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Le nouveau Premier ministre ukrainien dans le collimateur de Moscou
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Le nouveau Premier ministre ukrainien dans le collimateur de Moscou
La justice russe ne mettra pas fin à ses poursuites contre Ioulia Timochenko, nouveau premier ministre ukrainien par intérim. « Cette affaire sera menée conformément à la loi russe, ni plus ni moins », a déclaré le procureur général, Vladimir Oustinov, devant les journalistes.
Timochenko est en effet accusée de corruption par Moscou. Répondant à une question sur la possibilité d?une arrestation de Mme Timochenko si celle-ci venait en visite officielle à Moscou, le procureur général s?est contenté de rappeler que le Parquet n?avait « pas les pouvoirs d?arrêter » quelqu?un, et que cela se faisait « sur décision d?un tribunal ».
Ioulia Timochenko a été choisie lundi 24 janvier par le nouveau président, Viktor Iouchtchenko, pour prendre la tête du gouvernement ukrainien. Sa nomination a été qualifiée par la presse russe de « gifle » donnée à la Russie, alors que l?égérie de la « révolution orange » est depuis longtemps peu appréciée par le Kremlin.
Alors que l?Ukraine était en pleine campagne électorale pour la présidentielle, un mandat d?arrêt contre elle avait été lancé en septembre 2004, après qu?elle ait refusé de se présenter devant le Parquet militaire russe où elle est accusée de corruption.
<B>Un enrichissement frauduleux</B>
Moscou l?accuse d?avoir versé, en 1995, des pots-de-vin à des responsables du ministère russe de la Défense, alors qu?elle dirigeait la société d?électricité ukrainienne. Interpol avait toutefois annoncé, en décembre, avoir retiré de son site Internet un avis de recherche dans l?attente d?un complément d?informations demandé aux autorités russes.
Femme charismatique de 44 ans, économiste de formation, réputée efficace et excellente gestionnaire, Mme Timochenko était entrée en 2001 en opposition radicale au régime de Léonid Koutchma.
Ancienne vice-Premier ministre du gouvernement de Viktor Iouchtchenko de décembre 1999 à janvier 2001, elle a été accusée par le régime Koutchma de s?être enrichie frauduleusement, ce qui lui a valu de nombreuses poursuites judiciaires en Ukraine et une brève incarcération en 2001.
Mardi 25 janvier, à Strasbourg, le président ukrainien, en réponse à une question sur d?éventuelles poursuites à l?encontre de M. Koutchma (dont le nom avait notamment été cité par l?opposition dans l?affaire du meurtre du journaliste Gueorgui Gongadzé) a indiqué que « toute violation de la loi serait sanctionnée » et que la loi s?appliquerait à « tout le monde ».
<B> « Pas de chasse aux sorcières » </B>
Fin décembre, Mme Timochenko avait assuré qu?il n?y aurait « pas de chasse aux sorcières », mais sans exclure des poursuites contre ceux qui se seraient enrichis illégalement dans l?entourage du président Koutchma. « Il y a une différence entre les fonctionnaires honnêtes et ceux qui sont impliqués dans des malversations », avait-elle souligné.
<B>@ 2005 Le Monde ? AFP
Distribué par The New York
Times Syndicate</B>
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