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Le DPP pourrait ordonner une enquête sur un avocat incriminé par sa cliente
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Le DPP pourrait ordonner une enquête sur un avocat incriminé par sa cliente
Amina Jeevan a blanchi un suspect pour trafic de drogue pendant un procès. Par la suite, elle incrimine son avocat. Le DPP pourrait réclamer une enquête sur ce dernier.
Parwisa Bibi Amina Jeeva a été condamnée le 29 octobre dernier à 16 ans de prison et à une amende d’un demi-million de roupies pour trafic de drogue. En 2008, au début de l’enquête policière dans une affaire d’importation d’héroïne pour une valeur de Rs 18 millions, elle avait impliqué Peroomal Veeren, dit Gros Veeren, qui est en détention. Mais en cour, elle a tout fait pour mettre ce dernier hors de cause.
«Linn pran avoka pou mwa pou devir lanket anbalao», a déclaré Amina Jeevan à l’issue de son procès. Si l’enquête de police, initiée à la demande du Directeur des poursuites publiques (DPP), démontre qu’effectivement il y a eu connivence entre le présumé trafiquant et l’homme de loi, ce dernier risque d’être inculpé d’entente délictueuse.
Il appartient désormais au Central Criminal Investigation Department (Central CID) de démontrer qu’il y a eu complot. Ce sera d’autant plus difficile car ce sont des proches de l’accusée qui auraient recruté les services de l’avocat.  En outre, l’homme de loi n’a jamais sollicité d’entretien privé avec la jeune femme.
Toute l’affaire démarre le 18 août 2008 quand l’ADSU intercepte Alan Webster Rycroft, un Anglais, en provenance d’Afrique du Sud. Il a deux Federal Streamers en sa possession. Remis en liberté, il est placé sous surveillance.
Six jours plus tard, la Néo-calédonienne Julia Mena Anatré, 36 ans, est arrêtée avec de la drogue d’une valeur de Rs 18 millions à sa descente d’avion. Au Club Med, elle est rejointe par Rycroft et le Sud-africain Francis Peter Gray, qui se trouvait sur le même vol qu’elle. Au fil de l’enquête, le nom de Peroomal Veeren est balancé. Il était régulièrement en contact téléphonique avec eux.
Comme il recevait souvent la visite de sa mère et de Parwiza Bibi Amina Jeeva, 24 ans, les maisons des deux femmes sont perquisitionnées. Chez les Jeeva, à Vallée-Pitot, 10 g d’héroïne, valant Rs 100 000, sont saisis dans un ours en peluche. Le mari, le père et le frère, mineur, de la jeune femme sont arrêtés. L’attirail du parfait trafiquant est trouvé sur place, ainsi que Rs 340 000 et 150 dollars américains. Dans la résidence secondaire de la femme, à Beau-Bassin, les enquêteurs découvrent Rs 507 000 en liquide.
Au domicile de la mère de Peroomal Veeren, à Moka, de la drogue se trouvant dans un chiot en peluche est saisie. Peroomal Veeren est alors transféré à la prison de haute sécurité de Phoenix, dite La Bastille. Son avocat réclamera alors son retour à la Prison centrale où il sera inculpé le 10 décembre 2009 pour trafic de Subutex, qu’il stockait dans sa cellule.
Surnommé Big Boss, Peroomal Veerenancien s’était fait prendre par l’Adsu une première fois le 18 mars 2002. A l’entrée des appartements de la NHDC de Sodnac, Quatre-Bornes, avec 98 doses d’héroïne. Remis en liberté conditionnelle, il est repris le 2 juin 2003 alors qu’il réceptionnait 1,2 kilos d’héroïne, évalué à Rs 12 millions, auprès de la Sud-africaine Martha Elizabeth Roux, 29 ans, dans un hôtel de Quatre-Bornes.
Par la suite, en octobre 2008, l’avocat ghanéen Robert Mensah Kordze Dzite débarque à l’aéroport de Plaisance avec de l’héroïne, sous forme de boulettes, d’une valeur de Rs 9 millions. Il est filé par l’Adsu, qui l’intercepte sur le parking de l’université de Maurice, où il rencontre le bouncer Jean-Paul Jhureea, 22 ans, un pion de Peroomal Veeren.
L’avocat prend la fuite à bord d’un taxi, mais il jette la drogue par la fenêtre. Il est arrêté à Rose-Belle. Un demi-million de roupies sera récupéré dans la villa qu’il louait à Blue-Bay.
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