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Le phoenix ne meurt jamais
Le temps d’une épreuve de natation de toute beauté, la magie des jeux a encore frappé à notre porte hier soir. Bruyamment, avec insistance même. De sorte que nous lui avons ouvert toutes grandes les portes de notre demeure.
Pas question d’hésiter : on ne résiste pas au pouvoir d’attraction d’un événement comme les JO ! Surtout lorsque la “bataille des titans” se déroule et que le bassin olympique d’Athènes est en ébullition.
Surtout quand, comme hier soir, des gaillards de la trempe de Ian Thorpe, Michael Phelps et Pieter van den Hoogenband (VDH) décident d’en découdre en finale du 200m nage libre. Les spécialistes promettaient des étincelles et une belle empoignade. On ne s’est pas trompé…
Car la course réunit les meilleurs mondiaux d’une génération de surdoués, qui a bâti sa réputation à coups de records du monde les uns plus retentissants que les autres.
Le départ est donné ! 50% des records du monde sont représentés dans cette seule course, c’est dire… VDH le Néerlandais champion en titre avait déjà réalisé le meilleur temps en demi-finale la veille.
L’Américain Michael Phelps semble capable de tout, lui qui veut battre le record de médailles remportées aux Jeux olympiques par le légendaire Mark Spitz (7), mais qui va échouer en bout de course. Et enfin il y a Ian Thorpe, le recordman du monde (1’44”06), celui dont on dit qu’il a des palmes et des branchies…
La course tient toutes ses promesses avec le trio de choc attendu qui prend un bon départ et reste au coude à coude aux 50 m. Mais, progressivement, Phelps perd pied, alors que VDH mène la course devant Thorpe. Athènes et le monde retiennent leur souffle, les derniers mètres sont d’une rare intensité…
La Thorpille s’arrache, se détache et gagne confortablement ! Il arrête le chrono à 1’44”71 : le record du monde est intact mais il établit un nouveau record olympique au passage !
Ian Thorpe frappe un grand coup et confirme sa suprématie sur la natation mondiale au terme de cette course parfaite. Et dire qu’il venait de changer d’entraîneur et avait dû faire face à une pression terrible en Australie, vis-à-vis des médias locaux, parce qu’il a été repêché de justesse pour cette course…
Tel le phoenix, Ian Thorpe a su trouver les ressources nécessaires pour renaître de ses cendres et revenir encore plus fort. A Maurice comme ailleurs, on n’a pas oublié ses exploits fantastiques aux JO 2000 lorsque l’Aquatic Center de Sydney avait vu tomber le plus grand nombre de records du monde de l’histoire.
L’Australien nous a encore prouvé hier soir qu’il n’était pas un type ordinaire mais bien un “homme poisson” né pour révolutionner l’histoire de la discipline. Un destin en lettres d’or.
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