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Le partenariat Inde-Maurice devient réalité pour les marchés de services

24 octobre 2006, 00:00

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Du concret dans les ?intangibles?. Après la conclusion des discussions sur le commerce des marchandises, les négociateurs indiens et mauriciens s?attaquent maintenant aux services. Ils collaborent dans le cadre d?un accord de coopération et de partenariat, le Comprehensive economic co-operation and partnership agreement (CECPA). Le tourisme et les technologies de l?information et des communications (Tic) sont parmi les premiers secteurs concernés.

Les hauts officiels de l?Inde et de Maurice se rencontrent actuellement à Port-Louis en vue de passer à une autre étape des discussions sur le nouveau cadre de coopération économique qui se met en place entre les deux pays. Le CECPA comprend quatre axes, à savoir, le commerce des marchandises, celui des services, l?investissement et la coopération économique.

?Avec les négociations sur les services, qui sont suspendues à l?Organisation mondiale du commerce, nous accordons une grande attention aux échanges bilatéraux?, indique Asad Bhuglah, directeur de la Trade Policy Unit au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international.

<B>Secteurs identifiés</B>

Les négociateurs, qui se sont réunis à l?hôtel Le Labourdonnais, ont pour mission principale de déblayer le terrain en vue de faire tomber les barrières aux échanges des activités tertiaires entre les deux pays. Ils tenteront de délimiter le cadre des pourparlers sur les services, comme ce fut le cas pour le commerce des marchandises. Les conditions et le rythme d?ouverture des marchés feront l?objet de débats préalables.

Mais les choses concrètes démarrent déjà dans quelques secteurs. L?informatique et les services liés aux Tic, ainsi que l?hôtellerie et la restauration, sont parmi les premiers dossiers sur la table. ?Nous avons identifié des secteurs où nous avons tous les deux des compétences. Des informaticiens indiens pourront venir travailler ou faire du business plus librement à Maurice. En contrepartie, des Mauriciens peuvent ouvrir des restaurants dans la Grande Péninsule ou même travailler dans le secteur de l?hôtellerie sans aucune contrainte?, explique Asad Bhuglah.

La réglementation sur les industries et les limites sur les investissements étrangers dans certaines activités sont quelques-uns des obstacles courants dans le mouvement transfrontalier des services. Cette nouvelle ère de coopération au niveau du secteur tertiaire devrait grandement profiter à l?économie mauricienne qui joue la carte des services exportables à valeur ajoutée pour réussir sa transformation.

En Inde, les services pèsent plus de la moitié du produit intérieur brut. Ce pays dispose d?expertises distinctes dans plusieurs industries tertiaires à haut niveau de technologie et de connaissances telles les Tic, la biotechnologie, la recherche médicale, pharmaceutique et industrielle. Maurice, qui cherche à développer de nouveaux pôles de croissance tels que les Tic et le business process outsourcing (BPO), pourra tirer profit d?un transfert d?investissements et de savoir-faire indiens.

Les discussions sur le volet commercial, qui visent à la création d?une zone d?échanges préférentiels (Zep), sont pratiquement complétées. Ce projet Zep est d?ailleurs fin prêt pour la ratification au niveau politique.

La Zep ouvre des niches rémunératrices potentielles pour l?habillement made in Mauritius haut de gamme sur le territoire indien. Les producteurs mauriciens pourront exporter jusqu?à trois millions de pièces de vêtement (dont deux millions sont sujets à des règles d?origine) en franchise de douane chaque année vers l?Inde. L?accord commercial prévoit également un accès préférentiel à un volume de 150 000 litres de rhum. En contrepartie, Maurice importera un maximum de 500 000 litres de vin à un tarif préférentiel de 50 %.

La Zep a mis en place un calendrier d?élimination des tarifs sur une trentaine de produits, étalé sur une période de quatre ans.

La délégation indienne actuellement à Maurice est dirigée par Jayant Das Gupta, Joint Secretary of Commerce. Anand Newoor, secrétaire aux Affaires étrangères, est lui à la tête des négociateurs mauriciens.

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