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Le manque d?eau ralentit les investissements dans le Nord

2 juillet 2008, 00:00

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L?inquiétude grandit chez des gros planteurs du Nord en raison du manque d?eau chronique pour le secteur agricole. A en croire la Chambre d?agriculture, cela risque de compromettre les investissements prévus dans le secteur de l?irrigation.

Selon Jean Cyril Monty, responsable de la diversification à la Chambre d?agriculture, l?entrée en opération du Midlands Dam n?est venue régler que «partiellement» les pénuries d?eau rencontrées par le secteur agricole dans le Nord.

A son avis, les planteurs ont eu à faire face, trois ans de suite, à un système de quota durant la période sèche. Cela a eu des incidences néfastes sur le rendement additionnel attendu et, par ricochet, sur la rentabilité des projets mis en place, notamment au niveau des gros planteurs, en raison des lourds investissements requis.

«Nous sommes très inquiets devant la tournure des événements et les gros planteurs sont dans une situation où ils hésitent à investir dans les nouveaux projets d?irrigation dans les plaines du Nord. Ils ont encore 900 hectares à mettre sous irrigation, et cela nécessitera des investissements de l?ordre de Rs 250 à Rs 300 millions», dit Jean Cyril Monty.

«Le manque chronique d?eau durant la période d?étiage est tel qu?ils sont réticents à investir dans l?irrigation, étant donné qu?il est quasiment sûr que le manque d?eau dans la région Nord va s?aggraver sur le court terme», ajoute-t-il. «Avec la superficie déjà sous irrigation dans le Nord dans le cadre de la deuxième phase du Northern Plains Irrigation Project , les planteurs font face à une réduction significative de leurs besoins actuels».

L?Irrigation Authority compte aussi mettre prochainement en chantier les travaux en vue d?irriguer une superficie additionnelle de 1400 hectares appartenant aux petits planteurs. «Où trouver suffisamment d?eau pour irriguer toute cette nouvelle surface alors que nous sommes déjà dans une situation de pénurie? A cela vient se greffer le projet Tianli, qui sera alimenté par l?eau du Midlands Dam. Nous allons vers une situation où le secteur agricole sera davantage pénalisé».

<B>«L?aspect économique primera»</B>

Mais que pense Jean Cyril Monty de la décision du gouvernement de construire le Bagatelle Dam et d?agrandir le réservoir de la Nicolière, afin d?augmenter sa capacité de stockage et ainsi contrecarrer le problème de pénurie d?eau que rencontrent les secteurs agricole et domestique dans le Nord ? L?intéressé répond qu?il faut être «réaliste», car l?entrée en opération de toute nouvelle infrastructure pour fournir davantage d?eau dans le Nord ne se ferait que vers 2012-2013.

«Pensez-vous que les planteurs, gros et petits, pourront attendre tout ce temps, surtout qu?à partir d?octobre 2009, le prix du sucre passera à Rs 12 500 la tonne contre Rs 18 000 la tonne en 2007? Nous craignons que d?ici là, de grandes surfaces agricoles ne soient consacrées à d?autres activités, malgré toute la bonne volonté des planteurs. Avant tout, c?est l?aspect économique qui primera».

Des mesures ont été prises par les propriétés sucrières pour une utilisation plus judicieuse de l?eau à un moment où la demande ne cesse d?augmenter. Aujourd?hui, la superficie totale du pays sous irrigation s?élève à 21 360 hectares, dont 75 % appartiennent aux gros planteurs.

Un récent recensement effectué parmi les membres de la Chambre d?agriculture fait voir qu?au cours de ces dix dernières années, l?ensemble des gros planteurs ont investi une somme de plus de Rs 750 millions de roupies dans la modernisation de leurs systèmes d?irrigation en ayant recours à des systèmes plus efficaces et performants et dans l?extension de la superficie irrigable avec ces mêmes systèmes.

Selon Jean Cyril Monty le mot d?ordre aujourd?hui est «une utilisation plus judicieuse de l?eau». Pour preuve, les systèmes d?irrigation d?appoint occupent présentement 70 % de la superficie irriguée des gros planteurs contre 40 % au début des années 90. Des 16 000 hectares de terres sous irrigation appartenant aux propriétés sucrières, il ne reste aujourd?hui plus que 4 000 hectares qui utilisent encore les systèmes conventionnels.

«Nous espérons que d?ici quelques années, cette superficie passera à 1 500-2 000 hectares, qui représentent essentiellement des terrains dont la topographie ne permet pas l?utilisation de certains types d?irrigation», fait-il ressortir.

Les chiffres officiels de la Water Resources Unit (WRU) montrent que l?agriculture utilise l?équivalent de 490 millions m3 d?eau, tant de surface que souterraine, aux fins d?irrigation. Ce chiffre représente environ 50 % du volume total de la consommation de l?île, alors que dans certains pays, l?eau destinée à l?irrigation peut représenter jusqu?à 70 % de la consommation totale.

«Au niveau de la Chambre d?agriculture, nous ne sommes pas d?accord avec le volume avancé par la WRU, car avec les changements climatiques enregistrés, bien moins d?eau est aujourd?hui disponible pour l?irrigation», précise Jean Cyril Monty.

Le Midlands Dam devrait permettre l?irrigation de 3 500 hectares additionnels sous NPIP 2, alors que le NPIP 1, qui concerne environ 2 000 hectares, est déjà opérationnel. Ainsi, à terme, 5 500 hectares des plaines du Nord devraient être irrigués.

S?agissant du NPIP 2, 1400 hectares de terres à cannes appartiennent aux gros planteurs et le reste des 2100 hectares aux petits exploitants agricoles. De ces 3500 hectares, 500 hectares appartenant aux gros planteurs et 700 hectares appartenant aux petits planteurs sont déjà sous irrigation.

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