Publicité
Le gouvernement reporte de trente jours la loi martiale
Par
Partager cet article
Le gouvernement reporte de trente jours la loi martiale
La guérilla poursuit sans discontinuer sa campagne de violence en Irak, où quinze personnes ont été tuées jeudi, contraignant le gouvernement intérimaire à proroger de 30 jours la loi martiale qui lui confère des pouvoirs d?exception. L?attaque la plus sanglante s?est produite aux abords du ministère de l?Intérieur, dans le centre de Bagdad. Deux voitures piégées ont explosé près du bâtiment, tuant cinq policiers et faisant plusieurs blessés.
Sur son nouveau site internet, le groupe du Jordanien Abou Moussab Zarkaoui a revendiqué la responsabilité de cette attaque «contre le ministère collaborationniste de l?Intérieur et visant plus particulièrement le ministre». «Ce dernier a eu la vie sauve mais si une flèche a raté sa cible, notre carquois regorge d?autres projectiles de ce genre», avertit l?Organisation d?Al Qaïda en Irak.
Dix autres personnes ont été tuées à travers l?Irak dans des attentats suicide ou des affrontements entre insurgés et soldats américains. Alors que les tractations se poursuivent sur la formation du futur gouvernement issu des élections du 30 janvier, cette vague de violence incessante illustre les difficultés qui attendent la nouvelle administration, dont la tâche première sera de rétablir l?ordre.
Au cours d?un entretien téléphonique avec le Premier ministre Iyad Allaoui, le président américain George Bush a souligné «la nécessité que l?Iran et la Syrie s?abstiennent de toute ingérence dans les affaires intérieures irakiennes, notamment dans la formation du nouveau gouvernement», a indiqué Scott McClellan, porte-parole de la Maison blanche «Les dirigeants du gouvernement intérimaire en Irak craignent que l?Iran ne cherche à influencer la composition du gouvernement de transition», a-t-il ajouté.
UN GAZODUC VISÉ
Jeudi, Bagdad a prorogé d?un mois la loi martiale, décrétée pour la première fois en novembre avant l?offensive américaine sur Falloudja et reconduit depuis. L?état d?urgence restera en vigueur au moins jusqu?au 31 mars. Elle s?applique à l?ensemble du pays à l?exception du Nord kurde.
A Kirkouk, dans le Nord, deux Irakiens travaillant pour une société de construction liée à des entrepreneurs américains ont été tués par des insurgés, a déclaré la police. A Tikrit, au nord de Bagdad, un membre de la garde nationale irakienne a été tué et six autres ont été blessés par des hommes armés. Dans la même région, à Bakouba, un kamikaze s?est fait exploser à proximité d?une caserne de la garde nationale, tuant un civil et en blessant 14 autres. A Al Kaïm, ville proche de la frontière syrienne située à un demi-millier de km à l?ouest de Bagdad, trois personnes, dont une femme et un enfant, ont été tuées au cours d?une fusillade entre soldats américains et insurgés, ont déclaré des médecins de l?hôpital local.
Dans la capitale, la police a découvert les corps de trois hommes tués d?une balle dans la tête, les yeux bandés. On ignore l?identité des victimes et les motifs de ces assassinats. Les insurgés hostiles à la présence américaine en Irak s?en prennent régulièrement aux policiers et aux soldats irakiens, qu?ils accusent d?être à la solde de l?occupant. Des rebelles ont par ailleurs endommagé jeudi, près de Kirkouk, un gazoduc qui alimente la principale centrale électrique du pays, située à Baïdji. Les responsables du site ont été contraints de fermer deux des quatre turbines, a déclaré l?ingénieur Khaled al Lami.
L?armée américaine a annoncé jeudi que trois soldats américains avaient été tués la veille. Les pertes militaires subies par les Etats-Unis en près de deux ans et demi de guerre ont franchi jeudi la barre des 1 500 tués, selon un bilan établi à partir des chiffres fournis par le Pentagone.
<B>Elizabeth PIPER</B>
MATIGNON LANCE UN APPEL AUX RAVISSEURS DE FLORENCE AUBENAS
Jean-Pierre Raffarin a pour la première fois lancé un appel direct aux ravisseurs de Florence Aubenas et de Hussein Hanoun et leur a demandé de s?adresser aux «services officiels» français, écartant toute «diplomatie parallèle» et donc toute démarche de Didier Julia. «Je veux d?abord dire aux ravisseurs, s?ils m?entendent, que la France demande la libération rapide de Florence Aubenas et de Hussein Hanoun (...) Si les ravisseurs veulent engager des discussions, qu?ils s?adressent aux seuls services officiels de la France», a déclaré le Premier ministre à la presse après une réunion des dirigeants politiques jeudi à Matignon. Jusqu?ici, aucun contact direct n?a pu être établi avec les ravisseurs de la journaliste de Libération et de son guide irakien, qui ont disparu le 5 janvier. Au lendemain de la mise en demeure lancée à Didier Julia par le Premier ministre, des élus socialistes se sont néanmoins inquiétés de son éventuel retour dans le jeu diplomatique.
Publicité
Publicité
Les plus récents