Publicité
Le dollar en baisse et les taux de la BCE en hausse
Par
Partager cet article
Le dollar en baisse et les taux de la BCE en hausse
A écouter les économistes, dans un an, l'euro s?approchera de 1,30 dollar ? contre 1,20 actuellement ? le principal taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) sera au moins à 4,75 % ? contre 4,25 % ? celui de la Banque centrale européenne (BCE) aura probablement franchi les 3 % ? contre 2,25 % ? et les taux longs n?auront pas bougé.
Même si la prévision est loin d?être une science exacte, comme l?a montré la hausse inattendue de presque 13 % en 2005 du dollar face à l?euro, les experts sont unanimes sur un point : la devise américaine va reculer face à l?euro.
En majorité, ils estiment que ce repli du dollar n?interviendra qu?après le premier semestre. Car, explique Chris Turner, responsable de la recherche sur les devises chez ING, ?une activité économique forte aux États-Unis au premier trimestre 2006 permettra à la Fed de relever ses taux? et de soutenir ?le dollar jusqu?à la fin du premier trimestre?.
À partir du second semestre, l?euro ?s?appréciera progressivement au fur et à mesure que les facteurs de soutien du dollar cesseront de jouer?, estime Olivier Bizimana, économiste au Crédit agricole. ?La problématique du déficit extérieur américain devrait ressurgir autour du deuxième semestre 2006, au moment où les inquiétudes quant au ralentissement de l?économie américaine se feront sentir?, poursuit-il.
Comme lui, bon nombre d?économistes avancent le financement du déficit courant américain comme l?un des principaux facteurs qui feront chuter le dollar. L?économiste en chef sur les devises de Morgan Stanley, Stephen Jen, n?est pas de cet avis. S?il prévoit une baisse du billet vert, il estime que le facteur structurel du déficit n?en sera pas responsable, car il est une conséquence de la globalisation de l?économie, et que ce seront des facteurs cycliques, qui auront raison de la devise américaine. Il cite le retournement du marché immobilier américain qui pourrait affecter la croissance économique, au travers de la perte des effets de richesse des ménages qui seront, alors, moins enclins à consommer.
Si le ralentissement immobilier se révèle trop brutal, Stephen Jen pense que la Fed pourrait abaisser ses taux dans un avenir plus lointain. C?est aussi l?avis de la banque Goldman Sachs, qui envisage une baisse des taux de la Fed à partir de 2007, après un second semestre 2006 de net ralentissement économique.
Dès la mi-2006, le mouvement de relèvement du loyer de l?argent outre-Atlantique devrait être achevé, la Fed ayant porté son taux directeur à 4,75 % selon les uns, à 5 % selon d?autres.
Côté BCE, certains, comme Bruno Cavalier, économiste au Crédit agricole, pensent que l?autorité monétaire continuera à relever ses taux pour s?approcher graduellement de 3,50 % vers la mi-2007 afin de ?freiner les comportements d?endettement, particulièrement marqués dans le domaine de l?investissement résidentiel?. Le taux de la BCE pourrait atteindre 3 % fin 2006, pour Lorenzo Codogno, économiste à la Bank of America, qui soutient la même analyse. La banque Merrill Lynch, qui a présenté à ses clients une prévision de 3,5 % pour les taux de la BCE fin 2006, a constaté qu?elle n?était pas partagée. ?La plupart des clients s?attendent à des désaccords internes au sein de la BCE, une inflation maîtrisée, et une reprise économique qui trébuche, qui limiteraient la poursuite du mouvement de hausse des taux?, explique la banque.
Quant aux prévisions sur les taux d?intérêt à long terme, après s?être trompés pendant deux ans, les économistes les prévoient stables, en raison de l?investissement toujours important des capitaux mondiaux dans les emprunts d?état.
<B>Cécile PRUDHOMME
@ Le Monde 2005.
Distribué par The New York Times Syndicate. </B>
Publicité
Publicité
Les plus récents