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Le Nigeria sollicite les sucriers mauriciens

24 août 2003, 20:00

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Le Nigeria veut surmonter ses problèmes internes pour s?atteler au développement. Maurice est un des partenaires qu?il s?est choisis. Un accord de principe sur l?investissement et le commerce est en voie d?être conclu entre le Jigawa, Etat du Nord du Nigéria et Maurice. Ce partenariat a franchi une étape concrète avec la vente par l?Institut de recherches de l?industrie sucrière (Msiri) de plantules de canne et de services à cet Etat.

Inuwa Dutse Tijjani, ministre de la Justice du Jigawa, est actuellement à Maurice. Il a dans ses valises un projet du memorandum of understanding que son administration souhaiterait signer avec Maurice. Il est accompagné d?Adam Aboobukar, conseil légal spécial du gouverneur de Jigawa. Hilton de Souza Gomes, directeur brésilien de l?institut de recherches agricoles de l?Etat et Nuhu Turaki, directeur général du Jigawa Cotton Company, ont également fait le déplacement.

Le Jigawa est un des 36 Etats de la République fédérale du Nigeria. Il est douze fois plus grand que Maurice et trois fois plus peuplé. Son atout principal demeure une main-d??uvre peu qualifiée mais abondante. Il dispose de deux des plus grands barrages d?Afrique qui stockent 80 fois le volume de Mare-aux-Vacoas. Le Jigawa est un état agricole avec un climat chaud et des terres appropriées, que l?état est prêt à concéder aux investisseurs.

Le Jigawa a pris une option sur la canne à sucre. Il pense y consacrer quelque 60 000 hectares contre les 10 000 hectares actuels. Mais il ne possède pas d?usine sucrière. Le Nigeria importe son sucre du Brésil. L?Etat travaille à la consolidation de cette industrie depuis trois ans. Au début de 2000, le gouverneur du Jigawa s?est déplacé en personne pour jeter les bases d?un partenariat avec Maurice et les missions se sont succédé.

Le mois dernier, le Msiri a été invité à venir évaluer sur place le potentiel réel de cet État à produire le sucre. Le constat a été très positif. ?Les terres du Jigawa peuvent produire plus de 100 tonnes de canne par hectare. Les conditions pour le mûrissement de la canne sont idéales. On peut prévoir une productivité en sucre supérieure à 11 tonnes par hectare?, relève Jean-Claude Autrey, directeur du Msiri.

Le Jigawa peut fournir les deux millions de tonnes de sucre dont le Nigeria a besoin. Cependant, avant de cultiver la canne, il faudrait construire les usines. Le Msiri lui a recommandé d?approcher les sucriers mauriciens. Le Jigawa n?est pas réfractaire à l?idée. ?Nous aurons besoin de deux ou trois usines. Les investisseurs viennent de partout. Maurice trouverait sa place au Jigawa?, déclare Tijjani. Une forte délégation gouvernement-secteur privé l?a précédé. Elle a eu des pourparlers avec les gouvernants et les hommes d?affaires locaux.?La communauté d?affaires d?ici ne connaît pas beaucoup le Nigeria. Mais nous avons eu une réaction positive?, ajoute-t-il.

Le Nigeria, il faut le dire, a eu plutôt mauvaise presse récemment. Outre les problèmes de droits de l?homme, le pays se remet d?une élection présidentielle fort agitée. Le président Obassanjo a été accusé de fraude électorale. Les choses sont rentrées dans l?ordre, assure Tijjani.

Le Msiri poursuit malgré tout son projet de collaboration avec cet État. Samedi, il a signé un accord formel. L?institut mauricien vend des variétés au Jigawa et lui assure un encadrement technique ainsi que la formation des jeunes scientifiques du Jigawa Research Institute. Une première série de 25 variétés, développées en éprouvettes, a été expédiée samedi, juste après la signature de l?accord. D?autres lots suivront durant les deux ans à venir. Ces plantules seront acclimatées aux conditions nigériennes avant d?être cultivées. Le processus devrait prendre trois ans au moins.

Cette collaboration est la première du Msiri avec l?Afrique qui soit aussi structurée. L?Institut a été sollicité de manière ponctuelle par au moins 20 pays africains à ce jour. A travers ce rayonnement régional, l?institut espère atteindre une grande autonomie financière.

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