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Le drame des ouvriers de Century, Bentley et Bourgeon
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Le drame des ouvriers de Century, Bentley et Bourgeon
Trois entreprises de la zone franche sont en difficulté. Les ouvriers licenciés attendent leur compensation. D?autres employés appréhendent l?avenir. Lors de leur rencontre avec le nouveau ministre du Travail, samedi dernier, les syndicats réclament d?urgence la mise sur pied d?un redundancy fund.
Confrontée à des problèmes financiers, Century Knitting a été mise en liquidation en mars dernier. Un acquéreur s?est présenté et les 151 travailleurs avaient obtenu la garantie que leurs emplois seraient sauvegardés. Grande a été leur surprise quand, le 25 février, 51 d?entre eux ont été remerciés.
Entre-temps, un nouveau propriétaire, Mosatex Ltd, aurait donné la garantie que les ouvriers seraient réemployés au fur et à mesure que la situation financière s?améliorerait. Or, jusqu?ici, aucun travailleur n?a été repris. Certains comptent entre dix et vingt-cinq ans de service. Les employés crient leur désespoir car ils sont toujours au chômage.
« Mo ena vingt an servis. Mo touzour o somaz. Mo pa finn gagn oken compensasion. Mo pe rod travay me li pa fasil. Mo finn travay dan seksion la laine pou fer pull-over. Kot ou ale zot dir ou bizin lexperians dan t-shirt ek jean », déclare Ariane, au bout du rouleau. Elle habite chez sa mère. Son mari ne travaille pas non plus. Elle manifeste sa colère quand elle se rend au bureau de la Sécurité sociale. Elle ne reçoit aucun soutien de l?État. Mais elle garde espoir.
En effet, à la suite d?une rencontre au bureau de l?emploi avec d?autres licenciés, elle espère reprendre le chemin du travail. Sa collègue, Marie Noëlle, est en butte aux mêmes difficultés. « Mo osi mo pa finn gagn travay. Mo dan mari difikilte. Mo mari pa travay. Mo finn rode travay dan plizier lisin. Mo finn resi gagn travay dan enn lot lisin me kondision pa parey. Mo travay overtime me mo pa gagn mem la pey. Li difisil me ou bizin travay. »
Cette employée souhaite que le nouveau gouvernement se penche sur le dossier des licenciements. Elle estime qu?il doit, à travers ses inspecteurs, suivre de près la performance des entreprises. Il est inconcevable, estime-t-elle, que ce soient les travailleurs qui fassent toujours les frais de la mauvaise gestion de certains industriels.
Quant à l?autre compagnie, Bentley Apparel, elle était également sous receivership le 4 février dernier. Des négotiations ont eu lieu avec l?ancien ministre du Travail et des Relations Industrielles, Showkutally Soodhun.
Attente d?un heureux dénouement
La Textile Manufacturing & Allied Ind. Workers Union pense que l?ancien ministre en aurait fait une affaire politique. Le syndicat aurait demandé au nouveau gouvernement d?aider cette entreprise en effaçant la dette de la compagnie qui s?élève à Rs 5 millions, via la Banque de développement. De la même manière que l?ancien Premier ministre aurait effacé Rs 13 millions pour la compagnie de textile Texel (ex-Bonair). Le syndicat souhaite que les travailleurs licenciés obtiennent une compensation adéquate d?ici septembre.
Un projet de rachat est en cours, mais rien n?a encore été finalisé. Un acheteur potentiel s?est manifesté. Il se pourrait que cette entreprise soit délocalisée et se retrouve dans les locaux de l?ex-Novel Garments à Montagne-Longue. Ce transfert coûterait quelque Rs 10 millions au nouveau propriétaire.
Les ouvriers de l?entreprise souhaiteraient travailler dans le même environnement. Mais le propriétaire actuel voudrait récupérer son bâtiment. Le syndicat insiste auprès des autorités pour qu?aucun licenciement n?ait lieu dans ce cas. Car des travailleurs avec quinze ou vingt ans de service ne peuvent se retrouver sur le pavé, comme ceux de Century Knitting. Les employés de Bentley espèrent qu?ils ne seront pas licenciés et s?attendent à un heureux dénouement.
Autre entreprise en difficulté : Bourgeon Garments. Elle employait 108 personnes. Elle s?est retrouvée devant la cour industrielle. Celle-ci aurait donné un jugement en faveur des travailleurs le 21 juillet. La compagnie devrait payer trois mois de salaires et rembourser les congés annuels et maladie. Bourgeon Garments a fermé ses portes au mois de mars. Les employés, dont la majorité est encore au chômage, attendent toujours de recevoir leur compensation.
Pour Vani, la vie n?est pas facile. « Mo pa pe travay. Mo somer e mo pa finn gagn oken konpensasion. Mo ena 14 an lexperians kom masinist. Mo pe atan enn letre pou kone kan mo pou gagn sa kass la parski mo ena enn proze mariaz. Actuellement je vis chez ma mère. Je vis tout cela très mal. »
« C?est un drame. Après 20 à 25 ans de service dans les compagnies de la zone franche, où vous avez donné de votre vie, vous voilà, à 40-45 ans, au chômage. Vous ne pouvez retrouver un emploi et vous êtes abandonné sur le marché du travail. Cette situation ne peut pas durer. C?est pourquoi nous avons sollicité des rencontres avec les autorités concernées. Il y va de l?avenir des employés de ce secteur », déclare Faycal Ally Beegun, président de la Textile Manufacturing & Allied Ind. Workers Union.
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