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Le Goncourt à Weyergans et le Renaudot à Bouraoui
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Le Goncourt à Weyergans et le Renaudot à Bouraoui
Michel Houellebecq était donné grand favori avec La Possibilité d'une île. Mais le Goncourt, le plus prestigieux prix littéraire français, a été attribué, jeudi 3 novembre, à l?écrivain François Weyergans pour son roman Trois jours chez ma mère paru aux éditions Grasset. Il l?a emporté par six voix contre quatre à Michel Houellebecq.
En choisissant ce livre, le jury du Goncourt a voulu exprimer son ?indépendance?, a déclaré Didier Decoin, secrétaire général de l?académie Goncourt et membre du jury, chez Drouant après l?annonce du résultat. ?On n?avait pas le choix entre Houellebecq et les autres, on a eu l?impression que le jeu était faussé depuis l?été?, a-t-il affirmé en faisant allusion à la couverture médiatique du livre de Michel Houellebecq dès avant sa sortie.
L?écrivain français, controversé, mais dont les livres sont les plus traduits à l?étranger, a en effet longtemps fait figure de favori. ?On a beaucoup discuté sur les raisons d?aimer ou pas les livres (en compétition)(...), il n?y a pas une affaire Dreyfus transformée en affaire Houellebecq.?
Le roman primé, Trois jours chez ma mère, raconte la difficulté d?un romancier à écrire. Son livre, a poursuivi le secrétaire général, ?pose la question : est-ce que la panne littéraire existe ? La réponse est oui, ça existe, c?est un livre très subtil.?
?Le lauréat de tous?
De son côté, François Nourissier, également membre du jury et ardent défenseur du livre de Michel Houellebecq, s?est exprimé avec quelque réticence : ?Je n?aurai pas la moindre réaction. C?est le choix de la majorité auquel je me range. C?est le lauréat de tous et je suis avec eux?, (les membres du jury). ?Houellebecq n?a pas eu le prix simplement parce qu?il n?a pas eu la majorité?, a-t-il dit laconiquement avant de préciser que les délibérations du jury ont été ?sincères et serrées?.
Le prix Goncourt est décerné chaque année depuis 1903 au meilleur ouvrage ?d?imagination en prose? paru dans l?année. Il assure généralement des centaines de milliers de ventes à son vainqueur.
Le prix Renaudot 2005 est quant à lui revenu à Nina Bouraoui pour Mes mauvaises pensées (Stock). Elle a obtenu six voix contre cinq à Alain Mabanckou pour Verre cassé (Le Seuil). Le jury compte dix membres, mais la voix du président compte double en cas d?égalité.
Mes mauvaises pensées est le récit d?une confession dans le huis clos du cabinet d?un psychanalyste. Nina Bouraoui, née en 1967 à Rennes d?un père breton et d?une mère algérienne, revient sur ses quatorze premières années, passées en Algérie. Elle évoque aussi les aléas de sa vie amoureuse, l?homosexualité, la famille.
?Je suis extrêmement contente pour moi, pour le livre bien sûr, et aussi pour mon éditeur qui me soutient depuis des années. C?est vraiment un prix que je partage avec lui, avec les gens que j?aime?, a déclaré Nina Bouraoui, ?assez bouleversée?, juste après qu?on lui eut annoncé son prix. ?C?est une longue déclaration d?amour de 300 pages à la vie, à l?Algérie, à la France, à l?écriture. C?est un livre très humain, sur les séparations, sur les rencontres, et surtout c?est un long travail littéraire, et ça j?y tiens beaucoup?, a-t-elle expliqué.
?Très près de la vie?
?Nina Bouraoui est un grand écrivain, c?est quelqu?un qui a une carrière devant elle. C?est une voix forte de la littérature d?aujourd?hui?, a commenté l?écrivain JMG Le Clézio, membre du jury. ?C?est un roman très spontané, très authentique, très près de la vie?, a-t-il ajouté, soulignant la ?sincérité? du livre.
Le jury Renaudot a également attribué le prix de l?essai au journaliste et romancier Gilles Martin-Chauffier pour Le Roman de Constantinople (Le Rocher), promenade historique dans la capitale des empires romain, byzantin et ottoman, à travers les lieux, les personnages et les drames qui ont marqué le destin de la ?Ville des villes?.
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