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Le marché du ciment perturbé

9 janvier 2008, 00:00

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Janvier, habituellement un mois difficile pour les livraisons de ciment ? la distribution reprend tardivement ? voit cette année surgir d?autres obstacles. Le retard dans l?arrivée d?une cargaison de ciment à Port-Louis fait en effet craindre une nouvelle pénurie dans l?approvisionnement de ce matériau de construction. D?autant que le consommateur éprouve déjà des difficultés à s?en procurer.

Quant aux opérateurs, ils sont dans l?attente d?une augmentation de prix du ciment pour très bientôt. Une décision pourrait être prise au Conseil des ministres vendredi. Toutefois, à hier, aucune indication précise n?était disponible quant au montant de cette augmentation. Même si dans certains milieux, l?on avance que la State Trading Corporation a déjà fait ses calculs.

Entre-temps, le consommateur peine à trouver son ciment. Sanjay, qui construit sa maison à Péreybère, a fait le tour de la capitale et de Triolet, hier. En vain.

«Ce n?est que vers le milieu de la semaine prochaine que les quincailleries pensent obtenir du ciment sur le marché. Cela va encore nous retarder. L?an dernier, nous avions des pénuries de fer et du ciment, mais à des périodes différentes. C?est vraiment pénible ces pénuries qui reviennent à chaque fois», s?insurge notre interlocuteur.

La quincaillerie Khoodaruth à Rose-Hill, très fréquentée, confirme qu?il n?y a en ce moment plus de stock. Néanmoins, le responsable de ce point de vente estime que d?ici le 14, à la reprise de la distribution, les choses rentreront bien vite dans l?ordre.

La dernière distribution remonte au 28 décembre 2007. «C?est un problème récurrent en janvier. Mais les opérateurs, surtout l?un d?eux, est très régulier et comme nous sommes un de ses bons clients, nous pensons que nous aurons au moins une bonne quantité pour démarrer l?année», soutient ce préposé de quincaillerie. Sauf qu?il prévoit une ruée qui devrait bien durer quelques jours et qui risque de causer quelques perturbations temporaires au marché.

<B>Mesures urgentes</B>

Le directeur général de Lafarge (Mauritius ) Cement Ltd, Hedi Rafai, n?affiche pas le même optimisme. «Nous avons un stock très bas actuellement. Un bateau qui devait arriver dans quelques jours est retardé. Cette cargaison est de 20 000 tonnes.» En fait, c?est la cargaison de la State Trading Corporation, qui va prendre du retard. La cargaison devait arriver demain.

Du coup, les 15 000 tonnes que Lafarge (Mauritius) Cement Ltd souhaitait obtenir sont compromises. «Nous n?aurons que 10 000 tonnes et cela avec du retard. Du coup, nous avons pris des mesures urgentes pour combler le manque à gagner. Un bateau de 2 500 tonnes est arrivé. Le marché risque d?être tendu jusqu?au début de février.»

Pour le directeur général de Holcim (Mauritius) Ltd, Pascal Naud, le constat est tout autre : «Il n?y a aucun souci à se faire. Nous avons une cargaison qui arrive aujourd?hui. Et avec notre stock actuel, nous sommes confiants qu?à la reprise, il n?y aura aucun problème sur le marché.»

Pour ce qui est du retard du bateau, il estime que «c?est un retard de quelques jours et je ne crois pas que cela, va beaucoup perturber le marché. Ce sont des choses qui arrivent et il ne faut créer des problèmes là où il n?y en a pas. Chez nous, nos clients seront servis régulièrement une fois nos congés terminés.»

Le pays a besoin de quelque 650 000 tonnes de ciment annuellement. De ce chiffre, la State Trading Corporation importe 300 000 tonnes. Elle vend à chacun des deux opérateurs 150 000 tonnes.

Le reste des 350 000 tonnes est importé directement par les deux opérateurs. Lafarge Mauritius Cement Ltd occupe quelque 55 % du marché alors que Kolos Portland Cement, a lui, 45 %.

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