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Le FBI traque les conduits de gaz de ?La Langouste Grisée?

2 août 2004, 20:00

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Les enquêteurs ne sont pas parvenus à mettre la main sur les conduits de gaz du restaurant La Langouste Grisée. Ils y ont consacré la quasi totalité de la journée d?hier. Ils ont en revanche réuni plusieurs éléments de la cuisine de ce restaurant. Ils sont également parvenus à recomposer un plan de cette pièce, grâce aux indications des employés.

Sur ce qui fut le parking du Grand-Bay Store, au rez-de-chaussée du bâtiment, les débris déformés et cabossés de fours, grills, réfrigérateurs, extracteurs d?air, tables et étagères métalliques sont soigneusement déposés. Les éléments du Federal Bureau of Investigation (FBI), du Scene of Crime Officers (SOCO) et de la Special Mobile Force (SMF) les ont un à un catalogués au fur et à mesure qu?ils étaient retrouvés dans les fouilles.

Ces objets métalliques seront probablement analysés aujourd?hui. La manière dont ils ont été déchiquetés devraient aider les enquêteurs à comprendre l?origine de l?explosion. Les gravats et agrégats ont été transportés sur un terrain en friche à proximité de la station du poste de police de Piton où ils seront examinés. Le site sera surveillé par la police.

Ce deuxième jour de déblaiement du site du sinistre s?est passé dans l?ordre le plus total avec les grues et bulldozers de la SMF travaillant sous la tutelle du FBI.

Les deux experts en explosifs du FBI, les agents Ron Kelly et Ken Stockham, ont reconstitué la cuisine du restaurant appartenant à Benoît Ducray avec l?aide de trois employés de la cuisine. ?Ils nous ont demandé d?en reconstituer le plan. On les a aidés du mieux qu?on pouvait?, explique l?un d?eux.

S?ils cherchent à tout prix à retrouver les conduits, cela ne signifie pas qu?ils privilégient la thèse de la fuite de gaz. Ces recherches s?insèrent plutôt dans le processus d?élimination que favorise le FBI.

Les agents du FBI étaient assistés d?éléments du SOCO, le Scientific Support Service (SSS), la Special Support Unit (SSU) et de la SMF. Le professionnalisme des hommes du FBI en a étonné plus d?un comme témoigne un inspecteur de la SMF : ?Ils procèdent de façon systématique ne laissant rien au hasard?. Il explique que les forces de police mauriciennes ont énormément à apprendre de la méthodologie des enquêteurs américains.

Cette procédure contraste avec celle des deux experts en explosifs français qui ont été dépêchés à Maurice par une multinationale fournisseuse d?hydrocarbures. Ils ont passé seulement quelques heures sur le site dimanche et ont consulté un plan détaillé de l?immeuble hier mais sont catégoriques. ?Pour nous, c?est clair. Nous soumettrons notre rapport aujourd?hui?, a annoncé l?un d?eux. Ils n?ont cependant pas voulu dévoiler l?orientation de leurs conclusions, ni l?organisation à laquelle ils les soumettront. Leur ton pourrait laisser entendre que le gaz n?est pas responsable de la déflagration. Ils ont quitté le pays hier soir.

La route Royale était couverte de restes d?objets métalliques qui avaient meublé la cuisine de La Langouste Grisée. Alors qu?une odeur nauséabonde de nourriture décomposée émanait de l?intérieur du bâtiment, les deux agents de la FBI et leurs inséparables collègues du SOCO ont passé plus de quatre heures à inspecter les débris de fours, tables, extracteurs d?air et autres objets ménagers.

Requêtes des propriétaires

Le briefing de fin de journée a duré une vingtaine de minutes. Les éléments du FBI et du SOCO ont fait le tour des nouveaux indices et préparé le travail à venir.

Plusieurs propriétaires des magasins sous les ruines de GBS ont déposé des requêtes auprès de la Central Criminal Investigation Division (CCID) pour avoir accès aux décombres. Ils souhaitent récupérer des documents et les recettes de la semaine passée, non couverts par l?assurance. La CCID les informera de sa décision demain matin.

Alors que le rapport du Forensic Science Laboratory (FSL) est attendu sous peu, les enquêteurs se refusent à tout commentaire officiel. Le site du sinistre est gardé le soir par 25 soldats de la SMF, ainsi que par des vigiles embauchés par les propriétaires de magasins. Le public mauricien restera dans le flou jusqu?à ce que les autorités soient fin prêtes à révéler les résultats des recherches.

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