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Le label Ralph Lauren interdit aux industriels mauriciens

28 février 2004, 20:00

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Soigner une image de marque peut coûter très cher. Surtout lorsqu?il s?agit de l?image d?un pays à l?échelon international. Maurice en a fait l?amère expérience cette semaine, dans le procès pour contrefaçon intenté par Ralph Lauren à certains manufacturiers mauriciens.

Le jugement est en effet favorable à la Polo Lauren Co. des États-Unis. Les industriels mauriciens ne peuvent désormais plus fabriquer des produits portant son logo.

« C?est un signal fort qui indique qu?à Maurice, on respecte la loi sur la protection de la propriété intellectuelle. Je félicite le juge Paul Lam Shang Leen. Maurice a rétabli son image de marque sur la scène internationale », explique Charles-Édouard Piat, président de l?Association des propriétaires des marques déposées.

Conséquences multiples</B>

Ce jugement vient ainsi classer Maurice au nombre des pays où la protection de la propriété intellectuelle, un des piliers de la politique de l?Organisation mondiale du commerce (OMC), n?est pas un vain mot.

Ce jugement intervient plus d?un an après la proclamation du Patents Industrial Designs and Trademarks Act et du Protection Against Unfair Practices (Industrial Property Rights Act). Cette nouvelle législation prévoit la protection des marques enregistrées ou non, des armoiries, des drapeaux, des emblèmes, ou encore des sigles d?organisations internationales. Le Protection Against Unfair Practices (Industrial Property Rights) Act définit tout acte contraire à des pratiques commerciales honnêtes et prévoit des sanctions pour les contrevenants.

Cependant les conséquences du jugement sont multiples. Ainsi, les Mauriciens ne peuvent plus fabriquer les produits portant le label Ralph Lauren sans avoir obtenu au préalable le feu vert des propriétaires. Ils ne peuvent pas non plus écouler les produits déjà confectionnés sans cette autorisation.

Si aucun accord n?intervient entre les Mauriciens et les Américains, il se pourrait qu?un stock de produits finis estimé entre Rs 300 millions et Rs 400 millions selon le président de l?Association of Textile Producers and Retailers (ATPR), Bishan Juddoo, parte en fumée. « Seul un moratoire peut nous sortir de la crise. Il nous permettra d?écouler les produits finis selon un calendrier décidé conjointement, de relancer notre programme de production et de le réorienter vers d?autres types de produits. Bref de limiter les dégâts », estime Bishan Juddoo.

Les Mauriciens sont actifs tant à Maurice qu?aux États-Unis pour arriver à un arrangement. Si la partie mauricienne garde l?espoir d?une solution qui lui semble indispensable, on ignore encore ce que pensent les Américains. « Je n?ai pas été autorisé à parler au nom de Ralph Lauren », souligne Sanjiv Goburdhun, représentant légal de la marque à Maurice.

Mais puisque bien souvent, un malheur n?arrive jamais seul, les Mauriciens doivent faire face à un autre problème : les difficultés à gérer la réaction des vendeurs de produits finis en attendant qu?un arrangement soit trouvé avec les Américains.

Les choses ont change

Vendredi, les représentants chargés de veiller à ce que les produits Ralph Lauren ne soient ni fabriqués ni commercialisés à Maurice étaient à Belle-Mare. Bishan Juddoo craint que certains vendeurs ne fassent de la résistance lorsque les autorités vont exiger le respect de la loi. Les membres de l?Association of Textile Producers and Retailers (ATPR) cherchent une formule pour éviter tout risque de dérapage dans ce domaine.

En 1999, il existait une situation où aucune décision administrative n?interdisait à quiconque de se lancer dans la production et la commercialisation des produits portant le label Ralph Lauren. Aujourd?hui, les choses ont changé. Les règles du commerce international ne sont plus les mêmes. La protection de la propriété intellectuelle, l?agriculture, les produits industriels sont les trois piliers de la politique de l?OMC.

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