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Le Pakistan terrassé par un séisme
«J e n?ai jamais vu un tremblement de terre aussi fort », a déclaré hier, choqué, Mohammad Akram, un quinquagénaire garde de sécurité à Islamabad : « Les gens se sont précipités dans la rue, paniqués. Les minarets des mosquées tremblaient. » La terre a tremblé dans le sous-continent indien, samedi à 7 h 50 (heure de Maurice). Le séisme, d?une magnitude 7,6 sur l?échelle de Richter selon l?institut géologique national américain, a été ressenti dans tout le Pakistan, ainsi que dans les pays voisins, le nord de l?Inde, où il y a eu 23 morts, dont 15 soldats, et l?est de l?Afghanistan. La première secousse, qui a duré une trentaine de secondes, a été suivie d?au moins quatre répliques de moindre intensité, achevant de créer la panique parmi la population descendue en masse dans les rues.
<B>« Le bilan pourrait être très lourd »
D?après le porte-parole des forces armées pakistanaises, le séisme aurait probablement fait plus de 1 000 morts. Quelques heures auparavant, le chef de la cellule de crise du ministère de l?Intérieur pakistanais, le général Javed Cheema, avait déclaré que des centaines de personnes ont sans doute été tuées hier au Pakistan et des « dégâts massifs » ont été enregistrés. La plupart des victimes sont originaires du nord du pays, dans le Cachemire sous administration pakistanaise et dans les zones montagneuses du nord d?Islamabad. « Nous avons des informations faisant état de plusieurs dizaines de tués au Cachemire, dans la région de Mansehra (50 km au nord d?Islamabad) et dans d?autres zones du nord », a-t-il ajouté. « Nous n?avons pas encore d?estimation précise, mais le bilan pourrait être très lourd », a-t-il précisé.
« Un village entier a été rasé dans le district de Bagh, au Cachemire », au nord d?Islamabad, a affirmé le porte-parole des forces armées pakistanaises, le général Shaukat Sultan, en ajoutant que des hélicoptères et des troupes avaient déjà été dépêchés dans cette zone.
Dans une ambiance de chaos, avec de nombreuses lignes téléphoniques coupées ou surchargées, les informations sur les destructions provoquées par le séisme, centré à une centaine de kilomètres au nord d?Islamabad, prenaient de l?ampleur au fil des heures. Les nouvelles les plus graves parvenaient des zones montagneuses du nord du pays, difficiles d?accès : villages détruits, maisons rasées, routes coupées et des dizaines de victimes étaient rapportées par les rares officiers de police locaux qui ont pu être contactés par l?AFP et faisaient chacun état de plusieurs dizaines de morts.
Plusieurs villages des montagnes de l?Hindu Kush, à moins de 100 km au nord d?Islamabad, ont subi des glissements de terrain. Selon un officier de police de Mansehra, Iqbal Ahmed, « 90 % des maisons de trois villages du district de Mansehra ont été rasées ».
À Islamabad, un immeuble moderne, le Margalla Towers, s?est effondré et les secours s?organisaient pour dégager des dizaines de personnes présumées bloquées sous les décombres. Au moins deux morts et une trentaine de blessés avaient été dégagés des décombres.
Le séisme a été « causé par la collision entre deux continents, le continent indien et la plaque tectonique », a expliqué Henri Hassler, sismologue à l?Observatoire des sciences de la terre de Strasbourg. « L?Inde remonte vers le nord à raison de 2 cm par an, provoquant des séismes dramatiques. »
<B>AFP</B>
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