Publicité

Le droit de grève en discussions

18 septembre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les dirigeants de la plate-forme syndicale comptent, aujourd?hui, insister sur la nécessité d?introduire le droit de grève dans la Constitution de Maurice. Ce sera fait au cours de la rencontre prévue à 11 heures avec le ministre du Travail et des Relations industrielles, Vasant Bunwaree, sur le remplacement de l?Industrial Relations Act (IRA), loi bâillon datant de 1973 régissant les relations industrielles entre l?employeur et les syndicats

Interrogé hier, Toolsiraj Benydin, principal porte-parole de la plateforme-syndicale, a déclaré qu?au cas où le ministre du Travail et des Relations industrielles se montre intransigeant sur la question de l?assouplissement des procédures menant à une grève, la plate-forme syndicale n?écarte pas une manifestation pacifique aujourd?hui même.

?Dès 9 h 30, explique Toolsiraj Benydin, nous allons décider de la marche à suivre au cas où le ministre vient nous dire que la grève doit être une arme d?ultime recours. Actuellement, les procédures pour organiser une grève sont trop longues et fastidieuses et nous souhaitons que le droit de grève soit inscrit dans la Constitution comme c?est le cas en France.?

Il s?élève aussi contre l?amendement au Labour Act. ?Avec cette réforme, nous craignons que l?employeur soit habilité à hire and fire comme bon lui semble.?Selon le syndicaliste, si le gouvernement persiste à croire que le droit de grève est une arme de dernier recours, la plate-forme syndicale n?aura pas alors d?autre choix que de continuer sa ?croisade? pour l?introduction du droit de grève dans la Constitution de Maurice.

Ainsi une série de meetings, dont le prochain est prévu à Bel-Air, auront lieu pour conscientiser la population aux menaces qui guettent les salariés. Des réunions régionales seront aussi organisées. Le village de Triolet, qui est dans la circonscription du Premier ministre Navin Ramgoolam, est un des endroits ciblés. Ces réunions publiques seront suivies d?une manifestation dans les rues de Rose-Hill réunissant les femmes et les enfants des salariés.

<B>Raison d?être</B>

D?autres dirigeants de la plate-forme syndicale sont d?accord pour le remplacement de l?IRA qui a fait son temps. Ils affirment toutefois que le concept de négociation collective ne peut être adopté sur le plan national pour remplacer le comité tripartite portant sur le paiement de la compensation salariale annuelle. ?La négociation collective à sa raison d?être au niveau de chaque entreprise mais pas sur le plan national?, a fait ressortir Toolsiraj Benydin. Il a aussi insisté sur le fait qu?il faut réintroduire le comité tripartite car ?le coût de la vie devient de plus en plus cher et que les gens n?arrivent pas à joindre les deux bouts?. ?Avec l?abolition du comité tripartite, le gouvernement viendra très vite avec la mise sur pied du National Wages Council, organisme qui remplacera le Pay Research Bureau et le National Remuneration Board.?

<B>Questions à Vasant Bunwaree, ministre du travail</B>

● <B> Qu?elle est la motivation derrière le remplacement de l?IRA ? </B>

Toutes les parties concernées sont d?accord avec le fait que l?IRA a fait temps. Tout en prenant en considération l?état de l?économie du pays, le gouvernement est arrivé à la conclusion qu?il faut une loi industrielle où toutes les parties concernées arrivent à une win win situation. Le remplacement de l?IRA se fait dans le dialogue et dans le consensus. Nous avons d?abord organisé une réunion tripartite séparément entre l?employeur et la classe syndicale. Le comité qui a travaillé sur ces rencontres a soumis un rapport en mai. Je suis parti au cabinet avec ce rapport et on a décidé alors de mettre sur pied un high-powered committee (HPC) présidé par le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques et du Transport intérieur, Rashid Beebeejaun.

● <B>A quand remonte la dernière réunion du HPC ? </B>

La dernière réunion remonte au mois dernier. Le comité a étudié une ébauche du nouveau projet de loi, clause par clause. Le travail se fait vite

● <B>Peut-on avoir des indications sur les points de consensus ? </B>

Tout le monde est d?accord avec le fait qu?il est trop facile de mettre sur pied un syndicat. Il suffit d?avoir sept membres pour en enregistrer un. Nous allons revoir cette clause. Il est aussi anormal qu?un syndical qui souhaite se débarrasser d?un meuble doive nécessairement avoir l?autorisation du Registrar of Associations.

● <B>Le syndicat réclame l?introduction du droit de grève dans la Constitution. Qu?en pensez-vous ? </B>

Le droit de grève existe déjà sous l?IRA. Nous sommes d?accord avec le droit de grève. Nous voulons que les syndicalistes aient diverses possibilités de négociations avant d?y avoir recours. Dans la nouvelle loi, nous introduirons un mécanisme de négociation et de médiation où les syndicalistes n?envisageront même pas de faire la grève. Nous considérons que le droit de grève doit être un ultime recours. La loi actuelle rend pratiquement impossible l?organisation d?une grève en raison des procédures longues et fastidieuses. Nous allons renforcer les procédures pour donner plus de possibilités de négociation aux syndicalistes.

Publicité