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Le patron de la diplomatie indienne parle coopération
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Le patron de la diplomatie indienne parle coopération
Shyam Saran, le foreign secretary au ministère indien des Affaires étrangères, était en visite à Maurice ces deux derniers jours. La mission du responsable administratif du service diplomatique de la Grande péninsule consistait essentiellement à rencontrer les nouveaux dirigeants politiques et à faire un état des lieux de la coopération économique entre l?Inde et Maurice. La visite du Premier ministre, Navin Ramgoolam, en Inde, prévue pour la fin de l?année, était également au menu des discussions.
Le patron de la diplomatie indienne a rencontré la presse, hier au Domaine Les Pailles. Il a évoqué les axes de coopération bilatérale ainsi que les grands enjeux diplomatiques pour son pays. Ayant servi comme haut-commissaire de l?Inde à Port-Louis dans les années 90, il est très au fait des réalités économiques locales. Shyam Saran estime que l?Inde sera d?une aide précieuse pour Maurice qui ambitionne de développer une forte économie de services.
Il y a beaucoup de nouvelles avenues de coopération à explorer dans le cadre d?un Comprehensive Economic Cooperation Partnership. Les compétences indiennes dans les nouvelles technologies de l?information, par exemple, seront d?un apport considérable à la réalisation de l?objectif d?une économie de services exportables.
Mais il importe de redéfinir le transfert de la technologie et du savoir-faire indien. L?assistance technique vers les petites et moyennes entreprises mauriciennes, par exemple, doit obéir à cette logique. ?Il faut cibler les activités à forte intensité de technologie qui vont générer des produits et des services à haute valeur ajoutée?, soutient le foreign secretary indien. Les échanges touristiques avec une éventuelle libéralisation de l?accès aérien ont aussi été abordés.
Par ailleurs, la diplomatie indienne fait face à de grands défis géopolitiques. Les relations avec le Pakistan demeurent tendues malgré un certain réchauffement ces deux dernières années. Les deux voisins ont entamé un ?composite dialogue? dans le but d?arriver à une entente à terme notamment sur le Cachemire, territoire que les deux nations se disputent depuis près de 60 ans. ?Nous pensons qu?il faudra régler tous les problèmes existants dans un climat de confiance mutuelle. Nous reconnaissons aussi que la question du Cachemire demande beaucoup d?investissement émotionnel de part et d?autre.?
Les deux camps estiment qu?il sera plus facile de résoudre le problème dans une atmosphère de confiance. Le climat d?hostilité qui a prévalu pendant longtemps entre les voisins a accentué la rivalité. Shyam Saran estime qu?il est important que les populations participent au processus. Plusieurs initiatives concrètes récentes ont eu pour but de rassurer les deux peuples. Cela a débouché sur une plus grande interaction entre eux.
Où le composite dialogue mènera-t-il ? L?administrateur de la diplomatie indienne concède qu?il est trop tôt pour s?en faire une idée précise. ?Nous ne sommes pas en mesure de dire quelle va être la destination de ce processus. Mais c?est sûr que nous ne pouvons pas considérer des options qui impliqueraient une redéfinition des frontières ou encore une autre partition de l?Inde sur des lignes communales et religieuses.?
Il serait plus envisageable de s?attaquer aux conséquences négatives du contentieux frontalier, postulent les Indiens. ?Si les frontières cessent de devenir des lignes qui divisent, mais plutôt des zones qui unissent les gens, peut-être que le type de problème auquel nous faisons face ne se posera plus.?
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