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Le duo Ramgoolam-Sithanen pris pour cible
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Le duo Ramgoolam-Sithanen pris pour cible
Les partis de l?opposition n?ont pas été tendres envers le gouvernement hier. Les leaders du Mouvement militant mauricien (MMM), du Mouvement socialiste militant (MSM) et de l?Union nationale ont dressé, chacun de leur côté, un paysage très sombre de la situation économique, sociale et politique. Les cibles étaient toutes trouvées, le Premier ministre Navin Ramgoolam et son ministre des Finances, Rama Sithanen.
C?est surtout le langage utilisé par Ramgoolam, pour répondre aux critiques sur l?achat de sa Aston Martin, lors d?une fête religieuse organisée par la Voice of Hindu dimanche dernier, qui a été sévèrement critiqué. « Il utilise des propos d?ordre communal. Je ne peux que m?insurger contre ce genre de langage qui est indigne d?un Premier ministre », fustige Paul Bérenger.
<B>Une grande part de responsabilité</B>
Ashock Jugnauth, leader de l?Union nationale, va plus loin. Il dit ne pas comprendre pourquoi le Premier ministre doit utiliser de tels arguments pour défendre son droit d?avoir une voiture de luxe.
« Notre tissu social est fragile. De telles déclarations risquent de l?entamer davantage », dit-il. Pour lui, ce malaise tire son origine dans le fait que le gouvernement ne parvient pas à respecter ses promesses électorales.
Quand ce n?est pas Ramgoolam, c?est Sithanen qui est pris pour cible. Pravind Jugnauth, lui, attribue ainsi une grande part de responsabilité dans la perte de confiance des Mauriciens dans l?avenir de leur pays et condamne ce qu?il appelle son « arrogan-ce » lorsqu?il donne à penser qu?il est le seul à maîtriser les outils de compréhension de l?économie. « Il est regrettable que la demande d?une compensation ait été rejetée sans aucune autre forme de procès par Rama Sithanen. »
La National Residential Property Tax continue, par ailleurs, à faire l?objet de critiques. Bérenger rappelle que le Premier ministre avait déclaré récemment que cette taxe « manquait de fairness et d?équité », car le pays n?ayant pas de cadastre à ce jour, il aurait été injuste d?appliquer cette mesure dans les conditions actuelles. Or, il lui semble que le ministre des Finances ne semble pas vouloir faire marche arrière sur le sujet.
<B>Le ton des critiques était sévère</B>
Passant à un autre chapitre, le leader du MMM a exigé le départ du Chairman du Central Electricity Board (CEB). Il est revenu sur l?affaire des billets d?avion, lors du récent voyage de Patrick Assirvaden, en France et le blackout, la semaine dernière. Alors que le Chairman, dit-il, a jeté tout le blâme sur la compagnie de Belle-Vue, le ministre des Services publics, Abu Kasenally, aurait estimé que le CEB avait une part des responsabilités. « J?ai entendu dire qu?il y aura un Fact-Finding Committee. Attendons voir, pour connaître les vraies raisons de ce black-out. »
Si le ton concernant les critiques contre le gouvernement était sévère, en revanche, c?est la sérénité lorsque les relations avec le MSM sont évoquées. « Au Parlement ena linite avek MSM, et mo souete ki sa dure », explique Bérenger. Même détente du côté de Pravind Jugnauth qui a répondu à la même question. « Nos relations iront en s?améliorant. Notre participation au walkout de mardi a été spontanée. »
Cependant le seul obstacle à une concertation officielle est l?Union nationale d?Ashock Jugnauth. « Si Ashock Jugnauth intègre le MMM, la situation deviendra alors insurmontable. »
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