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Le mari de Sweety met en cause une secte
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Le mari de Sweety met en cause une secte
Impavide, voix monocorde, regard froid, Roy Gunputh raconte les derniers moments vécus avec sa femme et ses filles, décédées dans l?immolation collective de Quatre-Cocos. Il a été interrogé, hier, par les enquêteurs. D?emblée, il remet sur le tapis la piste de secte, écartée par la police. Il dément, d?autre part, les accusations de violence contre Sweety.
Le 31 décembre, comme à l?accoutumée, la famille de Roy Gunputh réveillonne à Quatre-Cocos. Et le lendemain, avant qu?il n?aille travailler à la Special Mobile Force, il les accompagne au temple du village pour les prières.
Pour des raisons professionnelles, l?époux se rend à son travail plus tôt, non sans avoir demandé à ses filles, Preety, Priya et Anjali, ce qu?elles feraient pendant la journée. ?Elles m?ont expliqué qu?elles regarderaient des films, que j?avais pris au vidéoclub, tout en mangeant des pistaches bouillies. Et qu?ensuite, elles feraient la fête.?
Une fois au bureau, il tente de se mettre en contact avec sa famille, sur le téléphone cellulaire qu?il a offert à Sweety. En vain. Vers 13 h 30, il est alerté par son frère : sa maison est en feu. Sur les lieux, où il se rend aussi vite que possible, il fait une découverte macabre.
Qu?est-ce qui motive cette tragique fin? La réponse réside dans le fait que son épouse fréquentait depuis quelque temps une secte. Tout est pour le mieux pour cette famille, jusqu?au dernier trimestre 2004. C?est alors, relate Roy Gunputh, que Sweety se joint à ladite secte ayant un lieu de culte dans le village. Dès ce jour, son attitude change radicalement.
D?emblée, indique le veuf, Sweety met au rancart tout symbole évoquant les croyances de son époux, cela en dépit des mises en garde de Roy Gunputh. Au début, souligne-t-il, il tente de convaincre sa femme de cesser de fréquenter la secte. Mais face à l?intransigeance de Sweety, ajoute-t-il, il la tolère. D?ailleurs, il l?accompagne, de même que ses filles, au lieu de culte de ladite secte, la veille du drame.
Les habitudes ayant changé, Roy ne peut fumer ou consommer des boissons alcoolisées dans sa maison, sans que sa femme ne l?accable de remontrances. Idem pour les moments qu?il passe avec ses trois filles.
Princesses du quartier
Ses voisins, les Catherine, corroborent cette version. Lors de la fête de Divali, disent-ils, Sweety leur aurait remis la totalité des sucreries que son époux avait rapportées à la maison. Contrairement aux accusations des proches de Sweety, indiquent les voisins, les trois filles du couple étaient les princesses du quartier, toujours bien habillées. Souvent, elles leur rendaient visite.
Pour ce qui est des allégations de brutalité à l?égard de sa défunte épouse, Roy Gunputh réplique que si tel avait été le cas, Sweety se serait munie de la fameuse Form 58 afin de porter plainte. Or, souligne-t-il, cela ne s?est jamais produit.
Les clés de la résidence ont été restituées aux Gunputh dans la journée d?hier. A l?intérieur, l?arbre de Noël est intact, paré de boules décoratives et de guirlandes éclatantes. Le carrelage, nouvellement posé, est recouvert d?une mince couche de suie. L?odeur de pétrole lampant n?y est plus.
Dans une chambre, jonchant le sol, des boîtes de conserve, des sacs de riz, de l?huile végétale et autres comestibles. Un des proches ouvre les portes du réfrigérateur, plein à craquer. Cinglant démenti aux allégations à l?effet que Sweety et ses filles ont quémandé, jadis, de la nourriture au voisinage, vivant dans une maison sans électricité?
CONTRADICTIONS
Femme battue ?
■ La ministre de la femme, Arianne Navarre-Marie, est formelle : Sweety Gunputh, néé Bahadoor, n?a jamais fait de demande de ?protection order?. Un officiel du ministère avance un point qui contredit les dires de la famille Bahadoor, selon lesquels la jeune femme de 27 ans s?était immolée avec ses trois filles Preety, Priya et Anjali parce qu?elle était une femme battue. ?Si une habitante de Quatre-Cocos devait faire une demande de protection order, cela se serait fait dans notre Family Support Bureau de la localité. Or, il n?y a jamais eu une telle demande.? Il semblerait aussi que la jeune femme avait déjà porté plainte contre son mari aux postes de police de Centre-de-Flacq et de Belle-Mare. Mais l?officiel du ministère insiste : ?On l?aurait su si tel était le cas puisque les cas nous sont référés.?
La demande de ?protection order? se fait à la police. Le ministère de la femme est contacté et la femme en question doit ensuite jurer un affidavit et se présenter en cour pour que l?affaire soit entendue. Cela peut prendre plusieurs mois et entre-temps, la femme n?a souvent d?autre solution que de regagner le toit conjugal. Elle prend alors le risque d?être battue à nouveau? ?Oui mais elle peut nous appeler si tel est le cas et nous faisons le nécessaire?, affirme l?officiel du ministère.
Par contre, la Child Development Unit (CDU) a reçu une plainte concernant les enfants de Sweety Gunputh. Nous n?avons pas été en mesure de savoir avec certitude qui a logé la plainte, hier étant jour férié. L??Ombudsperson for Children?, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, affirme n?avoir jamais été contactée mais explique que la CDU peut être contactée directement dans des cas de maltraitance. Elle précise que dans le cas d?une affaire de police, c?est celle-ci qui alerte la CDU.
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