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Le MSM se repense

17 avril 2004, 20:00

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Le Mouvement socialiste militant (MSM) n?est pas mort. Voilà, en résumé, ce que se proposent de démontrer les dirigeants de ce parti à l?occasion de son congrès d?aujourd?hui. Contrairement à son partenaire, le Mouvement militant mauricien (MMM), et son adversaire, le Parti travailliste (PTr), qui ont festivement invité leurs partisans en début d?année, le MSM est resté bien silencieux depuis décembre 2003, après sa défaite à la partielle de Piton-Rivière-du-Rempart.

Même son 21e anniversaire, le 8 avril, est passé sous silence, à la manière d?un deuil qui se prolonge. Ironie du sort, aujourd?hui c?est son candidat battu au n° 7, Prakash Maunthrooa, qui s?active à insuffler un nouveau dynamisme au sein du parti. « C?est clair qu?on a pris un coup psychologique en perdant un siège MSM. Mais cela doit être derrière nous, c?est l?avenir qui nous intéresse...» nous lance-t-il, derrière un bureau débordant d?invitations, de pamphlets, de posters, de questionnaires et d?autres documents relatifs au congrès. Le premier étage du Sun Trust Building est une véritable ruche depuis qu?il y officie comme secrétaire administratif.

Pour une « démonstrationde force »

Hier encore, il présidait au destin du port. Aujourd?hui, c?est le MSM qu?il est chargé de ramener à bon port, vers de meilleurs horizons. Au dernier sondage Synthèses-l?express, réalisé en février 2004, le MSM touchait le fond : seulement 10 % d?intentions de vote, contre 19 % en avril 2003. Un score que le parti conteste. C?est pourquoi l?organisation d?aujourd?hui s?attelle à réunir une bonne foule. « On veut réussir une démonstration de force, pour prouver que le MSM est toujours un grand parti, un parti d?avenir », martèle Prakash Maunthrooa.

Il vient de compléter un bulletin de santé des différentes régionales et son rapport sera examiné le 24 avril par le bureau politique. Les grands axes sont la consolidation des différentes structures, surtout des ailes jeune et féminine, le recrutement de sang neuf et l?amélioration de la communication (conférences de presse, lancement d?un site web, distribution de posters, etc?)

« Notre but, c?est d?accentuer la présence du parti au niveau de l?électorat en mobilisant nos militants au sein de nos différentes instances », explique le secrétaire général Nando Bodha.

La direction du MSM est tout à fait consciente qu?il y a eu rupture avec sa base, que des ministres ne vont plus dans leurs circonscriptions respectives à la rencontre de leurs mandants. Au n° 17, le député Gérard Paya ne cache pas que tout est mis en oeuvre pour réactiver les branches et galvaniser les partisans : « Nous avons organisé un congrès régional à Curepipe pour préparer celui de dimanche (NdlR : aujourd?hui). On doit envoyer un signal fort pour remotiver tout le monde. »

Si le MSM a le moral et la cote bas, c?est sans doute qu?il paie aujourd?hui le vide laissé par son leader historique, Sir Anerood Jugnauth, qui a pris sa retraite politique en septembre dernier.

L?ancien Premier ministre a réalisé avec le MSM des miracles dont lui seul a le secret. À partir d?une émanation du MMM en 1983, il en a fait un parti qui est resté 13 ans au pouvoir. Pourtant, le parti a toujours été un partenaire minoritaire en termes de pourcentage, avec un plafond autour de 20 % entre 1987 et 1991 (ses meilleures années). Mais Sir Anerood l?a toujours positionné, au gré des alliances et mésalliances, comme partenaire majoritaire du gouvernement. Pour cela, le leader, libre du joug de Paul Bérenger, a joué de son pragmatisme et de ses succès économiques.

Sir Anerood en retrait au Réduit, c?est son fils Pravind qui tient les rênes du MSM. Il n?a pas encore l?expérience de son père (40 ans de politique active). Lui, il n?en est qu?à sa première législature. Et il est déjà vice-Premier ministre et ministre des Finances.

Pour vendre son parti, Pravind Jugnauth évoque le bilan des années SAJ. Entre-temps, on façonne son image :

« Une force tranquille ». Au Sun Trust, l?on dément avec vigueur les rumeurs de rapprochement du MSM avec le PTr. « Si Pravind aspire à être Premier ministre, c?est en restant avec Paul Bérenger qu?il réunit les meilleures chances. Avec Navin Ramgoolam, il aura à attendre longtemps...» confie un ministre MSM.

« Dans politique, jamais dire jamais »

Cette analyse n?est pas partagée par un député MSM d?une circonscription rurale, qui affirme qu?il ne faut pas écarter totalement tout accord avec les rouges. « Dans politique, jamais dire jamais.» La vérité, c?est que le PTr est plus fort que le MSM en milieu rural, d?où sa crainte et celles, non divulguées, de certains MSM.

La dichotomie au sein du parti est la suivante : rester avec le MMM, ce qui serait bénéfique pour la carrière de Pravind Jugnauth ? position adoptée par une majorité ? ou s?allier avec les rouges pour ne pas être battus dans des circonscriptions précises, pour la survie du parti mais au détriment du leader.

Pravind Jugnauth est conscient de la présence d?une minorité parmi les siens qui ne se soucie que de son propre sort. Il s?est par conséquent entouré d?une garde rapprochée, qui gonflera avec l?arrivée d?autres jeunes. Il assure sa survie, celle du MSM également, et attend. Il a le temps. Il n?a que 42 ans, Bérenger en a 59.

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