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Le marché du yaourt a du pot

29 avril 2004, 20:00

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La guerre du yaourt est ouverte. Le groupe Happy World Foods (HWF) a déclenché les hostilités en commençant à commercialiser depuis le début de la semaine une gamme de nouveaux yaourts issus de son usine flambant neuve de Phoenix.

La bataille commerciale qui s?annonce a pour cible le leader du marché, Maurilait. Le fabricant de Yoplait occuperait environ 90 % du marché du yaourt. Le troisième opérateur, la Laiterie de Curepipe, et sa marque Mamie Nova, obtient quant à lui entre 5 et 10 % du marché.

Les consommateurs, qui engloutissent quelque 4 000 tonnes de yaourt annuellement, auront désormais un choix élargi, non seulement en termes de marques mais aussi en termes de produits et de parfums différents. Et HWF n?y va pas? avec la petite cuillère. Il a en effet investi Rs 90 millions dans sa nouvelle laiterie, laquelle est entièrement automatisée et emploie une soixantaine de personnes.

Pour tous les goûts

Que ce soit nature, aromatisé ou aux fruits, le choix de yaourt proposé par le groupe est grand. Celui-ci commercialise également des yaourts à boire, nature, aromatisé, aux fruits ou même aux céréales.

La laiterie sera également la première à produire du ?dairy-fruit mix?, un panaché de jus de fruits et de lait. La gamme se complète par quatre ?energy drinks?. Dans un avenir proche, l?entreprise compte aussi produire du lait aromatisé en bouteille ainsi que du lait stérilisé à longue durée de conservation. Le yaourt est commercialisé sous la marque Dairyvale et le yaourt à boire sous celle de Kick Start.

Pour se lancer dans cette aventure, HWF a retenu les services de consultants de Dairy Connection, une entreprise sud-africaine produisant des yaourts pour Woolworths. ?Quand on connaît les exigences de qualité de Woolworths, cela veut tout dire?, commente Mubarak Sooltangos, directeur de HWF. Dairy Connection a apporté son savoir-faire et aidé au choix des équipements et à l?élaboration des produits. La firme de consultants a également fourni les matières premières.

HWF affiche la confiance tant il est sûr que la qualité de son produit fera la différence. La laiterie ambitionne d?ailleurs d?arriver à une production de 1 500 tonnes de yaourt dès la première année. L?objectif est de prendre rapidement 25 % de parts de marché. En s?alignant sur les mêmes prix que les yaourts de marque Yoplait, HWF identifie clairement sa cible.

Reste à savoir quelle sera la réaction de Maurilait, qui ne restera sûrement pas les bras croisés. Bénéficiant d?une marque forte et internationale (Yoplait), Maurilait a de solides atouts pour répondre à la nouvelle concurrence. Sa longue présence sur le marché lui a donné un ancrage tel que dans le vocabulaire local, Yoplait est devenu synonyme de yaourt.

Du bio-actif pour un meilleur transit

Conscient de ce fait, HWF compte investir gros pour installer ses nouvelles marques. Le groupe a prévu un budget marketing de Rs 3 millions rien que pour la campagne de lancement.

HWF aurait en outre pu s?associer à une grande marque internationale déjà connue, mais elle a préféré créer ses propres marques pour plus de sécurité. ?Comme cela, on ne pourra pas nous les enlever?, commente Mubarak Sooltangos. Et d?ajouter : ?HWF souffre du syndrome Red Cow.? Le groupe a effectivement été durement touché par la perte de cette marque de lait, qui représentait une part importante de son chiffre d?affaires.

HWF mise aussi sur la nouveauté du type de yaourt qu?il produit. ?La laiterie utilise une combinaison et une quantité de ferments pour ses yaourts uniques parmi les producteurs locaux?, explique le responsable de l?usine, Ali Noordally. Les yaourts de HWF s?inscrivent dans la tendance des yaourts bio-actifs dont la publicité vante les bienfaits pour le système digestif et immunitaire en général.

Outre son entrée sur le marché du yaourt avec sa nouvelle laiterie, HWF confirme donc sa stratégie de vouloir s?engager davantage dans la production, tout en maintenant son activité de distribution. ?La distribution devient de plus en plus difficile à cause de la concurrence. En entrant dans la manufacture de produits que nous pouvons nous-mêmes distribuer, nous bénéficierons de la marge du fabricant et de la marge du distributeur?, explique Mubarak Sooltangoss.

Cette stratégie devrait permettre au groupe de se refaire une santé financière.

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