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Le MMM laisse échapper 10 sièges municipaux sur 126

25 décembre 2007, 00:00

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En ce jour de Nativité et de réjouissance, et pas seulement chrétienne, faisons une fleur au MMM et basons-nous sur la presse mauve de l?époque pour rappeler sa victoire aux élections municipales du 12 décembre 1982. Le Militant Nouveau titre donc sur cette victoire mauve dans nos cinq municipalités. Et, en 1982, la couleur mauve est assurément mauve et non pas un mauv...ais bleu délavé ou rose blanchâtre, auxquels nous avons droit, chaque vendredi, en 2007, en achetant notre Militant (qui n?est plus nouveau comme l?...ancien de 1982). Ce quotidien mauve surtitre : Les municipales reconfirment la prédominance du MMM. Il sous-titre : Duval battu à plate couture à Curepipe. Il fait aussi le décompte : Le MMM enlève tous les sièges dans trois municipalités. Cela laisse comprendre qu?il laisse sept sièges au PTr à Vacoas-I et trois autres au PMSD à BBRH-III

Même Le Socialiste du PSM et Advance de Geejapersad Ramloll admettent ce contrôle mauve sur nos cinq municipalités. Mais le journal ramgoolamien s?estime tenu de préciser que 10 nouveaux conseillers non militants (sept travaillistes à Vacoas-I et trois bleus à B.-Bassin) pourront contrôler ce contrôle municipal mauve. La presse indépendante renchérit en précisant que ce contrôle contrôlé est néanmoins absolu. Il n?y a donc que l?express, plus négatif que jamais, pour titrer sur les dix sièges que le MMM de Bérenger laisse échapper à ses adversaires.

Mais avant de parler de victoire mauve aux municipales de la mi-décembre 1982, il faut signaler que l?électorat urbain boude ces élections réchauffées, que deviennent les municipales. Cette regrettable tendance, car anti-démocratique, ne peut que s?amplifier, à présent qu?elles ont lieu chaque lustre et qu?elles perdent toute importance aux yeux du public. Elles ne peuvent, en effet, échapper au sillage des législatives, victoire pour les uns et caro cannes pour les autres. A ce jour, aucun parti n?a eu l?intelligence requise pour animer sa campagne électorale législative, par une double équipe de candidats : les aspirants aux trois tickets législatifs et ceux aux tickets municipaux disponibles dans chaque arrondissement. L?idée n?est peut-être pas aussi saugrenue que cela peut paraître. A chaque aspirant candidat, pour l?une ou l?autre élection, d?organiser le plus grand nombre de congrès nocturnes réussis car rassemblant plus de cent personnes (enfants et étrangers à la circonscription non compris). La promesse que le meilleur aspirant municipal pourra éventuellement obtenir le troisième ticket législatif disponible pourrait galvaniser autant les uns que les autres. Rassurez-vous ! Les chances que des politiciens retiennent une suggestion d?un simple journaliste sont aussi minces que les espoirs de la CWA qu?il pleuve des hallebardes en cette Nativité 2007. Dieu sait pourtant combien notre sol aride et brûlant a soif d?eaux pluviales.

Seulement 44 citadins sur 100 remplissent leur devoir civique en ce deuxième dimanche de l?Avent 1982. C?est vrai qu?ils n?attendent pas grand-chose de ces municipales, après le 60-0 du 11 juin 1982. Les précédentes municipales datent du 24 avril 1977. Pour avoir une idée plus exacte de la bouderie électorale de décembre 1982, sachez qu?en avril 1977, ils sont sept électeurs sur dix à remplir leur devoir civique. En décembre 1984, on compte donc 56 abstentionnistes contre 44 votants pour chaque centaine d?électeurs inscrits. Il n?y a qu?un politicien à ne pas s?effrayer d?un tel désintérêt pour la res publica municipale. La raison en est qu?un politicien est souvent un antidémocrate qui refuse de l?admettre.

Le score du 24 avril 1977 est également nul, soit 63 sièges pour le MMM et 63 pour l?alliance PTr/PMSD. Le MMM contrôle trois municipalités sur cinq, laissant Quatre-Bornes, la ville des fleurs fanées, au PTr et Curepipe aux bleus du PMSD. Le «également nul» se réfère au résultat nul des législatives du 21 décembre 1976 : 30 sièges au MMM contre 25 au PTr et 5 au PMSD, laissant l?arbitrage aux deux sièges rodriguais, remportés, non pas par l?OPR alors naissant de Serge Clair, mais par deux PMSD : Cyril Guimbeau et Nicol François.

L?express, plus insolent que jamais, légende ainsi un cliché en Une, montrant la cour d?une école-bureau de vote déserte à l?exception d?un seul quidam. La légende fait dire à un préposé de la commission électorale, embusqué dans une des salles de classe cum isoloirs : Eh ! zotte ô ! Vine guetté ! Ene lélectère fine vine voter !

Guère d?intérêt ni d?enthousiasme donc pour les municipales de décembre 1982. Ils cèdent la place à une apathie caractérisée. L?express se console toutefois en rappelant que, lors des municipales de 1969, en raison d?un scandaleux arrangement préélectoral PTr/PMSD, pleinement justifié toutefois par l?urgent besoin d?une coalition politique pour assurer le démarrage de notre développement économique, le taux d?abstention fut de 60,26%.

Curepipe est, comme en 1977, la plus respectueuse du devoir civique, avec un taux de participation de 52,28% (moyenne générale de 43,89%) contre un de 75% en avril 1977 (moyenne de 70%). Port Louis et BBRH se disputent le titre peu enviable des pires abstentionnistes : BBRH-I et III : 35%, PL-VI : 32,3%, PL-IV : 28,8%.

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