Publicité
Le marché du ciment perturbé
Habitant de Beau-Bassin, Prakash Daby, la trentaine a beaucoup de mal à achever la rénovation de sa maison. Lundi, il est revenu déçu de sa quincaillerie à Rose-Hill, où il n?a pas été autorisé à acheter plus de cinq pochettes, alors qu?il lui en faudrait plus d?une dizaine. C?est ce qu?a aussi vécu Emma, une habitante de Quatre-Bornes? Et il semblerait que cette situation concerne toute l?île. Une tournée dans les quincailleries, du reste, met au jour l?instabilité du marché. Celle-ci serait due, principalement au retard au niveau des livraisons de Lafarge (Mauritius) Cement Ltd.
Ce que confirme l?opérateur, qui occupe 55 % du marché. Le directeur des opérations, Vincent Lenette, note qu?effectivement, «nous n?avons pas travaillé la semaine dernière à cause d?un retard de notre bateau. Celui-ci est arrivé avec 3 000 tonnes dimanche. La fébrilité sur le marché est certainement due à ce retard».
En effet, le propriétaire d?une quincaillerie de la capitale, qui souhaite rester anonyme, explique que c?est ce retard dans les livraisons qui oblige les commerçants à «rationner les clients. Il y a bien du ciment mais les camions tardent et n?assurent pas normalement.» Et de préciser que «ce n?est nullement en vue des hausses de prix.» Une probable hausse du prix du ciment a en effet été évoquée la semaine dernière par Holcim.
«Ce n?est pas moi qui décide»
Vincent Lenette assure pour sa part qu?avec l?arrivée d?une cargaison de 6 000 tonnes aujourd?hui et d?une autre de 14 000 tonnes la semaine prochaine, la situation devrait retourner à la normale d?ici la fin de la semaine prochaine. Lui aussi se veut rassurant face à des consommateurs quelque peu inquiets : «Il ne faut pas qu?il ait une mauvaise perception que ce sont d?éventuelles hausses de prix qui provoquent cela. Nous ne savons pas s?il y aura augmentation ou pas. La STC vient de faire un appel d?offres et c?est à la suite de cela, que les prix seront fixés.»
La STC, comme Lafarge (Mauritius) Cement Ltd et Kolos Portland Cement (Holcim), importe du ciment. Vu qu?il s?agit d?un produit au prix contrôlé, les importateurs doivent aligner leur prix sur ceux de la STC.
Le pays a besoin de 650 000 tonnes de ciment annuellement. De ce chiffre, la State Trading Corporation importe 300 000 tonnes. Elle vend à chacun des deux opérateurs 150 000 tonnes. Le reste des 350 000 tonnes est importé directement par les deux opérateurs. Lafarge (Mauritius ) Cement Ltd occupe quelque 55 % du marché et Kolos Portland Cement le reste.
Par ailleurs, se fondant sur les tendances du marché actuel, le directeur général de Holcim, Pascal Naud, soutient que si du côté de sa compagnie «la livraison de 24 000 pochettes est assurée dans les meilleurs délais chaque jour», il y a cependant une hausse dans la demande actuellement. Et précise que «dans le passé, il y avait des attentes bien plus importantes qui n?avaient pas attiré l?attention. Le souci technique que connaît un des opérateurs est une chose qui arrive.»
Pascal Naud ajoute : «Quand j?ai expliqué que nous sommes en situation financière préoccupante due à différents coûts qui augmentent, certains ont interprété qu?il y aura une hausse du prix. Cela n?a pas manqué de créer un vent de panique et les personnes ont aussi constitué des stocks. Je n?ai pas dit qu?il y aura des hausses car ce n?est pas moi qui décide.»
Pascal Naud avait avancé, la semaine dernière, que la hausse de coûts d?opération, notamment le coût du sac, de l?électricité, du diesel, des salaires, des pièces de rechange, du fret maritime ainsi que la dépréciation de la roupie face au dollar ont amené à une situation préoccupante.
Publicité
Publicité
Les plus récents