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Le jeu politique
Le discours des politiques est trop souvent vide de sens. L?état-major des partis privilégie les petites phrases et la propagande aux dépens de la réflexion et l?analyse. Même quand l?actualité impose un sujet de débat évident, le sucre, on constate l?absence d?une bataille où deux visions s?affrontent.
Le week-end dernier, diverses personnalités, allant du Premier ministre par intérim au leader de l?opposition, en passant par les dirigeants des petites formations telles que le PMXD, le MSM et le parti d?Anil Bachoo ont fait des sorties publiques. Pourtant, on n?a pas entendu beaucoup de propos sur ce qu?il convient de faire pour redynamiser l?économie après le choc sucrier.
En particulier, le parti de Xavier Duval, qui porte son nom, a organisé dimanche un ?congrès? où les intervenants ont fait l?impasse sur les problèmes de fond affectant notre économie. Un congrès est, par définition, une occasion de prendre du recul sur l?actualité, de débattre de différentes conceptions de la société et d?en réaliser une synthèse. Chez nous, les partis politiques ont transgressé le sens des congrès. Ce vocable désigne en fait une manifestation en salle rassemblant quelques milliers de partisans transportés par autobus jusqu?au lieu du meeting et ensuite à la plage.
Le problème, c?est peut-être qu?aujourd?hui, les courants sont convergents. Du coup, les échanges se limitent à des querelles sans importance. Sur bien des sujets, les clivages ne sont profonds qu?en apparence. Une fois aux affaires, tous les partis procèdent de la même manière. Sur la question du sucre, l?alternance n?a guère changé les données. Les deux gouvernements ont essuyé le même échec. Chacun accusera la ?diplomatie économique? de l?autre plutôt que d?admettre que la petite île Maurice ne pouvait rien contre la baisse décidée par l?Union européenne.
Prenons un autre exemple : l?adoption de l??Integrated Resorts Scheme?. A sa dernière réunion, le cabinet a ?taken note that the Board of Investment would grant an Investment Certificate to Société de la Reserve for the implementation of an integrated development project, under the Integrated Resort Scheme at Flic en Flac.? Avant que le réalisme économique n?amène les travaillistes à accepter le principe du IRS, ils avaient avancé d?innombrables arguments, les uns plus absurdes que les autres, pour dénoncer ce concept initié par le MSM-MMM.
Dans l?opposition, le PTr qualifiait l?IRS de ?braderie du patrimoine mauricien aux étrangers?. Dans une interview accordée à l?express le 13 février, Navin Ramgoolam, alors leader de l?opposition déclarait son opposition formelle au projet : ?Nous ne voulons pas de villas de luxe avec des ghettos autour. C?est inacceptable et dangereux. Il y a déjà plusieurs plages auxquelles on n?a pas accès parce qu?il y aura des IRS à ces endroits. Nous voulons des investissements, certes, mais sans pour autant donner toutes les terres mauriciennes aux étrangers. Il y a des limites.
Je ne suis pas non plus d?accord que l?on obtienne un permis de résidence permanent et le droit de vote en échange de ce type d?investissement.?
L?expression d?un double langage pour satisfaire un électorat tenté par le populisme n?est pas le monopole d?un seul parti. Le leader du MMM vient de dire son indignation devant la hausse du prix du gaz ménager et menace de déposer une motion d?annulation de cette mesure au Parlement. Le refrain est bien connu. L?opposition, quelle qu?elle soit, a pour habitude d?imputer les hausses à une insensibilité du gouvernement. C?est la règle du jeu, peuvent arguer ceux qui voudront à tout prix excuser le MMM. Le drame c?est que certains agissent comme si la politique n?était précisément qu?un jeu.
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