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Le désaccord Chirac-Blair persiste sur le budget de l’UE

16 juin 2005, 00:00

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Tony Blair, qui s’est entretenu cette semaine avec Jacques Chirac, confirme “un profond désaccord” entre la France et la Grande-Bretagne sur le budget européen pour 2007-2013, un constat sans appel scellant le scénario redouté d’un affrontement au sommet à Bruxelles.

A deux jours du Conseil européen, le Premier ministre britannique s’est entretenu mardi après-midi durant une heure et demie à l’Elysée avec le président français, après une rencontre dans la matinée à Luxembourg avec le président en exercice de l’Union européenne (UE), Jean-Claude Juncker.

Les deux camps se sont accordés sur le caractère “amical” et “constructif” de l’entretien, mais quel que soit l’habillage choisi, les divergences demeurent sur la “ristourne” britannique et les aides directes à la France dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC).

“La réunion que je viens d’avoir avec le président Jacques Chirac a été des plus amicales mais, de toute évidence, il y a un profond désaccord”, a déclaré Tony Blair lors d’une conférence de presse à l’ambassade du Royaume-Uni, à Paris. “Je pense qu’il est difficile de surmonter ce désaccord mais, bien sûr, vous savez que nous continuons à en discuter, y compris avec la présidence”, a-t-il ajouté.

Dans un même souci d’apaisement, l’Elysée a fait savoir que la France souhaitait “un accord raisonnable et équitable” à Bruxelles, tout en invitant implicitement Londres à faire un geste. Ceci “suppose que chacun en prenne sa part”, a indiqué le porte-parole de Jacques Chirac, Jérôme Bonnafont. Le président français a souligné que “dans la situation de crise politique où se trouve l’Europe”, après les “non” français et néerlandais au traité constitutionnel européen, “il était important de ne pas ajouter des difficultés financières”.

La “ristourne” “Si nous voulons réconcilier les Européens avec l’idée d’Union européenne, nous devons tracer une direction politique claire. Même sur le financement de l’Europe, en fait particulièrement sur le financement de l’Europe, nous devons raccorder les priorités des Européens avec la façon dont nous dépensons l’argent en Europe”, a souligné, Tony Blair.Il a rejeté mardi une proposition de compromis de la présidence luxembourgeoise de l’UE qui entraînerait un gel, à 4,6 milliards d’euros par an, de la “ristourne” obtenue en 1984 sur sa contribution au budget européen. La proposition luxembourgeoise plafonne ainsi en 2007 le rabais britannique à son niveau moyen de 1997 à 2003, avant l’élargissement de l’UE. Si rien n’est fait pour enrayer la progression du «chèque» obtenu par le Royaume-Uni en 1984, la facture dépassera les sept milliards d’euros par an à partir de 2007, soit quelque 50 milliards d’euros sur 2007-2013.

L’importance de ce montant fait de la ristourne une des principales variables d’ajustement des discussions qui débuteront jeudi à Bruxelles, le montant total des dépenses proposé par le Luxembourg atteignant 870 milliards d’euros.

Londres n’exclut pas une réduction de sa ristourne mais exige en échange une diminution des aides agricoles, ce qu’exclut totalement la France, qui acquitte 28 % du “chèque” britannique. Jacques Chirac a prévenu qu’il ne “transigerait pas” sur l’accord d’octobre 2002 sur la PAC.

“Le ‘chèque’ n’a plus de légitimité dans l’état actuel des choses et il faut que les Britanniques acceptent d’en envisager la remise en cause”, souligne-t-on dans l’entourage du président français. Un proche des négociations se fait plus cinglant: “le Royaume-Uni, l’un des pays qui a le plus plaidé pour l’élargissement, s’enrichit sur l’élargissement”.

Côté français, on précise que Jacques Chirac a présenté au Premier ministre britannique “la proposition de la France pour qu’une réflexion collective s’engage lors du Conseil européen”. Une réflexion pour “répondre aux attentes, aux préoccupations qui se sont exprimées”, pour “faire en sorte que l’Europe réponde mieux aux besoins des Européens”.

“TENDRE LA MAIN” A L’AFRIQUE

Chirac, Annan et Blair pour “un nouvel élan”

n A moins d’un mois du sommet du G8, Jacques Chirac, Kofi Annan et Tony Blair ont appelé à un nouvel élan dans la lutte pour le développement, soulignant que le récent accord sur l’annulation de la dette multilatérale des pays pauvres très endettés constituait une avancée positive. Le président français a reçu à l’Elysée le secrétaire général de l’Onu et le Premier ministre britannique à l’occasion d’une réunion du “Pacte mondial”, une initiative lancée en juillet 2000 par les Nations unies afin d’encourager la défense des droits de l’homme, du droit social et la protection de l’environnement dans l’économie mondiale. Quelque 140 entreprises, représentant 33 pays, qui ont souscrit au “Global Compact”, se sont réunis mardi à l’invitation de Jacques Chirac pour réfléchir aux moyens de mieux contribuer au développement, en vue du sommet du “Millénaire + 5” en septembre aux Nations unies. Le sommet du G8 de Gleneagles (Ecosse), du 6 au 8 juillet, et le sommet de New York, du 14 au 16 septembre, seront consacrés aux moyens d’atteindre les objectifs du sommet du Millénaire de l’Onu (2000), qui demeurent globalement des voeux pieux.

“L’Afrique est une promesse, l’une des plus grandes promesses de ce siècle, pourvu que nous sachions lui tendre la main. Pourvu également que, dans nos relations avec elle, pays développés et entreprises, nous mettions enfin en adéquation nos propres actes avec le discours que nous lui tenons sur la bonne gouvernance”, a insisté le président français, qui a renoué mardi avec son rôle de chantre de “la mondialisation de la solidarité”. Les trois intervenants ont estimé que l’annulation de la dette de 18 pays pauvres (environ 40 milliards de dollars) décidée samedi dernier par le G8 était un pas dans le bon sens.

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