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Le navigateur en détresse n?a pas oublié
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Le navigateur en détresse n?a pas oublié
Genuino Madruga, marin d?origine portugaise, qui parcourt le monde sur son voilier le Hemingway, revient après sept ans pour dire merci. Et c?est pour une bonne raison : la dernière fois qu?il était dans l?océan Indien, une tempête avait endommagé son bateau et des pêcheurs l?avaient aidé à reprendre le large.
Il fait actuellement le tour du monde et il a tenu à mettre Rodrigues sur son itinéraire. Le 21 septembre 2001, le Hemingway arrive à Port-Mathurin. Le bateau avait essuyé une tempête dans cette partie de l?océan Indien. Il avait perdu un mât et l?île la plus proche n?était autre que Rodrigues. Genuino Madruga change alors de route. Il arrive tant bien que mal à bon port. Le Portugais rencontre alors Soudine, pêcheur très connu dans l?île, qui passe son temps sur la jetée du port. Entre hommes de la mer, le courant passe très bien. Le Rodriguais et d?autres pêcheurs bricolent un mât avec du bambou. Entre-temps, le Portugais visite Rodrigues. Les discussions sur l?autonomie vont bon train. Il se sent concerné puisque lui-même vit sur une île autonome : les Açores. Il assiste même à des réunions politiques où Il rencontre Nicolas Von-Mally avec lequel il développe des liens d?amitié. Celui-ci laisse quelques mots dans le livre de bord : «Amitiés sincères et espérant te revoir.»
Quelques jours plus tard, le voilier avec son mât en bambou navigue plein ouest pour se diriger vers Maurice. Le mât tient bon. Il fait le plein en vivres pour mettre le cap sur l?Ile de la Réunion. «Je naviguais difficilement mais le mât ne montrait aucun signe de faiblesse. Les pêcheurs avaient fait du bon travail», raconte-t-il. Finalement, il fait escale en Afrique du Sud pour réparer le mât.
Quand Nicolas Von-Mally avait souhaité le revoir en signant le livre de bord, croyait-il vraiment qu?il le reverrait ? Mais Genuino Madruga est un homme reconnaissant. Il est revenu dans ce port accueillant. Dès qu?il a mis le pied sur la jetée du port, il a cherché Soudine. La situation était drôle car le Portugais n?a pas une mémoire photographique. «Je me suis mis devant quelqu?un et lui ai lui demandé où se trouvait Soudine. Il a répondu : «c?est moi-même».
Comme une traînée de poudre, la nouvelle a vite fait le tour de la région. Le Portugais a rencontré plusieurs personnes qui l?avaient aidé à réparer son voilier. Puis il y a eu les retrouvailles avec Nicolas Von-Mally. Rodrigues avait changé. L?île avait eu son autonomie. «Je constate que les Rodriguais vivent quelque peu mieux qu?avant», constatera-t-il.
Le Hemingway a repris le large la semaine dernière pour affronter les océans. Genuino Madruga reviendra dans cette île qui l?a toujours accueilli à bras ouverts. Mais ce sera en avion car l?âge commence à prendre le dessus sur le vieux loup de mer.
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