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Le marché boursier en hausse mais la surchauffe guette

28 décembre 2006, 00:00

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La bourse mauricienne peut être qualifiée de bolide. La Stock Exchange of Mauritius (SEM) a connu cette année sa meilleure réalisation depuis son lancement en 1989. Le Semdex, le principal indice boursier, a progressé de 55 % depuis janvier. Le marché a bénéficié d?une conjoncture favorable, dont les fondamentaux robustes des grosses valeurs cotées et une migration des dépôts bancaires vers les produits d?investissement. Mais gare à la surchauffe.

Si le Semdex a fluctué entre 800 et 850 points durant les six premiers mois de l?année (l?indice a clôturé la séance d?hier à 1 196,72 points), il a pris une trajectoire de forte progression à partir de la mi-juin. Les mesures budgétaires, en particulier la décision du gouvernement d?introduire une taxe à la source sur les intérêts bancaires, n?y sont pas étrangères. Du coup, placer l?argent en banque perd quelque peu de son attrait au profit d?autres opportunités d?investissement.

?Il paraît que la bonne performance de la Bourse ces derniers mois est largement attribuable à une migration des dépôts bancaires vers le marché boursier. Les gens cherchent aujourd?hui des alternatives au dépôt bancaire?, explique Stéphane Henry, managing director de Investment Profesionnals (IPRO).

L?alternative traditionnelle au placement bancaire, en l?occurrence l?assurance-vie, n?offre plus, depuis le dernier budget, les avantages fiscaux. Sur ce plan, les produits d?investissement et l?assurance sont à pied d?égalité. L?argument de la liquidité, ainsi que la non-imposition des dividendes et de la plus-value (capital gains) sur les actions ont fait fléchir la balance en faveur de l?investissement en Bourse.

Mais ce phénomène de migration et de refuge n?est pas l?unique explication à la performance exceptionnelle de la SEM. Il y a aussi le dynamisme intrinsèque du marché boursier. Des sociétés à forte capitalisation ayant une incidence majeure sur les cours ont annoncé d?importants projets d?opération de capital.

<B>Investisseurs étrangers sur le marché local</B>

La Mauritius Commercial Bank (MCB), la State Bank of Mauritius (SBM), Ireland Blyth Ltd, National Investment Trust et Sun Resorts ont présenté à leurs actionnaires des programmes de restructuration. ?Il y a eu une vague de restructurations au sein de certaines sociétés phares et dont l?objectif est de créer de la valeur pour les investisseurs. Il y a aussi un regard positif sur l?évolution de ces sociétés de la part de leurs directeurs?, commente Sunil Benimadhu, chief executive de la SEM. ?Les sociétés cotées sont plus disposées aujourd?hui à se conformer aux normes de transparence et de divulgation d?information.?

La Bourse a aussi bénéficié d?un sérieux coup de pouce des investisseurs étrangers. ?Il y a un grand intérêt de la part des investisseurs étrangers pour le marché boursier local. Ils sont beaucoup plus concentrés sur trois titres, à savoir la MCB, la SBM et le NMH. Ils touchent également à quelques sociétés sucrières?, observe Swadicq Nuthay, senior fund manager chez ACMS Fund Management. Les valeurs sucrières sont très prisées malgré les perspectives peu brillantes de ce secteur. Les projets d?integrated resort schemes (IRS) ont beaucoup contribué à faire grimper la valeur de certains titres sucriers.

Les actions des hôtels sont en forte demande, non seulement en raison de leurs fondamentaux, mais aussi parce qu?elles présentent une opportunité aux investisseurs pour couvrir, dans une certaine mesure, des risques de change. ?Les opérateurs hôteliers génèrent leurs recettes en monnaies étrangères et profitent de la dépréciation de la roupie pour afficher des retours améliorés. Pour l?investisseur qui n?a pas accès aux devises pour se réfugier, l?achat des titres hôteliers est un moyen pour lui de compenser la chute de la roupie?, explique le senior fund manager de ACMS Fund Management.

Mais la belle performance de la Bourse risque de ne pas se poursuivre. Après une progression supérieure à 50 % en une année, le potentiel de croissance est plutôt restreint. ?Le marché devient cher. Il y a une surchauffe de certaines valeurs?, dit Swadicq Nuthay. Celui-ci met en garde contre une correction brutale des cours en rappelant l?expérience de 1998, lorsque la bourse a chuté lourdement après une belle envolée.

RÈGLEMENTS APPLIQUÉS

<B>Courts quitte la Bourse</B>

■ Dès demain, Courts ne sera plus coté en Bourse. Les autorités boursières ont décidé de l?enlever du marché, la compagnie n?étant pas en mesure de se conformer aux règlements de la SEM (listing rule 6.21) qui stipulent qu?au moins 25 % de l?actionnariat d?une société cotée doit être détenu par le public.

Or, après le rachat de Courts par British American Investment (BAI) en décembre 2005, ce dernier a décidé d?acquérir également les parts minoritaires de la société. Ayant complété l?opération, les parts de BAI dans Courts s?élèvent aujourd?hui à 99 %.

Le SEM et la direction de BAI ont tous deux émis des communiqués pour informer les actionnaires de la situation. ?Il est clair pour nous que le titre ne pouvait être sur le marché dans ces conditions?, explique Sunil Benimadhu. Les actions de Courts en Bourse étaient suspendues depuis un mois environ, durant l?opération de rachat des parts minoritaires.

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