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Le médaillé et le vaurien

23 août 2008, 20:00

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Le médaillé et le vaurien

Quand Navin Ramgoolam séjournera, à partir de la semaine prochaine, aux Etats-Unis, dans le cadre de la convention démocrate, sans doute se rendra-t-il compte que Bruno Julie vient de propulser Maurice sur la mappemonde, davantage que ces coûteux « roadshows » pour vendre le pays aux quatre coins du monde. Il suffit de taper le nom de Bruno Julie sur Google, ou tout autre moteur de recherche mondial, pour se rendre compte qu?il vient de mettre K.-O., en termes de visibilité sur la scène mondiale, notre sélection nationale de représentants politiques ou diplomatiques... avec une avance de plusieurs millions de pages Web !

Pour revenir à notre Premier ministre, il convient de souligner que ce déplacement pour assister à l?investiture de Barack Obama est un pari fort risqué. Dans le duel opposant celui-ci à John Mc Cain, rien n?est joué encore. La bataille est de plus en plus serrée. Les méthodes déployées lors de cette campagne, qui va encore s?intensifier après le choix des deux vice-présidentiables et la tenue des deux conventions nationales, s?avèrent de plus en plus musclées. Ici, à Washington DC, toute initiative, dans les deux camps, devient une arme stratégique : de la liste des invités, de la date et du lieu de chaque convention ? celle des Républicains aura lieu une semaine après celle des Démocrates. Jusqu?à preuve du contraire, il n?est pas dit que Ramgoolam assistera également à la convention des Républicains. Et si Mc Cain passe en novembre, on risque d?être singulièrement embarrassé puisque Ramgoolam, en voulant monter sur le podium, est en train de « take side » dans cette joute extrêmement serrée !

Et puis il y a Bert Cunningham, dont la sortie des locaux du « Central Criminal Investigation Department », est désormais sur « Youtube » (Ref : « http://www.youtube.com/ watch?v=C6-Klw370nQ »). Il ne passe pas par des contours diplomatiques pour dire ses cruelles vérités sur le sort réservé aux contractuels étrangers à Maurice. Il est triste de constater que des deux côtés, et la « Mauritius Revenue Authority » et l?ancien patron des douanes, on déballe tout sur la place publique. Un vrai match de boxe. Désormais, aucune clause de confidentialité n?est respectée. On anime une conférence de presse pour évoquer une négociation tenue « in camera ». On court à l?ICAC et puis on raconte fièrement ce qu?on a confié aux enquêteurs, en faisant fi des règlements, ou tout simplement du bon sens. Tout le monde semble être dépassé par cette escalade...

Encore plus triste de voir la récupération politique de toute cette affaire Cunningham. Au lieu d?attendre les conclusions de la police, à défaut d?une commission d?enquête, les vociférateurs du Parti travailliste clouent au pilori l?homme qui a doublé les revenus du pays ? dont une partie contribue à payer leurs salaires d?hommes publics. Cunningham n?est pas dangereux puisqu?il ne dispose d?aucun lobby socioculturel pour brandir des pancartes devant l?hôtel du gouvernement.

Alors les rouges profitent pour coller cette terrible étiquette sur le dos de Cunningham : « Zom Berenger sa ! » Lamentable, cette vieille tactique politicienne, qui vise à détourner le regard des graves accusations en y ajoutant une forte dose de coloration politique ou autre.

Cette semaine, nous avons connu l?euphorie avec Julie, un sentiment de bien-être collectif. Mais les dessous de l?affaire Cunningham viennent gâcher ce pur moment de bonheur. Ramgoolam, en route pour les States, ne devrait pas prendre à la légere le Canadien déchu. Car, comme Bruno Julie, il fera tout pour prouver, à la face du monde, qu?il n?est pas un vaurien... Et si sa stratégie consiste à attendre venir l?adversaire, comme notre magicien du ring, alors ça risque de faire mal, puisqu?il ne va plus prendre de gants !

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