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Le Japon du début à la fin

20 août 2004, 20:00

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Avec les succès de Maki Tsukada (+ 78 kg) et de Keiji Suzuki (+100 kg), les épreuves de judo des Jeux Olympiques d'Athènes se sont achevées sur un doublé japonais, hier, à Athènes.

Au total, les compatriotes du mythique Yasuhiro Yamachita sont montés huit fois sur la plus haute marche du podium et à deux reprises sur la deuxième. Ils réalisent le meilleur total de leur histoire aux Jeux. Ils ont fait aussi taire beaucoup de spécialistes qui les voyaient en perte de vitesse.

Suzuki, 24 ans, champion du monde toutes catégories, n'a pas eu à douter pour prendre la succession du Français David Douillet, désormais à la retraite. Aucun de ses adversaires n'a trouvé la solution appropriée pour arrêter ce technicien hors pair.

Le Russe Tamerlan Tmenov, 27 ans, sa victime en finale, a été comme les autres. Après un peu plus d'une minute d'un affrontement qui a laissé les spectateurs sur leur faim, il a été puni à sa première erreur par un balayage d'école (de-ashi-barai).

Suzuki a d'autant plus de mérite de remporter les poids lourds que cette catégorie n'est pas la sienne a priori. Pour éviter la concurrence avec Kosei Inoue (-100 kg), il a grimpé en plus de 100 kg après le retrait de Shinishi Shinohara.

Mais parmi les mastodontes, avec seulement ses 110 kilos, il fait presque figure de gringalet. A l'inverse, sa vitesse et sa maîtrise technique sont sans égal, comme a pu notamment le constater à ses dépens l'Italien Paolo Bianchessi en demi-finale lorsqu'il a été fauché par une action de jambe (uchi-mata).

Les autres médailles sont revenues à l'Estonien Indrek Pertelson, 33 ans, et au Néerlandais Dennis van der Geest, 29 ans. Ce dernier a donné un peu de baume au coeur à son entraîneur de père, après la défaite la veille en match de classement de son frère Elco.

Côté féminin, c'était la Chinoise Sun Fuming, 30 ans, qui était attendue. Championne du monde en titre. Elle a dû se contenter du bronze. Ce strapontin sur le podium doit certainement être une déception pour elle, à l'inverse de la Russe Tea Dongyzashvili, qui a confirmé son rang aux Mondiaux d'Osaka (3e).

La Cubaine Dayma Beltran, 32 ans, qui était parvenue à renverser (tai otoshi) Sun se présentait alors comme la nouvelle favorite. Son expérience, son palmarès plaidaient en sa faveur, même si la Japonaise Maki Tsukada, 22 ans, s'était déjà mise en évidence aux Mondiaux-2003 en terminant deuxième.

Beltran plaçait d'ailleurs un balayage et obtenait un avantage important (waza-ari). Elle enchaînait parfaitement au sol pour conclure, mais elle commettait une erreur de débutante. Elle lâchait un peu la pression sur Tsukada qui se retournait et l'immobilisait par derrière (ushiro gesa gatame).

Tsukada, elle, ne faiblissait pas. Elle appuyait encore plus fort pour remporter son premier trophée majeur. Et compléter ainsi la folle collection de médailles et de kotinos, la couronne de branches d'olivier échue aux médaillés, de son pays.

Côté français, c'était Athènes, morne plaine. Eva Bisseni et Mathieu Bataille ont été éliminés respectivement par la Vénézuélienne Giovanna Jose Blanco et le Bélarusse Abdullo Tangriev. Avec une seule médaille, les Bleus réalisent les pires Jeux Olympiques depuis 1976. Et encore, à cette époque les femmes n'étaient pas au programme.

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