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Le JEC exprime des craintes pour les producteurs locaux

5 avril 2005, 00:00

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L?industrie locale résistera mal à la baisse tous azimuts des droits des douanes. Telle est l?inquiétude de la principale organisation des opérateurs du privé, le Joint Economic Council (JEC). Car le vice-Premier ministre et ministre des Finances a annoncé hier un vaste chantier visant à transformer tout le pays en une zone hors taxes. L?ambitieux projet sera étalé sur quatre ans.

Mais le JEC prévoit une chute des barrières tarifaires sur les fabricants locaux. Ces derniers seront ainsi exposés à une compétition frontale avec les substituts importés. ?Les réductions initiales sont très élevées. Elles feront beaucoup de mal aux entreprises qui produisent pour le marché local?, commente Arif Currimjee, président du JEC. Il ajoute que l?industrie locale a été prise de court par ces baisses.

Les industriels s?étaient en effet montrés en faveur d?une libéralisation plus en douceur et étalée sur une plus longue période. L?industrie locale avait en outre entamé des discussions en vue de repousser les échéances de l?élimination des tarifs sous le protocole commercial de la Southern African Development Community.

Les secteurs de la bijouterie, des cosmétiques, de la maroquinerie, des vêtements et de l?agro-industrie, entre autres, seront les plus touchés. ?La transition aura un coût élevé. Il nous faudra savoir gérer cette phase transitoire?, déclare Raj Makoond, directeur du JEC.

Toutefois, malgré ces inquiétudes sur l?impact immédiat de cette stratégie sur les industries domestiques, le JEC estime que celle-ci va dans le sens d?une économie basée sur les services. ?Il y a une vision claire sur les services. Nous voyons cette orientation dans les mesures incitatives en faveur du knowledge hub?, affirme Arif Currimjee.

Mais les nouvelles opportunités avec l?avènement du paradis duty free et d?autres nouveaux créneaux ne sont pas suffisamment accompagnés par des encouragements à l?investissement. Le JEC avait suggéré la mise en place d?une plate-forme d?incitations communes pour stimuler les nouvelles activités principalement. Or, se plaint-il, le budget ne semble pas tenir compte de cette préoccupation.

Dette publique trop élevée

Le secteur privé accueille favorablement les efforts consentis par le gouvernement pour améliorer l?infrastructure destinée à mieux encadrer le développement économique. Les opérateurs privés pourront participer au financement de l?expansion et de la modernisation de l?aéroport, du port, et des infrastructures routières au moyen du plan public private partnership (PPP).

Le monde des affaires trouve aussi positif l?attention accordée à l?entrepreneuriat. La nouvelle ferme hydroponique à Belle-Vue est, aux yeux des opérateurs, une bonne initiative pour encourager les activités à haute valeur ajoutée par les petits entrepreneurs.

Autre source d?appréhension : l?état des finances publiques : le déficit budgétaire et la dette publique restent trop élevés. ?La durabilité de la dette et du déficit dans le long terme nous inquiète beaucoup surtout avec la baisse conséquente de recettes des droits de douane?, commente Raj Makoond.

Pas assez pour le tourisme, déplorent les principaux porte-voix du secteur privé. Le budget pour la promotion ne suffit pas. ?Il faudra plus d?efforts pour promouvoir le pays comme une île duty free?, fait ressortir Arif Currimjee. Le JEC se dit aussi déçu du manque de clarté au sujet de la politique aérienne.

Le porte-parole des opérateurs estime que Pravind Jugnauth a présenté un budget à forte connotation sociale. Le JEC affirme qu?il soutient l?initiative de créer un fonds spécial pour venir en aide aux licenciés. Les entreprises, dit-il, vont contribuer à ce fonds dans un souci de solidarité aux catégories vulnérables.

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