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Le pamphlet anti-Bérenger de Zul Ramiah
Trente-cinq ans après avoir été le porte-drapeau du MMM, Zul Ramiah a envoyé valser ses anciens compagnons de route, pour gagner le c?ur du parti Travailliste. Bizin Sanzman, son nouvel album vantant les mérites de ses nouveaux partenaires politiques, crie la trahison dont il a été le sujet.
Le divorce est consommé. Trente-cinq ans après avoir été le colistier du militantisme aux côtés du leader mauve, Zul Ramiah est allé voir si l?herbe est plus verte dans le camp adverse, celui du parti Travailliste. Auprès de ses nouveaux amis, il sent naître un vent de renouveau, celui du changement. Inspiration qui a accouché d?un album de dix titres, aux allures de slogans bien sentis.
Zul, le va-t-en-guerre rouge scande à qui mieux mieux : Bizin Sanzman. L?album est né, avec pour ambition de faciliter la mise en branle du renouveau et l?accès au pouvoir de Navin Ramgoolam et de ses pairs. L?album, pamphlet anti-Bérenger et anti-capitaliste, a donné le coup d?envoi de la campagne électorale de l?Alliance sociale le 1er mai dernier à Quatre-Bornes.
L?album scande la méritocratie et la justice sociale au détriment du pouvoir capitaliste. Zul Ramiah n?y est pas allé de main morte pour fustiger les démérites de ses anciens camarades. L?album, c?est «enn serie sante pou fer vibrer leker bann Mauriciens,» comme l?a fièrement présenté Dharam Gokhool, secrétaire général du parti Travailliste, lui-même ancien militant, lors du lancement du CD à l?hôtel Saint Georges jeudi. L?artiste est donc investi d?une mission : chanter le changement. «Anu ale, nou alle plante enn nouvo pie. Sa bane la nou fou zot dehor. Anou done nou enn coup de main, na pas laisse chans passe, ensam nou amene sanzman,» chante-t-il.
A l?écouter de près, cet album, sous ces airs de discours pamphlétaire contre la politique de l?actuel gouvernement, est un album travaillé. La recherche rythmique et mélodique fait merveille. L?album est festif et entraînant. Mais l?artiste aurait pu, chanter le changement sans s?adjoindre au camp adversaire. Mieux, il aurait pu profiter de cette liberté nouvellement acquise pour entamer une carrière de chanteur engagé sans le coup de pouce d?un parti politique. «Mone fer boucou zefor pou fer pie la repousse. Mone met di sel, mone esaye plant enn lot pie, mais nanien pane fer. Zordi, mone alle vers enn parti kot mo feel at ease. Mo ena enn caracter rotin bazar. Si enn dimoune ine trahir moi, mo alle. Zordi mo dan enn lekip ki defan mem princip ki moi,» explique Zul Ramiah.
A présent que les «petal finn fane», que la trahison est consommée, l?artiste engagé a repris son bâton de pèlerin pour qu?il y ait plus d?égalité à travers le changement. Si le combat idéologique reste le même, l?album est empreint de nostalgie, celle d?une certaine époque, l?époque de la confiance dans le slogan Enn sel lepep enn sel nasyon.
Sur Bizin Sanzman, Zul Ramiah vilipende seulement ceux qui ont violé sa confiance, «ki zoue sapsiway are nu.» Mais, a priori, «la vwa enn militan», qui sert de sous-titre à l?album est la même. Le chanteur engagé, le verbe haut et la plume affûtée, est mû par les mêmes émotions : l?unité nationale, la répartition équitable des biens, la justice sociale. «Nou le enn lepep ki ena dignite. Nu la lit continie». L?album, tiré à cinq mille exemplaires, a déjà été écoulé à raison d?un millier d?exemplaires lors du rassemblement de l?Alliance Sociale le 1er mai dernier. Bizin Sanzman est en vente chez tous les disquaires à Rs. 125.
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