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Le ministre divulgue la loi de Finances 2005

27 janvier 2005, 00:00

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Ahamadi Abdoulbastoi le ministre des Finances a dans son discours de présentation du projet de budget pour l’exercice 2005, regretté que les Comores n’aient pas bénéficié de l’aide internationale alors que des États confrontés à des situations similaires ont pu recevoir l’appui du concert des nations. Le journal Al Watwan relève que pour le ministre, la rupture de la coopération entre Moroni et les institutions de Bretton Woods a fortement sapé les efforts du gouvernement en matière de redressement économique. La conférence des bailleurs de fonds prévue à Maurice pour insuffler un bol d’air frais à l’économie nationale a été vite enterrée…

Le chef de l’État, lors de sa visite aux États-Unis en novembre dernier, a toutefois réussi à négocier avec le directeur général du Fonds monétaire international (Fmi) un programme de surveillance devant, si les choses évoluent positivement, déboucher sur un programme formel. Selon le ministre des Finances, il s’agit là d’une “chance inespérée”, d’une opportunité en or pour bénéficier à terme du concours de la communauté internationale et de l’Initiative Ppte (pays pauvres très endettés). “Le pays n’est pas en mesure de générer suffisamment des ressources pour prendre en charge les besoins immenses des nouvelles institutions” a reconnu Abdoulbastoi. Il appelle donc à une union sacrée des différentes entités (îles et Union) pour sauver ce qui peut encore l’être.

Le criminel est tout désigné : cette crise séparatiste qui a plongé le pays dans une instabilité institutionnelle des années durant. Et le ministre d’ajouter : “A un moment où des pays qui avaient la même situation que la nôtre parlent d’industrialisation, de technologie avancée et de croissance à deux chiffres, la sanction pour les Comores s’est traduite par une incapacité à faire face aux besoins élémentaires de la population.” Un langage sans faux-fuyants, direct qui se veut surtout incitatif, non moralisateur.

<B>Faire de 2005 l’année de tous les espoirs</B>

Pour Ahamadi Abdoulbastoi, la loi de finances s’inscrit dans le cadre du retour à l’équilibre budgétaire. Elle veut surtout restaurer la crédibilité de l’État auprès de ses créanciers intérieurs et extérieurs et impulser une politique de croissance économique soutenue. C’est ainsi qu’il espère un taux de croissance de 3 % en 2005 contre 1,1 en 2004, une inflation de 3 % contre 4,3 l’année précédente. Des objectifs qui dictent l’adoption d’une politique budgétaire rigoureuse.

Le ministre a déjà fait part d’un certain nombre de mesures qu’il envisage de mettre en œuvre dans les plus brefs délais : généralisation de l’utilisation des timbres fiscaux pour la délivrance des actes administratifs, le maintien de la douane unique, l’harmonisation du tarif douanier sur l’ensemble du territoire, la taxation forfaitaire des conteneurs de groupage “quelle que soit leur provenance”…

Le patron des Finances entend aussi instaurer un système de suivi des recettes au niveau des directions générales des Impôts, renforcer le contrôle fiscal, reformer la fiscalité des filières agricoles,…Une des mesures les plus énergiques du ministre reste le remplacement de la taxe à l’exportation de 5 % sur la vanille par une taxe spécifique intérieure fixée à 350 par kg de vanille verte. La taxe sur le riz ordinaire est supprimée; elle est cependant maintenue sur le riz de luxe pour le financement de l’Université et sera donc transférée automatiquement dans le compte de l’administration universitaire.

Pour compresser, autant que faire se peut, les dépenses publiques, Abdoulbastoi a également envisagé d’adopter une batterie de dispositions qui vont de l’harmonisation des nomenclatures budgétaires et comptables à la refonte des cadres organiques en passant par la mise en place d’un code de marchés publics,…

Ce plan d’action s’inscrit dans la volonté du chef de l’État de faire de 2005 l’année du développement… et de tous les espoirs.

REPÈRE

• <B>Anjouan. Pénurie de pétrole lampant.</B>

Depuis déjà trois semaines le pétrole lampant accuse une pénurie dans l’île. Et puisque son utilisation est devenue très courante et indispensable, des réseaux de contrebande poussent comme des champignons.

Un litre de pétrole lampant vendu au marché noir à 750 F comoriens, c’est du jamais vu. Et pourtant des groupes de contrebandiers s’adonnent avec frénésie à ce genre de commerce qui leur apporte gros. Pour l’éclairage nocturne des ménages, les parents, ne sachant que faire, délient difficilement la bourse. Le nouveau calendrier de délestage adopté par les responsables de la société d’électricité n’est pas non plus de nature à favoriser les choses. Parce que l’un des groupes électrogènes de leur centrale a rendu l’âme, les responsables de l’EDA fournissent l’électricité à ses clients une nuit sur deux de 18 h à minuit.

Dans les cuisines, les fagots et le charbon de bois remplacent, tout naturellement, le pétrole lampant. Et là encore, il y a des gens qui ont trouvé des débouchés juteux. Elles sont, en fait, de plus en plus nombreuses les personnes qui préparent et vendent le charbon. En conséquence, les arbres sont abattus à rythme qui aurait effrayé les écologistes. Et si cette cadence continue, l’environnement risque de prendre un sacré coup. Et les efforts de reboisement déployés ces dernières années seront anéantis.

<B>Al Watwan</B>

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