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Le patrimoine oral collecté

16 février 2008, 00:00

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Après le succès de Ti Marmit il y a quelques années, Abaim perpétue sa mission initiale avec un autre projet culturel et artistique.

Le but est de mettre l?accent sur ce qui existe, sur ce qui peut être sauvé et les amener dans une forme moderne. Cette recherche du Grup Abaim ne répond point à une demande musicale du marché et ne se soucie pas de l?aspect marketing. Abaim agit par conviction. «On le fait parce qu?on croit dedans, car il y a tous les éléments importants pour notre société», dit Marousia Bovéry.

Ce groupe ne fait pas du social mais vit socialement. En défendant des valeurs fondamentales. L?origine du Grup Abaim «est inspirée de la récréation des choses. On essaie d?être des bons héritiers de bonnes traditions», ajoute Alain Muneean. «Pour ce présent projet, on réfléchit sur la meilleure façon de l?exposer dans une forme adéquate», disent les membres du Grup Abaim.

Ce travail de collecte de patrimoine enclenché depuis des années «donne des explications sur l?évolution du langage, tout en montrant que les gens d?antan n?étaient pas moins intelligents dans leur compréhension,» poursuit Alain Muneean. Ce travail permet aussi d?amener à l?actualité des mots qu?on n?entend plus aujourd?hui. «C?est tout un monde qui est récréé. Pour une construction identitaire. Notre compréhension de construction identitaire dépasse le cadre ethnique? Notre engagement va vers une identité mauricienne,» disent-ils.

«La tradition de la parole contient une grande valeur pédagogique», déclare Daniella Bastien. Ces chansons, dit-elle, appartiennent au patrimoine. «C?est une transmission ethnographique. Seul le patrimoine est l?auteur de ces chansons,» ajoute-t-elle.

Le but d?Abaim n?est pas de faire des albums , «mais d?unifier.» L?album est un moyen de laisser des traces. Le travail est de ramener des bribes des traditions orales. «Sans cela on perd des pans de la richesse de l?humanité», dit Daniella Bastien.

Il y a toute autre construction à faire autour de la musique. «On a tout à gagner si on construit avec ce qu?on a. La musique des Chagosiens en est un exemple flagrant. Ce peuple a connu un génocide mais sa musique perdure. Il n?y a aucune raison de croire qu?on est inférieur», dit le Grup Abaim. «Nou sosyete pa pou progrese si li kontinye nye li mem», souligne Alain Muneean.

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