auxquels elle est confrontée.
Le démantèlement complet de l?Accord multi-fibre le 1er janvier 2005 implique une perte de compétitivité de l?industrie du textile et de la confection locale. L?abolition des quotas signifie que nos concurrents directs ne seront plus limités par des restrictions quantitatives. Les effets de l?abolition graduelle des quotas se font déjà sentir. L?émergence de la Chine et du Vietnam sur le marché mondial du textile fait déjà des dégâts.
Les multinationales textiles hongkongaises basées à Maurice révisent leurs plans et songent à délocaliser alors que les entreprises locales souffrent de la concurrence. Avec l?érosion des préférences commerciales, il faut devenir mondialement compétitif. L?objectif de la TEST est de rendre les entreprises mauriciennes plus compétitives. Des dizaines de milliers d?emplois sont en jeu.
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