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Le monde de Narnia, chapitre 2 : Le Prince Caspian

15 août 2008, 00:00

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On imagine sans peine les grands pontes des studios Disney se frottant les mains par joyeuse anticipation devant le projet d?une adaptation des Chroniques de Narnia de C.S Lewis. Voilà une histoire de créatures magiques et de héros dans un monde enchanté, susceptible d?attirer une foule de tous jeunes spectateurs qui devront forcément être accompagnés de leurs parents, dans les salles. Ces derniers ne resteront pas indifférents devant les paysages ou les scènes de poursuites et de batailles. Et, qui plus est, toute la saga comporte, au bas mot, une bonne douzaine d?épisodes, qui seront sûrement adaptés pour le cinéma. Un bon filon ou «pié diri», exploitable pour encore au moins une bonne douzaine d?années.

Quelqu?ait pu être le cynisme imputé à ces gens, force est de reconnaître qu?à ce jour la marchandise livrée a été non seulement de qualité, mais aussi conforme aux promesses de vente. Retrouvant les enfants Pevensie, Peter / William Moseley, Susan / Anna Popwell, Edmund / Skandar Keynes et Lucy / Georgie Henley pour les nommer, un an après leur première aventure, Le Prince Caspian, signé Andrew Adamson, les ramène au royaume de Narnia où plus de mille ans se sont écoulés depuis leur ascension sur les quatre trônes de Cair Paravel. C?est également ce que fait au sens propre le personnage-titre Ben Barnes, cela d?une manière spectaculaire, qui ferait rêver bien des usagers du métro de Londres. L?émerveillement de la découverte cède ici la place à une tension installée dès le début, le film mettant d?emblée le spectateur au centre d?une lutte de pouvoirs avec un complot, des assassins, un fugitif, des résistants, etc. Les enfants se retrouvent en train d?arpenter une magnifique plage alors qu?ils se rendaient à l?école. Ils redécouvrent leur ancien royaume et à l?exception de la benjamine, prennent activement part à un soulèvement armé contre un infâme tyran.

En supposant que nos écoliers rêvent à autre chose que de posséder un 4x4 fumigène ou une voiture bruyante, Le Prince Caspian, a un côté «rêve d?écolier» qui est des plus sympathiques. Cela d?autant plus qu?en sus des animaux parlants et des créatures mythiques, le rêve comporte de belles bagarres, de beaux duels à l?épée, une scène de bataille bien réalisée et des souris ninja menant une action commando chargée de suspense. Ce sont autant de moments forts qui s?enchaînent sans temps mort, avec de temps à autre un moment d?humour ou un magnifique paysage pour dissiper la tension; rien que pour la faire monter d?un cran l?instant d?après. Rien que du convenu, certes, mais mis en scène avec talent, inspiration et un bon usage de l?imagerie numérique au service du récit.

À ce petit paragraphe de compliments aurait dû s?ajouter quelques mots sur les performances fort convaincantes, dans les limites du scénario et des dialogues, des jeunes interprètes. L?écrivain C.S Lewis débordait de ferveur chrétienne dans ses écrits. Et, en partenariat avec les studios Disney pour la production des Chroniques de Narnia, il y a certains groupes fondamentalistes chrétiens d?Amérique. Ce qui fait que Le Prince Caspian, un film de commande, est parsemé de références judéo-chrétiennes, notamment sur la légitimité du pouvoir et la foi absolue. Propos qui, étant directement destinés aux enfants, sont assénés avec lourdeur, à travers le personnage de la petite Lucy. Le spectateur constatera aussi que dans cette histoire, les affreux sont de race hispanique et les héros, des anglo-saxons bon teint.* On pourra s?attarder sur ces éléments et bouder le film ou alors en faire abstraction et le considérer uniquement comme un divertissement efficace.

GN.

  • C S. Lewis, écrivain irlandais (1898 - 1963) semble avoir partagé avec son ami J RR. Tolkien cette notion de la supériorité de la race Anglo-saxonne.

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